Ce Jour-là

Tanio

Pétrolier échoué ayant provoqué une marée noire en Bretagne

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Le Tanio est un pétrolier malgache, lancé en 1958 sous le nom de Lorraine, rebaptisé en 1974, qui a fait naufrage le 7 mars 1980 au large de la côte nord du Finistère. L'accident entraîne une marée noire, catastrophe environnementale majeure sur les côtes bretonnes, la mort de quatre membres d'équipage et la disparition de quatre autres, dont le capitaine. 31 autres marins sont secourus par hélitreuillage. La catastrophe du Tanio est la dernière d'une série de marées-noires en Bretagne dans les années 1970.

En 2024, le naufrage du Tanio provoque toujours des pollutions occasionnelles significatives, dues aux fuites de l'épave.

Lors de son dernier voyage, le Tanio réalise une livraison entre Wilhelmshaven en Allemagne de l'Ouest et Civitavecchia en Italie de 25 972 tonnes de fioul no 2 (fioul à haute teneur en souffre, type IFO 380, très visqueux), réparties dans 33 citernes. Le navire transporte également 740 tonnes de fioul no 1 et 170 tonnes de diesel pour sa propulsion. Il est équipé par l'armateur Petromad (société malgache de transport pétrolier), le propriétaire du navire étant la société Loca-France International Leasing dans un montage juridique complexe impliquant les sociétés Cruz del Sol (Panama), le Groupe Worms (France), Petromer (Bordeaux), Gardelia (Panama) et Elf-Allemagne.

Le vendredi 7 mars 1980, vers 6 h 30 du matin, le Tanio est au large de l'île de Batz quand il se casse en deux à la suite d'une avarie, alors qu'il traverse une tempête avec des vents de force 9 à 11 sur l'échelle de Beaufort selon les sources. La partie avant dans laquelle se trouvent huit hommes d'équipage coule assez vite, entraînant les marins avec elle. La partie arrière se maintient à flot. L'arrivée d'un premier hélicoptère Super-Frelon à 8 h 32 permet d'hélitreuiller les trente et un membres d'équipage restés sur la partie arrière du navire.

L'origine de l'avarie reste en 2024 inexpliquée. Le Tanio s'était vu attribuer la plus haute cote de sécurité par la société Veritas en septembre 1979 et le gros temps ne peut être seul la cause d'une telle rupture du navire.

Les remorqueurs de haute mer Abeille Flandre et Abeille Languedoc sont envoyés pour porter assistance au pétrolier, en particulier pour empêcher la dérive sur les rochers de la partie arrière du navire, encore flottante. Ils arrivent sur site à 15 h et 20 h. Au lendemain matin du naufrage, Jean Bulot, commandant de l'Abeille Languedoc, décide d'envoyer par voie marine deux hommes d'équipage à bord du Tanio dérivant pour établir la remorque, l'hélicoptère de l'armée se faisant attendre. L'opération est donc effectuée en embarcation légère, au péril de la vie des marins, dans une houle de 6 à 7 mètres. La partie dérivante du Tanio est située à un demi-mille marin des Roches Douvres lors de sa prise en charge en remorque, à 11 h 7 le samedi 8 mars. La destination du remorquage est incertaine jusqu'au lundi 10 mars, aucun port ne souhaitant accueillir le navire en remorque chargé de 7 500 tonnes de fioul. Les marins de l’Abeille Languedoc remorquant le Tanio doivent attendre 36 heures à distance des côtes avant que la destination ne soit fixée au port du Havre, où ils arrivent le 11 mars, mais ne peuvent accoster que le 12. Le 19 mars, 7 530 tonnes de fuel no 2 et 511 tonnes de fuel no 1 (de propulsion) ont été extraites de la partie arrière du Tanio dans le port du Havre.

Plus tard[Quand ?], des experts du ministère des Transports ont souligné des réparations grossières de fissures dans les cuves du Tanio, simplement colmatées à l'aide de ciment, lors de leur inspection de la partie arrière de l'épave, en cale sèche[réf. nécessaire].

L'épave de la partie avant, immergée entre 80 et 90 mètres de profondeur, est d'abord colmatée entre le 21 avril et le 2 mai 1980. Elle est ensuite vidée de 5 100 tonnes de fioul par des opérations de pompage dans les mois qui suivent le naufrage. Ces opérations prennent fin le 18 août 1981. Une quantité inconnue de fioul reste piégée dans l'épave et il a été établi par le CEDRE qu'il s'en échappe encore en 2020 et 2024.

La plupart des sources s'accordent sur des chiffres allant de 10 000 à 12 500 tonnes de fioul qui se répandirent dans la mer lors du naufrage et des semaines qui suivirent, souillant la Côte de granit rose, entre Trégastel et l'Île-de-Bréhat, et la réserve naturelle nationale des Sept-Îles, la plus importante réserve ornithologique de France, classée depuis 1976.

Environ 40 000 oiseaux ont été tués directement par la pollution du naufrage du Tanio en 1980, notamment trois espèces fragiles de la famille des alcidés (petit pingouin, macareux moine, guillemot de Troïl), nicheurs dans cette zone, ce qui réduisit encore leur population française déjà affaiblie. En 2024, les individus de ces trois espèces sont encore touchés par les rejets de l'épave du Tanio, alors que les statuts de deux d'entre elles (le petit pingouin et le macareux moine) sont « en danger critique » sur le territoire français selon l'INPN, et que la troisième (le guillemot de Troïl) est « en danger » selon le même organisme.

Le 7 mars 1980, à 6 h 30 : naufrage du Tanio. À 6 h 35, le Vignemale, pétrolier français, reçoit un message de détresse en provenance du Tanio.

Le 8 mars : en fin d'après-midi, l'odeur de fioul est perceptible à l'Île-Grande.

Le 9 mars : les première nappes de fioul atteignent le littoral breton près de Trégastel dans la matinée. Sécurité civile, sapeurs-pompiers et agents communaux constituent les premières équipes de nettoyage.

Le 10 mars : nouvelles arrivées de fioul sur la commune de Ploumanac'h. Des barrages flottants commencent à être déployés. Le plan Polmar est officiellement déclenché à 19 h. Environ 250 personnes sont déployées sur les chantiers de dépollution.

Le 15 mars : la pollution est considérable, elle s'étend de Trébeurden à l'ouest à la pointe de l'Arcouest à l'est. L'effectif humain de lutte est porté à 800 militaires, 270 sapeurs-pompiers, 80 agents de l’État et 200 employés communaux et volontaires. D'innombrables goélands, cormorans et d'autres animaux marins sont retrouvés morts : leurs plumages souillés n'assurant plus de régulation thermique, ils meurent de froid, ou d'intoxication par ingestion.

À partir du 16 mars, les changements météorologiques poussent la pollution plus à l'ouest sur les côtes finistériennes de Plougasnou et Roscoff. L'effectif humain et les moyens techniques sont encore augmentés en Côtes-d'Armor, les outils des agriculteurs et des municipalités sont dépêchés. À cette date l'épave du Tanio se vide encore de sa cargaison à raison de 3 à 10 tonnes de fioul chaque jour.

Le 22 mars : le plan POLMAR-Terre est déclenché en Finistère. Les plages finistériennes les plus polluées sont couvertes d'une couche de fioul de 1 à 10 cm d'épaisseur.

À partir du 23 mars, les chantiers de pompage sont progressivement fermés en Côtes-d'Armor, laissant place aux chantiers de lavage des galets et rochers.

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