La tentative d'assassinat de Donald Trump, alors ancien président des États-Unis et candidat républicain à l'élection présidentielle, est un événement survenu le 13 juillet 2024, lors d'un rassemblement politique à Meridian près de Butler, en Pennsylvanie (États-Unis).
Le candidat du Parti républicain, en campagne pour l'élection présidentielle de novembre suivant, est la cible de huit coups de feu, dont un le blesse à l’oreille droite. Au moment de cet attentat, Donald Trump est le candidat républicain pressenti, après qu'il a gagné les primaires de ce parti.
Une personne de l'assistance est tuée par une des balles, juste avant que le tireur, allongé sur un toit à moins de 150 mètres, soit abattu par un des deux snipers surveillant le site. Outre le président Donald Trump, deux participants sont blessés. Des photographies de Donald Trump le poing levé reçoivent une importante couverture médiatique.
L'auteur des tirs est rapidement identifié comme Thomas Matthew Crooks, âgé de vingt ans et originaire de Pennsylvanie. Le FBI est chargé de l'enquête, sous les deux chefs d'accusation de tentative d'assassinat et de terrorisme intérieur, afin d'investiguer précisément les motivations de l’auteur.
L'événement suscite une grande couverture médiatique aux États-Unis et des commentaires de toutes sortes. La réactivité des services de sécurité, ainsi que les mesures de protection du site, font l'objet de critiques, et la Chambre des représentants des États-Unis organise aussitôt des auditions. Kimberly Cheatle, directrice du Secret Service, démissionne dans la foulée.
Président des États-Unis de 2017 à 2021, Donald Trump est le candidat présumé du Parti républicain pour l'élection présidentielle américaine de 2024.
Indépendamment de ce contexte particulier, les risques d'attentat contre les présidents et candidats sont pris au sérieux, car au cours de l'histoire américaine, quatre des quarante-cinq présidents (en 2024) sont morts assassinés et plusieurs autres ont été victimes d’attentats. En sa qualité d'ancien président et de candidat à l'élection, Donald Trump est protégé par l'United States Secret Service (plus couramment appelé « Secret Service »), le service de protection rapprochée des présidents et anciens présidents américains. Les meetings des candidats, dont ceux de Donald Trump, sont soumis à des contrôles stricts pour détecter les armes et objets interdits.
Un rassemblement est organisé le 13 juillet 2024 dans le cadre de la campagne présidentielle de Trump afin de mobiliser des votes dans l'État-clé de Pennsylvanie. Ce meeting, qui se déroule dans un lieu d'exposition agricole à Butler, est le dernier qu'il doit tenir avant la convention républicaine, qui commence deux jours plus tard et au cours de laquelle il doit être officiellement investi candidat du Parti républicain à l'élection présidentielle.
Donald Trump commence son discours à Butler, en plein air, à 18 h 03, heure d’été de la côte Est des États-Unis (EDT), avec une casquette Make America Great Again (MAGA).
À 18 h 11, l'ancien président américain essuie plusieurs coups de feu alors qu'il tourne la tête pour commenter un panneau de statistiques sur l'Immigration illégale aux États-Unis. Thomas Matthew Crooks tire huit coups de feu en sa direction au moyen d'un fusil de type AR-15 calibre .223 Remington. Crooks n'a pas été soumis à un contrôle de sécurité car il se trouvait à l'extérieur du périmètre sécurisé du rassemblement ; positionné en sniper, il s'était hissé sur le toit d'une remise, à environ 135 mètres de l'ancien président américain.
Donald Trump se penche alors derrière le lutrin; quelques secondes après, les agents du Secret Service qui se trouvent au pied de l'estrade se précipitent pour l'entourer et le protéger au sol, l'assaillant continuant de tirer. Pendant ce temps, le public s'est en grande partie accroupi tout en ayant les yeux rivés sur l’estrade et de nombreux cris d'effroi se font entendre.
Après environ 25 secondes au sol, Donald Trump se relève avec du sang sur l'oreille et le visage et sans sa casquette, tombée par terre. Il demande à récupérer ses chaussures, puis montre son poing levé à la foule devant le drapeau américain, en scandant « Fight! » à plusieurs reprises, exhortant ses soutiens à continuer le combat. Ses partisans lui répondent par des acclamations et scandent « U-S-A! ». L'ancien président est ensuite escorté jusqu'à un véhicule et conduit à l'hôpital de Butler pour être examiné et soigné.
Outre Donald Trump, trois participants sont touchés : Corey Comperatore, ingénieur en maintenance et pompier volontaire de Buffalo Township dans le comté de Butler, âgé de cinquante ans, décède et deux sont grièvement blessées. Ce fervent partisan de Trump, est atteint d’une balle en pleine tête et tué sur le coup, près de son épouse et de ses filles. Une cagnotte a été ouverte et a récolté près de 190 000 $. Le représentant américain Ronny Jackson déclare qu'une balle a éraflé le cou de son neveu qui est légèrement blessé.
Donald Trump est emmené à l'hôpital de Butler et reste en sécurité dans un état non critique.
La campagne de Trump organise une collecte de fonds GoFundMe pour les participants blessés ou tués au rassemblement, récoltant plus de 2 millions de dollars au 14 juillet.
Le Secret Service mène une enquête avec le département de la Justice, le FBI et le Bureau des alcools, tabacs, armes à feu et explosifs. L’évènement est classé comme une tentative d'assassinat. À partir du 14 juillet 2024, le FBI enquête sur un « potentiel acte de terrorisme intérieur ».
Le Secret Service est largement critiqué après l'évènement, notamment par le camp républicain, car l'assaillant a pu se positionner sur le toit d'un hangar et tirer plusieurs fois avant d'être neutralisé. Sont mises en cause la réactivité des services de sécurité ainsi que les mesures de protection du site. Le Congrès doit auditionner des membres des services de sécurité, tandis que des républicains et des démocrates appellent la directrice du Secret Service, Kimberly Cheatle, à démissionner.
Interrogée par une commission de la Chambre des représentants le 22 juillet 2024, Kimberly Cheatle déclare que les tirs contre Donald Trump constituent l'échec opérationnel le plus important de son agence depuis plusieurs décennies, mais elle élude les questions des membres de la commission. Elle démissionne le lendemain.