Téhéran (/te.e.ʁɑ̃/ ; en persan : تهران, Tehrân, /teh.ˈɾɒːn/ ) est la capitale et la plus grande ville de l'Iran. Située dans le nord du pays, au pied des monts Elbourz, la ville donne son nom à la province dont elle est également la capitale. Téhéran a vu sa population multipliée par quarante depuis qu'elle est devenue la capitale à la suite du changement de dynastie de 1786. En 2025, la ville compte un peu plus de 9 millions d'habitants, et l'agglomération plus de 16 millions. La ville possède un métro (actuellement avec sept lignes) et un dense réseau autoroutier.
Cette croissance très importante de Téhéran est principalement due à l'amélioration des conditions de vie ainsi qu'à l'attraction exercée sur les habitants des provinces. Elle a connu une forte accélération à partir de 1974, à la suite de la forte hausse du prix du pétrole lors du premier choc pétrolier. Les banlieues de la ville ont alors crû très rapidement ; finalement la pression immobilière a eu raison de la politique de développement urbain fixée en 1969.
Téhéran accueille près de la moitié de l'activité industrielle du pays : industrie automobile, équipements électriques et électroniques, armement, textiles, sucre, ciment et produits chimiques. La ville et son bazar polarisent le commerce des tapis et meubles produits dans l'ensemble du pays.
Le gouvernement iranien envisage de déplacer la capitale en raison de la surpopulation et d'une crise de l'eau qui s'aggrave.
L'origine du nom de Téhéran est encore discutée, et plusieurs interprétations sont disponibles. Une des étymologies populaires est que le nom de la ville viendrait de Tah + rān, qui signifie « celui qui chasse ou qui pousse (les gens) » ou « qui creuse ». Pour le général Albert Houtum-Schindler, il s'agit d'une dérivation du terme Tir-ān, basé sur l'élément Tir. Cet élément a le sens de « plaine, plaine désertique », qui est rapproché de Shemrān par Schindler. L'historien et linguiste Ahmad Kasravi a la même idée et oppose Tahrān, « endroit chaud » à Shemrān, « endroit froid ». L'orientaliste Vladimir Minorski propose de son côté une autre explication en se fondant sur la signification de tah qui signifie « fond, profondeur » dans des dialectes iraniens, qui serait associé au nom de la ville de Ray, ce qui voudrait dire que Téhéran signifie « qui est derrière Ray ». Xavier de Planhol, professeur émérite de géographie, souligne dans l'Encyclopædia Iranica que ces propositions semblent conjoncturelles et qu'il est vain de chercher l'origine du nom de la ville. Même l'orthographe de son nom a changé, puisque avant le XXe siècle, Téhéran s'écrivait avec un ṭāʾ (ﻃ) alors qu'elle s'écrit maintenant avec un tāʾ (ﺕ), qui est censé mieux représenter la prononciation de ses habitants.
Téhéran est située dans une plaine qui descend en pente vers le sud au pied des monts Elbourz. La ville a une altitude de 900 m au sud à 1 700 ou 1 800 m au nord. La ville et ses banlieues couvrent une superficie de 86 500 ha.
La fondation de la ville s'est initialement circonscrite à la limite de deux zones qui ont les caractéristiques des plaines : la zone haute est composée de graviers grossiers et perméables, et la zone basse est composée de dépôts alluviaux plus fins et plus imperméables. La zone où est construite Téhéran fait la transition entre le désert stérile (kavir) et la chaine montagneuse de l'Elbourz.
La ville ne dispose pas de très importantes ressources en eau. Elle est située à égale distance de deux importants bassins hydrographiques qui collectent les eaux qui viennent des montagnes situées en amont. Ces deux bassins sont celui de Karaj à l'ouest et celui du Jājerud, à une trentaine de kilomètres à l'est, qui alimente Varamin et les villages environnants. Entre les zones urbaines de Karaj et Varamin, il n'y avait dans le passé qu'une seule ville importante, Ray, qui se trouvait à la jonction des routes entre les deux bassins.
La mauvaise gestion des ressources en eau a été aggravée par le changement climatique. L'iran en général, et sa capitale en particulier, sont confrontés à une crise de l'eau, particulièrement aiguë pendant l'été 2025, puisque tous les cours d'eau autour de Téhéran étaient à sec et les barrages à un niveau inquiétant. En outre, l'eau est polluée parce que les anciens qanats, utilisés pour l'irrigation avant que les quartiers de la périphérie ne soient urbanisés, ont été reconvertis en égouts, qui polluent la nappe phréatique. La situation est telle que la possibilité de déplacer la capitale est évoquée par le président Pezeshkian.
L'idée de déménager la capitale n'est pas nouvelle et a été évoquée par les présidents Ahmadinejad puis Hassan Rouhani. Ali Khamenei l'a proposée en 2009 avant qu'elle ne soit validée par le Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime. La crise de l'eau n'est pas seule en cause : la pollution de l'air, la surpopulation, les difficultés de circulation et la présence de failles sismiques sont autant de facteurs qui justifient cette décision. Le tremblement de terre de Bam en 2003 a précipité la prise de conscience. Le choix du site de la région du Makran pourrait en outre avoir des répercussions économiques favorables, en stimulant le développement du commerce maritime. Mais ce projet soulève des interrogations : tout reste à bâtir, dans une région semi-désertique, pauvre en eau potable et sensible au réchauffement du climat.
Les quartiers du nord de la ville, situés en hauteur sur les contreforts de l'Elbourz, sont moins pollués et un peu plus frais en été. Ce sont les quartiers résidentiels de la population aisée de la capitale. La majorité des ambassades étrangères s'y trouvent ainsi que le palais et le parc de l'ex-Chah. Vers le sud, en contrebas, et vers le désert, se trouvent les quartiers plus populaires et industriels. C'est à l'extrême sud de l'actuelle agglomération que se trouve le site de Ray (Rhagès). Ray a longtemps été la capitale régionale et est le lieu de naissance du calife abbasside Hâroun ar-Rachîd en 766.
La ville étant au pied des montagnes, une télécabine relie la sortie nord de l'agglomération au mont Tochal à 3 966 m. Plus à l'est et à 50 km du centre de Téhéran se trouve le mont Damavand dont le cône garde quelques traces de neige jusqu'en juillet et culmine à plus de 5 600 m.
La situation de Téhéran, entre montagnes et bassin désertique, a une grande influence sur le climat de la ville. Téhéran possède un climat semi-aride tempéré (Köppen: BSh/BSk, Trewartha: BSao/Dcao). Le climat des montagnes est plutôt frais et semi-humide, alors que les zones sud de la ville, presque en contact direct avec le désert du Dasht-e Kavir sont chaudes et sèches. Les mois les plus chauds sont les mois d'été (juin jusqu'à septembre), avec des températures maximales moyennes comprises entre 31 et 37,0 °C. Les mois les plus froids sont les mois de décembre et janvier, avec une température minimale moyenne d'environ 2,0 °C.
Les précipitations sont d'environ de 250,0 mm à 400,0 mm par an, concentrées (par ordre décroissant) en hiver, au printemps et à l'automne. L'été est très sec. Il neige, parfois en abondance durant les mois d'hiver.
Le climat de Téhéran est influencé par trois principaux facteurs géographiques :
le Dasht-e Kavir, situé au sud de la métropole, introduit des vents chauds et de la poussière dans la ville.
la chaîne montagneuse de l'Elbourz, située au nord de la ville, arrête les pluies venant de la mer Caspienne.
les nuages de mousson de l'ouest et la présence de la chaîne montagneuse atténuent en partie les effets du climat désertique.