Sylvia Plath est une écrivaine, diariste et poétesse américaine, née le 27 octobre 1932 à Jamaica Plain, dans la banlieue de Boston, et morte le 11 février 1963 à Primrose Hill (Royaume-Uni). Elle est l'autrice de poèmes, d'un roman, de nouvelles, de livres pour enfants et d'essais.
Si elle est surtout connue de façon internationale pour sa poésie, notamment avec son recueil posthume Ariel (1965), elle tire également sa notoriété de La Cloche de détresse (The Bell Jar), roman d'inspiration autobiographique paru en 1963, un mois avant sa mort, qui décrit en détail les circonstances de sa première dépression au début de sa vie d'adulte.
Élève brillante diplômée du Smith College et de l'université de Cambridge, boursière Fulbright, Plath participe dès 1959 à un atelier d'écriture aux côtés des poètes Robert Lowell et Anne Sexton, formant le courant du confessionnalisme auquel elle sera par la suite affilié. De 1956 à 1962, Plath est mariée au poète britannique Ted Hughes, avec qui elle a deux enfants (Frieda et Nicholas Hughes (en)), et dont elle aborde la relation tumultueuse et nuisible dans un grand nombre de ses poèmes, lettres et journaux intimes.
Durant la majeure partie de sa vie, Plath souffre de dépression, traitée à plusieurs reprises par l'électroconvulsivothérapie. Elle finit par se suicider au cours de l'hiver 1963 à Londres, laissant derrière elle une œuvre et une esthétique poétique et littéraire devenues le sujet de milliers d'études dans le monde entier. Sa poésie complète (The Collected Poems, 1981), a notamment été couronnée du prix Pulitzer en 1982, faisant de Sylvia Plath la quatrième personne à recevoir cette distinction à titre posthume.
Fille d'Otto Emil Plath (1885-1940), immigré allemand, et d'Aurelia Frances Schober (1906-1994), Américaine aux origines autrichiennes, Sylvia Plath naît à Boston, dans le Massachusetts. En 1935, après la naissance de son frère Warren Joseph, la famille déménage au 92 Johnson Avenue, à Winthrop, où habitent les grands-parents maternels de Sylvia.
Elle est une enfant douée qui publie son premier poème à l'âge de huit ans, dans le Boston Herald Magazine. La même année, le 5 octobre 1940, son père, professeur d'allemand à l'université de Boston et entomologiste spécialisé dans le domaine des abeilles, meurt inopinément des suites de l'amputation d'une jambe gangrenée. Un de ses amis étant mort d'un cancer du poumon, il s'était persuadé qu'il avait la même maladie et ne s'était pas occupé de soigner son diabète avant qu'il ne soit trop tard. À la mort de son père, Sylvia tient ces paroles :« Je ne parlerai plus jamais à Dieu. »Ce premier drame la marque au fer rouge : ce père mythique est une figure qui par la suite hante nombre de ses poèmes, dont le plus célèbre est Daddy, qui présente son père comme un être oppressif et autoritaire. Une visite à la tombe de son père lui inspirera aussi le poème Électre sur le chemin des azalées.
Issue d'une famille cultivant l'ambition et le culte du travail, elle s'avère souvent trop exigeante avec elle-même comme avec les autres. Brillante élève, très précoce, elle décide dès l'adolescence de devenir écrivaine. Au fil des années, elle publie plusieurs poèmes dans des magazines et journaux locaux. À l'âge de onze ans, elle commence à entretenir régulièrement un journal intime. En parallèle de l'écriture, elle se montre également douée pour les arts, en remportant un prix de peinture aux Scholastic Art & Writing Awards de 1947.
En 1950, après ses études secondaires à la Gamaliel Bradford High School, grâce à une bourse d'études, elle est acceptée dans l'une des meilleures universités américaines réservées aux femmes, le Smith College, située à Northampton à proximité de Boston.
Au cours de ses premières années universitaires, elle publie des poèmes, écrit des articles pour le magazine Mademoiselle (dont elle devient éditrice invitée), participe aux fêtes et aux bals de la vie étudiante. C'est à ce stade de sa vie qu'elle commence à souffrir d'être prise en étau entre le conformisme ambiant et le besoin de liberté et d'indépendance qui l'anime. À la fin de sa troisième année, elle est sélectionnée par Mademoiselle avec dix-neuf autres jeunes femmes pour passer un mois à New York afin d'écrire et de rencontrer d'autres autrices, parmi lesquelles Elizabeth Bowen. Beaucoup des évènements qui se sont produits durant cet été 1953 ont ensuite servi d'inspiration à son roman La Cloche de détresse. Durant ce séjour new-yorkais, Sylvia apprend qu'elle a été refusée au séminaire d'écriture organisé par l'écrivain Frank O'Connor à Harvard.
Le 24 août 1953, à l'âge de 20 ans, Plath fait sa première tentative de suicide documentée, en avalant une grande quantité d'hypnotiques appartenant à sa mère. Elle survit à cette tentative, mais passe les six mois suivants au McLean Hospital de Belmont, un hôpital psychiatrique. Elle reçoit du Dr Ruth Beuscher une éléctroconvulsivothérapie, à base de décharges électriques et d'injections d'insuline (Cure de Sakel). Son séjour à l'hôpital, ainsi que sa bourse d'études, sont financées en intégralité par l'autrice Olive Higgins Prouty, qui avait elle-même souffert d'une dépression nerveuse. Sylvia semble montrer des signes de guérison satisfaisants, puisqu'elle termine brillamment ses études au Smith College, soumettant en 1955 sa thèse The Magic Mirror : A Study of the Double in Two of Dostoyevsky's Novels, et obtenant son diplôme avec la mention honorifique (summa cum laude).
En 1956, elle obtient une bourse Fulbright pour étudier en Angleterre, au Newnham College à Cambridge. Elle publie ses œuvres dans le journal étudiant, Varsity, et s'y fait une amie, Dorothea Krook. Elle passe ses vacances à explorer l'Europe.Le 25 février 1956, elle fait la connaissance de Ted Hughes, un jeune poète anglais, à la fête d'inauguration d'un nouveau magazine de poésie, le St Botolph's Review. Rencontre fulgurante s'il en est, ils se marient quelques mois plus tard, en juin 1956. Le couple, d'une grande beauté physique, attire les regards. Ted et Sylvia s'installent alors à Londres. Sa vie d'épouse, les soucis financiers et la dactylographie des manuscrits de Ted occupent Sylvia davantage que sa propre carrière. À ce moment, le couple commence à s'intéresser à l'astrologie et au surnaturel, et à pratiquer notamment le ouija.
Le couple décide d'aller vivre deux ans aux États-Unis, de 1957 à 1959, les deux poètes tentant de subsister de leur plume, mais Sylvia doit occuper de petits emplois temporaires, notamment réceptionniste à l'unité psychiatrique du Massachusetts General Hospital. Elle obtient aussi un poste d'enseignante dans son ancienne université, le Smith College, qu'elle doit quitter en 1958 faute de réussir à trouver du temps pour écrire. Parallèlement, elle assiste à des conférences et ateliers d'écriture donnés par le poète américain Robert Lowell, au cours desquelles elle rencontre la poétesse Anne Sexton. Ces cours auront une influence capitale sur son œuvre, et formeront les prémices du courant littéraire du confessionnalisme, auquel elle sera par la suite rattachée : Lowell et Sexton l'encouragent tous deux à puiser son inspiration dans ses expériences personnelles et son point de vue féminin. Hughes et Plath rencontrent aussi aux États-Unis le poète W. S. Merwin, qui deviendra un ami du couple.
À l'été 1959, le couple débute un voyage de huit semaines à travers le Canada, les États-Unis et le Mexique, où ils séjournent entre autres à la résidence d'artistes de Yaddo, à New York.
En octobre, Sylvia étant enceinte, le couple décide de retourner à Londres, où ils vivent au 3 Chalcot Square et s'aident mutuellement dans leur travail. Frieda, leur premier enfant, naît le 1er avril 1960. La même année, Plath publie son premier recueil de poèmes, The Colossus.
Au début de l'année 1961, alors qu'elle vient de terminer l'écriture de La Cloche de Détresse, Sylvia et Ted quittent Londres pour s'installer dans la campagne anglaise, dans le comté de Devon. Ils y pratiquent l'apiculture, et les abeilles deviendront ensuite le sujet d'un certain nombre de poèmes contenus dans le recueil de poèmes Ariel. Ils voyagent fréquemment en France, notamment sur la Côte d'Opale, à Berck, séjours dont elle tirera le long poème Berck-Plage dans son recueil. En février 1961, elle fait une fausse couche, événement qui hantera par la suite bon nombre de ses poèmes, dont Parliament Hill Fields. Le couple bat de l'aile, mais ils donnent néanmoins naissance à un second enfant, Nicholas, en janvier 1962, avant de se séparer en octobre, après six ans de mariage.