Dans la musique occidentale, le mot ténor (du latin tenere « tenir ») désigne la tessiture d'une voix ou le registre d'un instrument situés entre l'alto et la basse. Dans la musique vocale (baroque excepté), elle correspond à la voix masculine la plus aiguë.
Au sens figuré et en référence aux ténors solistes qui, au XIXe siècle, ont acquis la célébrité dans le domaine lyrique, le mot « ténor » désigne habituellement un homme reconnu pour son talent dans l'activité qu'il exerce. Exemples : un « ténor du barreau » pour désigner un avocat réputé ; un « ténor de la politique » pour un homme politique célèbre, etc. Dans les domaines cités, l'art oratoire, et donc la voix, occupe une place importante.
Au sein d'une famille d'instruments de musique, le ténor désigne l'instrument dont le registre se situe entre celui de l'alto et celui du baryton ou de la basse — selon la famille prise en considération.
Par exemple, le saxophone ténor se trouve entre le saxophone alto et le saxophone baryton ; tandis que la flûte à bec ténor, elle, se trouve entre la flûte alto et la flûte basse.
Il n'existe pas de relation stricte entre la hauteur de son d'un instrument ténor et celle de la voix de ténor : par exemple, la flûte à bec ténor sonne une octave plus haut que la voix de ténor — ce qui, de fait, la rapproche plutôt de la tessiture de la voix soprano.
Au Moyen Âge, le terme a eu diverses significations. Les premières polyphonies médiévales sont presque exclusivement vocales. Cette origine explique que dans un chœur, le terme ténor désigne avant tout un pupitre, dont l'ambitus se situe entre celui des altos et celui des basses. Par extension, le terme désigne également les membres de ce pupitre, et ce, quelle que soit leur véritable type vocal.
Lorsque l'écriture musicale deviendra harmonique à partir du XIVe siècle, le terme finit par désigner une voix masculine généralement aiguë, chargée de la mélodie principale — souvent rythmée en valeurs longues — par opposition aux autres voix, supérieures ou inférieures — comprenant des figures rythmiques plus riches et plus variées —, dont la fonction était d'assurer le contrepoint à la partie de ténor.
Dans les conservatoires et les écoles de musique, les devoirs d'harmonie sont encore de nos jours rédigés pour un quatuor comprenant soprano, alto, ténor et basse.
Dans la musique classique, le ténor est le type de voix masculine dont la tessiture est la plus aiguë.
Il va de soi que les voix de jeunes garçons, de castrats et de contreténors sont plus aiguës que la voix de ténor, mais celles-ci sont classées à part, non pas à cause d'une différence de technique vocale, mais du fait de leur utilisation exclusive de la voix de tête, naturellement plus aiguë que la voix de poitrine.
Le terme « ténor » apparaît en France à la fin du XVIIIe siècle, succédant aux appellations de « taille » et de « haute-contre ».
Il existe plusieurs catégories de ténors qui diffèrent par le caractère des personnages qu'ils interprètent, la vaillance de la voix et la richesse du timbre, la constante étant la tessiture, qui s'étend le plus souvent du do2 au si3.
Si jusqu'au milieu du XIXe siècle, les aigus étaient émis en « voix de fausset » (falsetto en italien) ou « voix de tête » dans le style baroque, la « voix de poitrine » — plus puissante mais moins étendue — s'est peu à peu imposée à partir des années 1840 sous l'impulsion du ténor français Gilbert Duprez. Cette évolution explique par exemple que, dans l'opéra italien, les œuvres belcantistes (Bellini, Rossini) ont généralement des tessitures élevées mais des instrumentations légères alors que les rôles véristes (Puccini) sont moins aigus mais dotés d'orchestrations plus fournies.
Le ténor léger — tenore di grazia en italien — possède la tessiture la plus élevée, la plus agile, mais la moins puissante. Ambitus : do2-ré4 Bellini a composé jusqu'au fa4 dans l'air « Credeasi misera » des Puritains - souvent transposé - ou pour le rôle de Fernando de Bianca e Fernando, mais l'opéra est rarement joué. On emploie parfois le mot de « tenorino » (« petit ténor »).
le comte Almaviva dans Le Barbier de Séville de Rossini
Tonio dans La Fille du régiment de Donizetti.
Le ténor lyrique léger se situe entre le ténor léger et le ténor lyrique. Sa tessiture vocale est la même que celle du ténor léger, cependant sa voix est légèrement moins large que celle du ténor lyrique et plus épaisse que le ténor léger, avec des emplois vocaux bien spécifiques.
Francisco Araiza ou Roberto Alagna en début de carrière ;