La tentative de coup d'État de 2015 au Burkina Faso a lieu du 16 septembre 2015 au 23 septembre 2015. Elle avait pour objectif de mettre fin au gouvernement de transition mis en place après la chute de l'ancien président burkinabè Blaise Compaoré. Cet objectif a été soldé par un échec et un retour des organes de transition.
Le Conseil national de transition (CNT) du Burkina Faso a voté le 7 avril 2015 un nouveau Code électoral qui, par le biais de son article 135, interdit indirectement les partisans de l'ancien président Blaise Compaoré de se présenter aux prochaines élections et, en particulier, à l'élection présidentielle d'octobre 2015. Ce changement législatif a été attaqué devant la Cour de justice de la Cédéao, par les proches de Blaise Compaoré, qui a donné raison à ces derniers. Néanmoins, selon le constitutionnaliste Luc-Marius Ibriga contacté par le journal Libération, les juges de la Cédéao ont simplement demandé de préciser les conditions d'inéligibilité énoncées à l'article 135.
Cette précision a été apportée par la décision du 12 septembre 2015 du Conseil constitutionnel burkinabé qui avait exclu six des vingt-deux candidats à l'élection présidentielle du 11 octobre 2015, dont Eddie Constance Komboïgo, candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), qui est l'un des proches de Blaise Compaoré. Par ailleurs, deux jours avant le coup d'État, la Commission de réconciliation nationale et des réformes (CRNR) du Burkina Faso avait recommandé la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle.
Le journal Jeune Afrique souligne aussi la coïncidence de la date du coup d'État, ce dernier ayant eu lieu le jour même où les ossements du président Thomas Sankara aurait dû être expertisés pour lever possiblement le voile sur son assassinat. D'autant plus que le principal auteur du coup d'État, Gilbert Diendéré, est fortement soupçonné d'être l'un des assassins du président Sankara, en 1987.
Le 16 septembre 2015, des militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), créé par Blaise Compaoré en 1995 et composé d'environ 1 200 hommes, interrompent le Conseil des ministres au palais de Kosyam où résident le chef de l'État et prennent en otage quatre personnes :
le président de transition Michel Kafando ;
le Premier ministre Isaac Zida ;
le ministre de la Fonction publique Augustin Loada ;
le ministre de l'Urbanisme René Bagoro.
Après le coup d'État, le lieutenant-colonel Mamadou Bamba a annoncé le 17 septembre 2015, à travers la chaîne Radio-Télévision de la télévision burkinabé, que quatre mesures immédiates avaient été prises :
le président de la transition, Michel Kafando, a été démis de ses fonctions ;
le gouvernement de transition a été dissous ;
le Conseil national de transition (CNT) a été dissous ;
le Conseil national de démocratie (CND) a été créé.
Cette dernière structure avait deux objectifs :
reconstruire démocratiquement le pays à travers l'organisation des élections présidentielle et législatives ;
rassurer les acteurs régionaux que les accords engageant le Burkina Faso étaient maintenus.
Après cette annonce, un couvre-feu a été instauré de 19 heures à 6 heures et les frontières terrestre et aérienne ont été fermées. Néanmoins, des manifestations anti-putschistes se sont déroulées dans la matinée à Ouagadougou mais elles ont été rapidement dispersées avec des tirs de sommation. Ces manifestations se sont propagées dans les autres villes et villages du pays du Burkina Faso dont notamment Bobo Dioulasso, Fada N'Gourma et Yako où la maison du général Gilbert Diendéré a été incendiée.