Ce Jour-là

Taurin d'Évreux

Premier évêque d'Évreux

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Taurin d'Évreux (en latin : Taurus), l'un des deux saints Taurin, est considéré comme le premier évêque (épiscope) d'Évreux et son évangélisateur dans l'actuelle Normandie, fin IVe début Ve siècle. Saint chrétien, il est fêté le 11 août.

Elle est connue par un manuscrit du Xe siècle, lui-même copie d'un texte du milieu du IXe siècle, qui fut utilisé par le grand archidiacre Henri-Marie Boudon pour écrire sa vie (1694).

Le récit légendaire de la vie de saint Taurin est dû au moine Déodat, qui l'a écrit selon les critères de l'époque, mélangeant les sources véridiques aux récits merveilleux. Il raconte qu'un ange apparut à Euticie, sa mère, pour lui annoncer que l'enfant qu'elle allait mettre au monde aurait un destin privilégié.

Dans le récit, son parrain est le pape saint Clément (88-97), qui le met sous la protection de Denys l'Aréopagite, évêque d'Athènes au Ier siècle, lui-même un des premiers disciples de saint Paul. Le récit lui donne également comme frère Géry de Cambrai qui meurt vers 619-626.

La tradition catholique a longtemps considéré que l'apostolat de saint Taurin à Évreux se situe entre 375 et 425 et avance que le souci d'assurer une succession apostolique conduisait parfois à de telles confusions chronologiques. Saint Gaud d'Évreux, successeur de saint Taurin, occupait le siège épiscopal d'Évreux en 461.

Pour la recherche récente, ces différents anachronismes discréditent « d'emblée l'historicité de la vie » du saint.

Le terme d'évêque employé pour saint Taurin n'avait pas la signification actuelle. Il s'agissait plutôt de garant de la doctrine chrétienne et de missionnaire, comme ceux envoyés dans les pays étrangers, dans les siècles suivants. Ils arrivaient dans une contrée où ils cherchaient à évangéliser les populations, en bravant hostilités et périls.

C'est ainsi que la légende raconte que saint Taurin, en arrivant à Évreux, s'est heurté au démon par trois fois, sous trois formes animales : le lion, l'ours et le buffle, qui représentaient selon les sources soit les péchés d'orgueil, de luxure et d'avarice, soit les trois religions locales :

le lion pour la religion romaine officielle ;

l'ours, pour le culte de Diane en tant que déesse mère ;

le buffle, représentant la religion agraire locale.

Euphrasie, fille de Lucius, fut précipitée dans le feu par le diable et en mourut. On appela saint Taurin qui, après avoir prié, fit relever l'enfant sur laquelle il n'y avait plus aucune trace de brûlure. Cent-vingt personnes furent baptisées ce jour-là.

Les païens adoraient une déesse mère que Déodat nomme Diane, peut-être attachée à la figure de Cybèle. Bravant les prêtres du temple, Taurin interpela le démon caché dans la statue de la déesse. On vit alors sortir un petit personnage tout noir et barbu. Taurin fit alors disparaître tous les objets du culte païen et consacra l'édifice à Marie, Mère de Dieu.

Deux prêtres de la déesse, Cambise et Zara, voulant s'opposer à l'entrée de saint Taurin dans le temple, furent cloués au sol dès que celui-ci eut tracé un signe de croix. Frappés de stupeur, ils demandèrent immédiatement le baptême.

Marinus, fils du préfet Licinius (licinus désigne un bœuf qui a les cornes tournées vers le ciel), avec Paschase son compagnon, tombèrent dans un trou profond et moururent sur le coup. Léonille, épouse de Licinius, supplia saint Taurin de ressusciter son fils. Celui-ci fit transporter les deux corps dans l'église Sainte-Marie (la Ronde) où, après une courte prière, il fit lever le jeune homme. Aussitôt Marinus demanda le baptême ainsi que son entourage, et mille-deux-cents autres personnes.

L'ancien temple païen ayant donc été consacré à Marie, Mère de Dieu, il prit le nom de Beata Maria Ebroicensis (acte de 1260). Cette église fut plus communément nommée église de la Ronde (Beata Maria de Rotunda) à cause de sa forme primitive, celle des petits temples gallo-romains.

Cette église (sise au no 5 de la rue du Puits) fut vendue en 1793 et démolie rapidement. Il n'en subsiste qu'une clé de voûte, visible dans la chapelle Notre-Dame de la Liesse, dans la cathédrale.

À la tête de ses chrétiens convertis, saint Taurin détruisait temples et idoles, troublant ainsi l'autorité de l'occupant. Il fut donc flagellé (on raconte que les mains de ses bourreaux se desséchèrent ensuite), sur le territoire du Vieil-Évreux, à Gisay (plutôt qu'à Gisay-la-Coudre, situé dans le diocèse de Beaumesnil).

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Taurin d'Évreux | World in Stories