Tarja Halonen (/ˈtɑrjɑ ˈhɑlonen/), née le 24 décembre 1943 à Helsinki, est une femme d'État finlandaise, présidente de la République du 1er mars 2000 au 1er mars 2012.
Diplômée de droit à l'université d'Helsinki, Tarja Halonen adhéra au Parti social-démocrate (SDP) et travailla comme juriste à l'organisation centrale des syndicats finnois jusqu'en 1979, date à laquelle elle fut élue députée à la Diète nationale.
Halonen fut membre de la Diète durant six mandats, de 1979 à 2000. Elle y représenta la circonscription d'Helsinki, la capitale du pays. De 1977 à 1996, elle fut par ailleurs membre du Conseil municipal d'Helsinki.
C'est en 1999 que Tarja Halonen déclara sa candidature à l'élection présidentielle de 2000, après la décision du président sortant, Martti Ahtisaari, de ne pas solliciter à nouveau les suffrages des Finlandais pour un second mandat. Désignée candidate du Parti social-démocrate, elle est élue présidente de la Finlande le 6 février 2000, au second tour de scrutin, face à l'ancien Premier ministre Esko Aho, alors candidat du Parti du centre. Elle prêta serment le 1er mars 2000, devenant la première femme à occuper cette fonction.
Très populaire depuis son entrée en fonction, Tarja Halonen, qui s'est déclarée candidate, en 2005, à un second mandat présidentiel, fut réélue au second tour de l'élection présidentielle de 2006 face au candidat du Parti de la coalition nationale, l'ancien ministre conservateur Sauli Niinistö. En 2004, au cours d'une émission télévisée diffusée à la télévision finlandaise, et basé sur l'émission de la BBC, 100 Greatest Britons, elle occupa la cinquième place du classement des « plus grands Finlandais ».
En 2009, le magazine Forbes, du fait de sa politique étrangère de soutien aux Droits de l'homme y compris aux droits LGBT (elle était la présidente de SETA de 1980 à 1981) et de sa popularité auprès de ses concitoyens, la classa parmi les plus puissantes femmes du monde.
Ne pouvant, aux termes de la Constitution, briguer un troisième mandat, elle quitte ses fonctions de présidente de la république de Finlande le 1er mars 2012 et transmet le pouvoir à son successeur, Sauli Niinistö, élu un mois plus tôt.
Tarja Halonen est née le 24 décembre 1943, dans le district de Kallio, un quartier ouvrier au centre d'Helsinki. Sa mère, Lyyli Elina Loimola, était ensemblière et son père, Vieno Olavi Halonen, travaillait comme soudeur. Les parents de Halonen se marièrent au début de la Seconde Guerre mondiale. Quand leur fille naquit, Vieno Halonen était sur le front et Lyyli Halonen travaillait dans une usine de chaussures. Après la guerre, le couple divorça et en 1950, Lyyli Halonen épousa Thure Forss, un électricien très actif au sein du monde ouvrier.
La mère et le beau-père de Halonen exercèrent une profonde influence sur sa vision du monde. Halonen déclara plus tard que sa mère était une vraie survivante, toujours extrêmement active et qui appréciait les personnes bonnes, honnêtes, modestes et travailleuses. Quand elle entra en politique, Halonen déclara qu'elle respectait aussi ses qualités.
En 1950, elle entama des études à l'école élémentaire de Kallio, poursuivit ses études au lycée de Kallio et termina en 1962. Elle commença des études d'histoire de l'art à l'université d'Helsinki en 1962 mais en 1963, elle opta pour le droit et obtint un master en droit en 1968 avec une spécialisation en droit pénal.
Elle travailla comme juriste dans la société de surveillance de crédit Luotonvalvonta oy en 1967, avant même d'obtenir son diplôme. Après avoir travaillé là quelques années, elle rejoignit l'Union nationale des étudiants universitaires de Finlande en tant que secrétaire aux affaires sociales et secrétaire générale. Son travail à l'Union alimenta son intérêt pour la politique et en 1970, elle obtint un poste à l'organisation centrale des syndicats finlandais et devint ainsi la première femme à travailler comme juriste auprès du syndicat.
Carrière politique : des syndicats aux ministères
En 1971 elle rejoignit le Parti social-démocrate qui entretenait des relations étroites avec les syndicats pour qui elle travailla de 1970 à 1974.
Au début des années 1970, elle est élue pour représenter l'organisation centrale des syndicats finlandais au sein d'un comité qui appelait à la reconnaissance de la République démocratique allemande. Plus tard elle devint vice-présidente du comité qui faisait pression sur le président de l'époque Urho Kekkonen. Durant les élections présidentielles auxquelles Halonen prit part, cette prise de position fut critiquée par ses rivaux. Turun Sanomat. Elle riposta que ce comité était composé de membres de différents partis politiques, en ce y compris des partis conservateurs. En 1973, la Finlande reconnut la République démocratique allemande et la République fédérale d'Allemagne.
En 1974, le Premier ministre Kalevi Sorsa engagea Halonen comme secrétaire parlementaire. Elle fit ainsi plus ample connaissance avec la politique finlandaise. Sa carrière progressa rapidement, du fait qu'elle occupa plusieurs fonctions publiques. Sorsa déclara plus tard qu'il avait voulu une secrétaire parlementaire qui avait des connexions avec les syndicats et possédait des compétences en jurisprudence.
De par son travail au Parlement, Halonen fut encore plus intéressée dans la politique et elle décida de participer aux élections municipales de 1976. Elle fut élue au conseil de la ville d'Helsinki, position qu'elle occupa pendant 5 mandats consécutifs de 1977 à 1996. À côté de cela, en 1979, elle fut élue au parlement de Finlande comme représentante de la région d'Helsinki. Elle remplit cinq mandats complets et le début d'un sixième mandat jusqu'à son inauguration en tant que présidente en 2000. Au parlement, son premier poste formel fut la présidence du comité social (1984 à 1987).
En 1987, Tarja Halonen fut nommée ministre des Affaires sociales et de la Santé par le Premier ministre Harri Holkeri, une fonction ministérielle qu'elle conserva jusqu'en 1990. De plus, elle occupa la fonction de ministre de la Coopération nordique de 1989 à 1991, parvenant à se faire connaître dans les pays voisins de la Finlande. La même année, elle fut nommée présidente de la Fondation internationale de solidarité (International Solidarity Foundation), un poste qu'elle occupa jusqu'en 2000.
De 1990 à 1991, elle fut ministre de la Justice, et de 1995 jusqu'à son élection à la présidence, en 2000, elle fut ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement du social-démocrate Paavo Lipponen. Son influence au sein du gouvernement et de la classe politique est alors grandissante, faisant d'elle l'un des probables successeurs du président Martti Ahtisaari à la fonction présidentielle, dans l'hypothèse dans laquelle celui-ci viendrait à ne pas concourir pour un second mandat.