Ce Jour-là

Takeshi Kitano

Cinéaste, artiste japonais

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Takeshi Kitano (北野 武, Kitano Takeshi), également connu sous le nom de scène de Beat Takeshi (ビートたけし, Bīto Takeshi), est un cinéaste, acteur, animateur de télévision, humoriste, artiste peintre, et écrivain, né le 18 janvier 1947 dans le quartier d'Umejima dans l'arrondissement d'Adachi à Tokyo.

Il a reçu les louanges de la critique, tant dans son pays qu'à l'étranger, pour son travail cinématographique très singulier. En dehors de son activité de réalisateur, il est connu au Japon surtout sous son pseudonyme de Beat Takeshi.

Ses premiers films sont des polars violents et mélancoliques ou des comédies dramatiques remarqués par les critiques pour son esprit pince-sans-rire. Cinématographiquement, Takeshi Kitano est friand de plans-séquence où rien ne semble se passer et de scènes immédiatement coupées dès que la fin de l'action est atteinte. Beaucoup de ses films font preuve d'une philosophie sombre, voire nihiliste mais non sans humour ni affection pour ses personnages. Les films de Kitano, qui semblent laisser des impressions fortes voire controversées auprès du public, prennent la forme de comédies sombres, de récits poétiques (comme l’onirique et troublant Dolls) ou de films de genre dépeignant le quotidien parfois ridicule d’êtres en marge de la société, soulevant des questions d’ordre moral.

Takeshi Kitano, dans l’habit de son avatar télévisé Beat Takeshi, est connu en premier lieu du public japonais comme animateur et acteur de télévision et présentateur d’émissions populaires du petit écran. Il a marqué les esprits du public en animant de longues années un programme télévisé populaire, Oretachi Hyôkin-zoku (1981-1989) ou le jeu Takeshi's Castle (1986-1989).

En tant que cinéaste, son plus gros succès commercial et international est, en 2003, son portrait audacieux de Zatoichi, un personnage culte du Japon, maintes fois utilisé dans des films ou des séries télévisées.

Sa propre société de production Office Kitano, fondée en 1988, a lancé le Tokyo Filmex en 2000. Il quitte Office Kitano en mars 2018 pour rejoindre sa nouvelle société, T.N Gon (ja).

Takeshi Kitano, né en janvier 1947, est le plus jeune des quatre enfants de Kikujirō et de Saki Kitano. Son père travaillait comme peintre en bâtiment et a peut-être été yakuza, ce qu'a révélé Takeshi, tandis que sa mère avait une éducation et une discipline stricte, et travaillait dans une usine. Il a deux frères, Shigekazu et Masaru et une sœur, Yasuko. Masaru est professeur à l'université Meiji et apparaît régulièrement dans plusieurs émissions télévisées japonaises.

Kitano a épousé Mikiko Matsuda (ja), ancienne comique manzai (mariage en 1980 - divorce en 2019). Ils ont un fils, Atsushi Kitano et une fille, Shoko Kitano (ja). Shoko est chanteuse et actrice. Elle a fait ses débuts comme chanteuse, produite par le cofondateur de X Japan, Yoshiki Hayashi, et est apparue sous le nom de Shoko Matsuda (Matsuda étant le nom de jeune fille de sa mère) dans le film de son père Hana-bi en 1997.

En août 1994, un grave accident de moto l'envoie à l'hôpital où il subit une importante opération chirurgicale pour retrouver l'usage d'un côté de son corps paralysé. La sévérité de ses blessures est apparemment due au fait qu'il ne portait pas de casque. Par la suite, Kitano, réalisateur fasciné par la mort violente, a suggéré lors d'une interview que cet accident était une « tentative de suicide inconsciente » due à la pression de sa carrière montée en flèche.

Après son accident de moto, Kitano reprend la peinture. Son style rappelle celui du peintre franco-russe Marc Chagall. Ses peintures ont été exposées en galerie, publiées sous forme de livres et ornent les pochettes de plusieurs des disques contenant la musique de ses films. Ses œuvres sont mises en évidence dans son film le plus acclamé par la critique, Hana-bi, sorti en 1997.

Désormais reconnu internationalement, Kitano s'est vu attribuer le titre de Licencié honoraire en Sciences de l'ingénierie par l'Université de Meiji le 7 septembre 2004, 34 ans après avoir arrêté ses études pour poursuivre sa carrière dans le spectacle.

En 1970, à sa sortie de l'université Meiji où il a fait des études scientifiques, Takeshi Kitano trouve un travail de garçon d'ascenseur au Furansu-za (littéralement le « cabaret français »), une salle de spectacle populaire du quartier d'Asakusa, à Tokyo, qui fait office de théâtre de sketchs comiques et de strip-tease. Là, il apprend beaucoup, s’initie aux arts de la scène, en l’occurrence comique, auprès du comédien Senzaburō Fukami. Un jour, un comédien tombe malade. Senzaburō Fukami offre sa chance au jeune Takeshi en lui proposant de le remplacer au pied levé. La salle rit aux éclats, applaudit. C’est un succès, la carrière du jeune comique est lancée.

En 1972, il fonde le duo The Two Beats (Beat Takeshi et Beat Kiyoshi) avec son compère Nirō Kaneko ; ils créent ensemble des manzai, sketchs satiriques basés sur une improvisation verbale. Le pseudonyme et le personnage de Beat Takeshi naissent ainsi.

En 1976, ils se produisent à la télévision pour la première fois et obtiennent un succès immédiat qui les propulse au niveau national. La raison de leur succès s’explique par les thèmes récurrents maniés avec un humour décapant, nouveau, par Kitano et son camarade de scène, bien plus risqués que les traditionnels manzai. Ses plaisanteries politiquement incorrectes ciblent tous azimuts. Des plaintes envoyées aux producteurs de la chaîne provoquent la censure de certains des dialogues et plaisanteries les plus osés. Bien que le couple Two Beats constitue l'un des plus grands succès du genre durant les années 1970 et 80, Kitano décide de continuer seul et le duo est dissout.

Certains éléments autobiographiques remontant à sa carrière manzai se retrouvent dans son film de 1996, Kids Return.

En 1983, Takeshi Kitano joue dans son premier grand film : Nagisa Ōshima l'engage en effet pour son film Furyo. Takeshi y tient le rôle du sergent Gengo Hara, dans un camp de prisonniers de guerre en Indonésie durant la Seconde Guerre mondiale. Kitano le considère comme son « premier vrai rôle au cinéma ».

Après plusieurs autres apparitions, pour la plupart dans des comédies, il joue en 1989 dans Violent Cop, où il tient le rôle d'un détective sociopathe qui répond à la violence par la violence. Lorsque le réalisateur initial Kinji Fukasaku tombe malade, Kitano se propose pour diriger le film. Il remanie considérablement le scénario et transforme son personnage en antihéros solitaire et à contre-courant. Le film est un succès au Japon, tant commercial que critique. Il marque le début de la carrière de réalisateur de Kitano.

Jugatsu, son deuxième film en tant que réalisateur et le premier comme scénariste, sort en 1990. Ce long métrage suit un jeune homme dont l'entraîneur de baseball est menacé par un yakuza local et qui décide de se rendre avec un ami sur l'île d'Okinawa pour se procurer des armes et assouvir sa vengeance. Sur le chemin, ils sont aidés par un gangster psychotique joué par Kitano lui-même, qui a sa propre vengeance à assouvir. Avec une maîtrise complète du script et de la réalisation, Kitano utilise ce film pour affirmer son style : une violence choquante, un humour noir étrange et des scènes d'images arrêtées stoïques. Malgré cela, le film est un échec et ne permet pas de couvrir les coûts de production lors de son exploitation initiale.

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Takeshi Kitano | World in Stories