Ce Jour-là

Tarn (département)

Département français numéro 81

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Le Tarn (/taʁn/) est un département français de la région Occitanie, traversé par la rivière Tarn qui lui a donné son nom. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 81. Ses habitants sont nommés les « Tarnais » et « Tarnaises », sa préfecture est Albi, et Castres en est l'unique sous-préfecture. Le département fait partie de l'académie de Toulouse sur le plan scolaire et dépend de la cour d'appel de Toulouse sur le plan judiciaire.

Le département actuel résulte d'une longue histoire qui a précédé sa création en 1790. Commencée il y a 500 000 ans avec les plus anciennes traces humaines, elle se poursuit avec la tribu gauloise des Rutènes. Leur territoire est tour à tour intégré dans l'Empire romain, le royaume wisigoth de Toulouse et le royaume franc. Devenu vassal du comté de Toulouse, le territoire du Tarn, nommé Albigeois en référence à sa capitale, Albi, est ravagé par les combats de la croisade des Albigeois. Il est intégré au domaine royal en 1270 et appartiendra désormais à la province du Languedoc. Il souffre de nombreux combats et massacres pendant les guerres de Religion. À la Révolution française, il prend le nom du Tarn, la principale rivière qui le traverse. Son histoire industrielle a été marquée par des luttes syndicales importantes.

Sa géographie repose sur une forte opposition est-ouest : le relief et la géologie en sont la cause. Une autre dualité se retrouve dans la démographie et l'économie, mais dans le sens nord-sud. Département le plus industriel de l'ex-Midi-Pyrénées après la Haute-Garonne grâce à l'énergie issue du charbon de Carmaux, à la richesse de son sous-sol et à l'énergie hydroélectrique de la montagne Noire, il conserve une part agricole riche qui participe à la gastronomie régionale et à la cuisine tarnaise. Le tourisme contribue pour une part importante au développement économique du département, grâce à un patrimoine culturel important et à une variété de paysages naturels attractifs. Toutefois, l'enclavement est encore un sujet de réflexion, particulièrement dans le sud du département.

Parmi les nombreux Tarnais qui ont laissé une marque dans l'histoire de leur spécialité, on trouve notamment : les politiques Jean Jaurès, Émile Combes, Jacques Limouzy et Henry Simon, les explorateurs Jean-François de La Pérouse et Jean-Louis Étienne, le pharmacien Pierre Fabre, les médecins Philippe Pinel et Pierre Amalric, les militaires Jean-de-Dieu Soult et Raymond Adolphe Séré de Rivières, l'artiste Pierre Maguelon, les sportifs Yannick Jauzion, Claude Puel, Georges Polny, et Laurent Jalabert, Thomas Ramos, pour n'en citer que quelques-uns.

Le nom est attesté anciennement sous la forme Tarnis. Selon Ernest Nègre, le mot Tarn, désignant rivière et le département, vient de vocables pré-celtes : tar, qui fait référence à la rivière, suivi du suffixe -no. Xavier Delamarre le relie au thème gaulois taro- signifiant « qui traverse ».

Le Tarn fait partie de la région Occitanie. Il est limitrophe des départements de l'Aveyron, de l'Hérault, de l'Aude, de la Haute-Garonne et de Tarn-et-Garonne. La principale rivière est le Tarn.

Les extrêmes du département sont :

Le relief prend la forme d'un amphithéâtre ouvert vers l'ouest. Le puech de Rascas, avec 1 270 m, est le point culminant sur la commune de Lacaune et la partie la plus basse est sur la commune de Saint-Sulpice-la-Pointe, à 95 m.

La partie sud-est du département est la plus élevée. Au sud, la montagne Noire présente une ligne continue abrupte qui sépare le Tarn de l'Aude. Elle atteint 1 211 m au pic de Nore. À l'est, le relief descend régulièrement des monts de Lacaune, plateau montagnard, vers le Ségala, zone vallonnée, et la rivière Viaur qui le coupe du Ségala aveyronnais. Au nord-ouest, la forêt de Grésigne occupe un point haut à 523 m à l'arbre de la Plane, proche d'un plateau calcaire qui constitue la pointe sud-est des causses du Quercy.

Au centre, à l'ouest et au sud-ouest, le relief est moins marqué : les pentes se succèdent entre des cuestas et falaises abruptes ou des collines au relief plus doux, dans une roche tendre modelée par l'érosion. Ce paysage est creusé de larges plaines alluviales de part et d'autre des rivières Tarn, Agout et Dadou. La largeur de la vallée du Tarn atteint 10 kilomètres près de Gaillac.

Le département est coupé en deux unités géologiques appartenant au Massif central et au bassin aquitain. Le Massif central est représenté par la montagne Noire, séparée par un fossé d'effondrement où coule le Thoré des monts de Lacaune. Ce dernier se poursuit au nord par le Ségala d'altitude décroissante mais à l'histoire commune. Ces zones viennent de sédiments du paléozoïque plissés à la naissance du Massif central lors de l'orogenèse hercynienne. Après érosion lors du Mésozoïque, l'orogenèse alpine rajeunit le vieux massif, lui restituant un relief plus élevé. Ces épisodes de plissements et cassures ont donné des schistes, grès et gneiss. Ponctuellement, quelques plutons granitiques affleurent. Le plus grand a donné le massif du Sidobre entre Castres et Lacaune.

La partie ouest appartient au bassin aquitain. Ce sont des roches sédimentaires détritiques issues du démantèlement du relief de l'est par l'érosion : molasses et argiles à graviers. Ces roches plus ou moins anciennes ont été peu touchées par les orogenèses de l'époque hercynienne puis alpine. Au nord-ouest, le massif de la Grésigne est une zone passionnante pour les géologues par l'ancienneté des sous-sols sédimentaires et les accidents géologiques qu'ils ont subis : plissements, érosion, soulèvement, cassures, etc.

Les vallées creusées par les rivières sont encaissées dans la partie orientale dure et plus larges avec des terrasses dans les coteaux molassiques. Ces dernières sont constituées de couches horizontales d'argiles, limons, sables et graviers. La plus haute terrasse comporte des sols lessivés de type boulbènes. Sa mauvaise fertilité explique la présence de forêts à Giroussens ou à Sivens, commune de Lisle-sur-Tarn.

La partie orientale est parcourue de veines de quartz parfois très épaisses dans lesquelles se trouvaient des minerais de fer, de plomb, de zinc ou de fluorine. Ces gisements ont été exploités par les Rutènes de l'Antiquité avant d'être abandonnés par épuisement ou coût de production excessif. L'exploitation a été réduite à la fluorine dans la seconde moitié du XXe siècle ; le Tarn représentait 90 % de la production française mais l'extraction a cessé en 2005. Le bassin houiller de Carmaux est issu d'un dépôt organique du carbonifère. L'activité minière y a cessé en 1997 sans avoir épuisé les réserves.

Des carrières ont longtemps été exploitées localement pour la construction : pierre de taille, ardoise et argile pour briques et tuiles. Elles ont fermé à l'exception de celles qui extraient le granite du Sidobre. Les matériaux de construction récents utilisent le sable et le gravier extraits de carrières par concassage ou de gisements dans les terrasses alluviales.

La quasi-totalité du département fait partie du bassin de la Garonne, à l'exception de quelques ruisseaux descendant vers la Méditerranée. La ligne de partage des eaux suit la crête de la montagne Noire et des monts de Lacaune. Le relief de l'est du département est un véritable château d'eau avec plus de 1 500 mm et ponctuellement jusqu'à 2 100 mm. La saison arrosée va de décembre à avril et le débit des rivières suit la même durée, la masse neigeuse stockée étant très faible et de courte durée. Les mois secs vont de juin à août et correspondent à une baisse du débit des rivières. L'étiage est sévère sur les petits cours d'eau mais plus lissé dans les rivières en aval.

La principale rivière est le Tarn. Il draine une grande partie du département avec son affluent majeur, l'Agout. Ce dernier, né dans les monts de Lacaune, reçoit les eaux du Thoré et du Sor rive gauche, et celles du Dadou, rive droite.

Ces cours d'eau ont vu les redoutables crues comme celle des inondations de mars 1930 dans le Tarn écrêtées par des barrages. Outre leur rôle régulateur du débit, ils constituent des réserves d'eau pour l'adduction d'eau potable, d'eau pour l'irrigation, la production d'électricité et sont souvent aménagés pour l'accueil de bases nautiques : barrage de la Raviège et sur l'Agout, barrage du Laouzas sur la Vèbre, barrage des Cammazes sur le Sor, barrage de Razisse et la bancalié sur le Dadou, barrage des Saints-Peyres sur l'Arn, barrage de la Roucarié et lac de Fonbonne sur le Céret. Le plus ancien est le barrage de Saint-Ferréol qui partage ses rives avec la Haute-Garonne et l'Aude, construit par Pierre-Paul Riquet pour assurer l'approvisionnement en eau du canal du Midi. Depuis 1997, le barrage est inscrit au titre des monuments historiques et fait partie des Grands Sites Occitanie. Le projet du barrage de Sivens sur la Tescou a été très médiatisé par les affrontements juridiques et physiques entre partisans et adversaires.

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