Ce Jour-là

Téwodros II

Empereur d'Éthiopie de 1855 à 1868

Anúncio

Tewodros II (en amharique : ዳግማዊ ቴዎድሮስ, Degmawi Tewodros ; également appelé ዓፄ ቴዎድሮስ, Atsé Tewodros ), 1818 - 13 avril 1868, né Kassa Hailou (en ge'ez : ካሳ ሃይሉ), est un militaire et un homme d'État éthiopien, roi des rois (negusse negest) du 11 février 1855 jusqu'à sa mort. Il est également connu sous son nom de cavalier Abba Tateq (en ge'ez : አባ ታጠቅ). En raison de ses exploits militaires, Tewodros II est aussi surnommé Meysaw (en ge'ez : መይሳው, en français : « le courageux »).

Kassa Hailou naît en 1818 à Charghe dans la province du Qwara, vers l'ouest de Gondar, alors capitale d'un Empire éthiopien divisé par les guerres des seigneurs du Zemene Mesafent (Temps des Juges, 1769-1855)). Son père, Hailou Welde Giyorgis, est gouverneur de sa province natale et un militaire tout comme son oncle Kenfou Hailou. Après une brève éducation dans un monastère, Kassa Hailou intègre l'armée de Kenfou puis celle de Goshou Zewde du Godjam. Vers 1845, face à la fulgurante ascension de Kassa Hailou, Menen lui offre le poste de gouverneur du Qwara et la main de sa petite-fille, Tewabetch Ali.

En 1852, Kassa Hailou se lance dans une campagne pendant laquelle il bat les seigneurs du nord les uns après les autres. Le 11 février 1855, Kassa Hailou est couronné sous le nom de Tewodros II. Son couronnement marque la fin du Zemene Mesafent, le début de l'histoire moderne du pays et l'initialisation du processus de centralisation achevé sous Haile Selassie Ier. Ainsi, il ne se contente pas d'unifier le nord du pays ; il lance deux campagnes, la première vers le Wello et la seconde vers le Choa. En 1856, Tewodros II règne sur l'ensemble de l'Empire éthiopien véritablement unifié.

Durant son règne, il introduit diverses réformes de modernisation. Il publie des édits contre l'esclavage, bâtit les premières routes et organise un système politique et fiscal centralisé. Il constitue une véritable armée nationale, remplaçant les diverses forces régionales. Cette vague de réformes inquiète les seigneurs locaux, habitués à un pouvoir impérial faible et, dès 1860, plusieurs chefs entrent en rébellion.

La même année, il perd le soutien de l'Église éthiopienne orthodoxe, en ordonnant la redistribution de ses terres aux paysans. Au fur et à mesure, le negusse negest voit son pouvoir déstabilisé. Il réprime les mouvements de révolte, et il enferme des Européens à la suite d'un différend diplomatique avec le Royaume-Uni.

En avril 1868, le Royaume-Uni organise une expédition menée par Robert Napier (1810-1890), afin de libérer les captifs enfermés à la forteresse de Meqdela. Le 13 avril 1868, l'ultime assaut est lancé sur le quartier général du roi des rois, qui a refusé de se soumettre formellement au Royaume-Uni. Tewodros saisit alors son revolver et se donne la mort. S'il n'a su appliquer la majorité des réformes engagées, Tewodros II reste pour les Éthiopiens un dirigeant remarquable et un grand militaire, défenseur d'une patrie unifiée et moderne.

Tewodros II est le fils de Hailou Welde Giyorgis, gouverneur de la province du Qwara et militaire décédé lors d'une confrontation contre les Soudanais. Sa mère vend du kosso. Après le départ de son mari, elle entre dans les ordres et vit dans l'observance du vœu de pauvreté. Son oncle, le dejazmach Kenfon est également un militaire réputé. Tewodros est un parent du dejazmach Marou du Dembiya, un des grands chefs du Zemene Mesafent décédé en 1827, lors de la bataille de Kossober.

Tewodros se marie en 1847 avec Tewabech Ali, une « jeune princesse du Yedjou » qui « avait quinze ans et se faisait remarquer tant par sa beauté que par ses qualités du cœur et d'esprit ». Il devient ainsi amatch du plus puissant des ras du Zemene Mesafent : ras Ali II. Les jeunes époux s'aiment sincèrement, mais les relations avec la famille de Tewabetch sont mauvaises. Ainsi, lors de sa révolte contre Ali et Menen, grand-mère de Tewabetch, Téwodros est soutenu par son épouse.

En 1856, après sa campagne dans le Choa, Tewodros II est informé du mauvais état de santé de sa femme. Il compte la voir, mais Tewabech décède, en 1858, alors qu'il est en route ; en son honneur, Téwodros compose cette complainte :

Je vous en prie, demandez-moi, avant qu'elle ne s'éloigne,

Si Etégé Tewabetch ne fut pas à la fois épouse et servante !

Celle qui était dans le secret de bien des choses est morte hier ;

Elle qui me servait, comme un repas, le remède [à mes préoccupations].

En février 1860, Tewodros rencontre sa deuxième épouse. Alors qu'il se repose près de l'église de Deresgé, un soldat croise une femme, dont il s'empresse de parler au roi en ces termes : « Sire, j'ai trouvé une femme dont le visage est aussi radieux que le soleil. » La jeune fille, amenée au palais, est présentée à la cour. Il s'agit de Tiruwork Wube, la fille du dejazmach Wube Hayle Maryam. Téwodros la contemple et déclare : « En vérité, cette personne-là est de l'or pur ». Le mariage est également politique puisque Wube, son beau-père, est un ancien dirigeant du Tegré, région qui sort d'une rébellion.

Tewodros a une fille, Alitash, et un fils, Alemayehou. Il marie sa fille avec Menelik, lorsque ce dernier est élevé à Meqdela, entre 1856 et 1865. Son fils est né en 1861, il grandit avec Menelik à la cour impériale. Il l'élève à la dignité de dejazmach vers 1865. Il le couronne Leul le 13 avril 1868. Après l'expédition de Napier, Alemayehou est emmené au Royaume-Uni, où il meurt en 1879.

Tewodros II naît en 1818, sous le nom de Kassa Hailou, à Charghe, dans la province du Qwara, gouvernée par son père Hailou Welde Giyorgis. Sa mère se nomme woyzero Attetegeb. Sa région natale se trouve dans le Nord-Ouest de l'Empire éthiopien, à la frontière avec le Soudan ; elle abrite de nombreux contrebandiers et subit les raids des Égyptiens et des Soudanais. Son oncle est Kenfou Haylou, un militaire réputé souvent aux prises avec les Égyptiens et les Soudanais. Si ses origines familiales expliquent comment cet autodidacte s'est procuré une base territoriale - le Qwara - elles n'ont toutefois pas joué un rôle essentiel lors de son ascension au pouvoir.

Vers 1820, à la suite du départ de Hailou, Attetegeb se retrouve seule avec son fils qu'elle emmène à Gondar. Elle vend du kosso - une profession qui fait l'objet de moqueries blessantes - et son revenu modeste ne lui permet pas d'élever son enfant correctement. Elle le confie à Kenfou, oncle de Tewodros, qui l'envoie à l'école du monastère de Tekle Haymanot, entre Gonder et le Lac Tana. À la suite d'un conflit entre factions locales, le monastère est détruit et tous les élèves de l'école meurent émasculés à l'exception de Téwodros qui retourne chez son oncle. Dans la cour du dejazmach Kenfou, Tewodros reçoit ses premières leçons d'administration, de stratégie et tactique militaire. Il y poursuit son éducation et apprend à lire et à écrire. Téwodros est un grand lecteur, intéressé par la littérature éthiopienne, l'histoire ancienne et contemporaine de l'Europe. Il étudie l'œuvre de William Shakespeare. Marqué par sa formation religieuse, il approfondit ses connaissances de la Bible. Pour l'époque, Téwodros possède une très bonne éducation.

Malgré sa participation aux campagnes, les relations avec Kenfou sont difficiles. Son oncle, propriétaire du fief du Dembiya, souhaite léguer ce territoire à un de ses fils et non à Tewodros. Vers 1839, Kenfou décède et ses deux fils sont défaits par le dejazmach Goshou du Damot et du Godjam. Téwodros décide de quitter le Qwara pour rejoindre les rangs de ce dernier. Frustré par l'absence de progression au sein des troupes de Goshou, il retourne dans sa province natale, la seule région où il peut revendiquer un quelconque héritage politique. Arrivé dans le Qwara, il apprend qu'à la mort de Kenfou, Menen Liben Amade, dirigeante du Bégemeder et épouse de Yohannes III, souverain de l'Empire éthiopien, s'est approprié le Dembiya. Cette usurpation a été le fait de son fils, Ras Ali II du Yedjou, un des plus puissants seigneurs de guerre du Zemene Mesafent. La présence de Tewodros ayant inquiété le gouverneur du Qwara, les officiers de Menen font pression pour qu'il quitte la province. Ils arrivent à leur fin puisque Téwodros, souhaitant faire valoir son droit de succession décide d'entrer en rébellion ; il part vers les basses terres à l'ouest et entame une vie de shefta.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Téwodros II | World in Stories