Le tabac est un produit psychotrope manufacturé élaboré à partir de feuilles séchées de plantes de tabac commun (Nicotiana tabacum), une espèce originaire d'Amérique appartenant au genre botanique Nicotiana (famille : Solanaceae).
L'usage du tabac s'est largement répandu dans le monde entier à la suite de l'arrivée des Européens en Amérique. Sa commercialisation est promue par l'industrie du tabac (monopole d'État dans certains pays) et soumise à des taxes qui varient fortement selon les pays.
Le tabac cause une forte dépendance et sa consommation est responsable de plus de 8 millions de décès par an dans le monde, dont 1,2 million sont des non-fumeurs exposés à la fumée (tabagisme passif). De nombreuses maladies sont liées au tabagisme (maladies cardiovasculaires et cancers, entre autres).
Les Nicotiana sont des plantes néotropicales nitrophiles, originaires des régions chaudes et nécessitant un sol riche en humus. La température et la nature des sols jouent un rôle prépondérant sur les propriétés du tabac : la culture ne peut s'effectuer qu'entre des températures allant de 15 à 35 °C, et avec une hygrométrie voisine de 70 %.
Les pathogènes spécifiques à la plante incluent : le virus de la gravure du tabac, le virus de la mosaïque du tabac et le virus A de la nécrose du tabac.
Les ravageurs incluent : la noctuelle orientale du tabac, le thrips du tabac et de l'oignon.
Le séchage à l'air chaud est la principale méthode ; il nécessite environ une semaine (cf. Effets sur l'environnement).
La composition du tabac est complexe : sa fumée contient environ 4 000 composés chimiques, dont 250 sont dangereux pour la santé et plus de 70 sont reconnus cancérigènes.
Dans la plante fraiche de Nicotiana tabacum, on trouve un mélange d'alcaloïdes composés de 93 % de (S)-nicotine, 3,9 % de (S)-anatabine, de 2,4 % de (S)-nornicotine, et de 0,5 % de (S)-anabasine.
Lors de sa croissance, la plante absorbe plusieurs produits radioactifs, qu'on retrouve dans la fumée, le filtre et moindrement le papier des cigarettes ou des bidis, puis dans les poumons, via l'inhalation de la fumée. On y trouve des traces de thorium, polonium et d'uranium. Le polonium du tabac engendre le plus de radioactivité inhalée.
L'American Journal of Public Health (en) a montré, en septembre 2008, que les « majors » de l'industrie du tabac, Philip Morris, RJ Reynolds Tobacco Company, British American Tobacco, etc., ont volontairement caché au public, depuis les années 1960, la présence dans les cigarettes de polonium 210, une substance hautement cancérigène utilisée, entre autres, lors de l'assassinat de l'espion Alexandre Litvinenko. Une des explications de cette présence de produits radioactifs dans le tabac est l'utilisation fréquente aux États-Unis d'engrais à base d'apatites, utilisés pour donner une saveur spécifique au tabac ; le tabac produit dans certains pays en développement peut ainsi avoir jusqu'à un tiers de radioactivité en moins que celui cultivé aux États-Unis. Une étude de 1975 a constaté qu'une variété du nord du Bengale contenait moins de radon et de polonium.
L'industrie du tabac ajoute des additifs (arômes, sucres, humidifiants) dans le tabac de cigarettes, notamment des composés d'ammoniac qui modifient le pH de la nicotine (plus alcalin), en facilitent l'absorption tout en renforçant la dépendance à celle-ci (ouverture plus importante des récepteurs à la dopamine).
Le tabac est consommé principalement fumé sous forme de cigares, de cigarettes, à l'aide d'une pipe ou d'un narguilé ; il peut aussi être mâché (chiqué), sucé (snus) ou prisé.
Au début du XXe siècle, le tabac est cultivé et consommé sur tous les continents. Les progrès techniques et industriels font évoluer sa production et la consommation de cigarettes supplante dès lors la chique, la prise, la pipe et le cigare. En 1880, il est vendu cent millions de cigarettes dans le monde, en 1900 un milliard de cigarettes. Sa consommation se diffuse massivement au milieu du XXe siècle avec l'essor de la publicité. En 1940, 1 000 milliards de cigarettes sont vendues dans le monde, 2 000 milliards en 1960, 5 000 milliards en 1980, 6 000 milliards en 2014.
La consommation de tabac entraine généralement une dépendance durable.
La consommation de produits du tabac est la cause de nombreuses maladies mortelles.
En mai 2022, l'Organisation mondiale de la santé alerte sur les dégâts dus à l'industrie du tabac : plus d'un milliard de personnes fument encore. Environ 4 500 milliards de mégots sont jetés tous les ans. Cela fait de ce déchet l'un des plus importants au monde. Les experts en retrouvent des traces dans 70 % des oiseaux et 30 % des tortues ; sur les bords de la Méditerranée, 40 % des déchets ramassés sont des mégots, dont certains composants sont toxiques pour les animaux comme pour les plantes. La culture du tabac nécessite beaucoup d'énergie, d'engrais, et 22 milliards de tonnes d'eau. La production annuelle (32 millions de tonnes) contribue à près de 84 millions de tonnes équivalent CO2, soit 0,2 % du total des émissions ; elle serait en outre responsable de 5 % du déboisement mondial. 90 % des cultures sont concentrées dans les pays en développement, où elles concurrencent les cultures vivrières.
La culture du tabac a nécessité 3,22 millions d'hectares (32 200 km2) de terres arables dans le monde en 2023.