Ce Jour-là

Sylvain Charles Valée

Général français

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Sylvain Charles Valée, né le 17 décembre 1773 à Brienne-le-Château (Aube) et mort le 15 août 1846 à Paris, est un général français du Premier Empire, anobli par Napoléon, gouverneur d'Algérie de 1837 à 1840, élevé aux dignités de pair et de maréchal de France.

Orphelin dès ses premières années, il est nommé élève du roi à l'École militaire de Brienne à l'âge de 8 ans, grâce à l'entremise de la famille Loménie de Brienne. Il s'y trouve en même temps que Napoléon Bonaparte, de quatre ans son aîné, mais cela ne jouera aucun rôle particulier par la suite.

En 1792, il passe de l'école de Brienne (alors supprimée) à l'École d'artillerie de Châlons, comme élève sous-lieutenant ; il s'y trouve avec, notamment, François Nicolas Benoît Haxo, Auguste-Frédéric-Louis Viesse de Marmont, Gérard Christophe Michel Duroc et Paul-Louis Courier.

En 1793, il est lieutenant d’artillerie et participe aux opérations autour des places du Quesnoy, de Landrecies, de Charleroi, de Valenciennes, de Condé et de Maastricht. Au commencement de 1794, il reçoit le grade de capitaine et est envoyé à l'armée du Rhin, alors commandée par Jean Victor Marie Moreau.

Il passe plusieurs années à l'armée du Rhin ; il y commande l'artillerie du général Charles Mathieu Isidore Decaen. En 1797, il est nommé commandant de la 2e compagnie du 3e régiment d'artillerie à cheval.

En 1800, il se marie avec Françoise-Caroline von Moëgling.

En 1802, il est promu au grade de chef d'escadron et est chargé de la formation des camps de l'artillerie de réserve. Nommé major en 1804, affecté au parc général d'artillerie, il fait plus tard la campagne d'Austerlitz, comme inspecteur général du train d'artillerie, puis le 29 novembre 1806 devient sous-chef d'état-major du général Nicolas Marie Songis des Courbons, commandant en chef de l'artillerie de l'armée. Colonel, le 12 janvier 1807, il se distingue en Prusse lors des batailles d'Eylau et de Friedland.

Peu après, l'Empereur l'envoie en Espagne où il débute sous les ordres du maréchal Lannes au siège de Saragosse. Après la reddition de cette ville, il reçoit le commandement de l'artillerie du 3e corps, devenu armée d'Aragon. Général de brigade en 1809, il dirige celle du général Louis Gabriel Suchet aux sièges de Lérida, de Tortosa, de Mequinenza, de Sagonte et de Tarragone. Après la prise de Tarragone, qui a résisté à cinq assauts, l'Empereur le nomme général de division. Il suit le maréchal Suchet devant Valence, qu'il oblige par le feu de son artillerie à ouvrir ses portes, et met en état de défense toutes les places qui se trouvent dans le vaste commandement du duc d'Albufera.

En 1813, à la suite des échecs de Napoléon en Russie et en Allemagne, les Français doivent évacuer la péninsule ; malgré les efforts des armées anglo-espagnoles et des populations soulevées, il parvient à conserver et à ramener en France l'immense matériel des troupes françaises en Espagne. Pour lui en témoigner sa reconnaissance, Napoléon le fait comte de l'Empire par un décret daté de Soissons le 12 mars 1814 (il était déjà baron de l'Empire depuis le 13 février 1811).

Il est ensuite nommé commissaire extraordinaire pour traiter de la remise des places d'Espagne le 26 avril 1814.

Durant les Cent-Jours, l'Empereur le charge de l'armement de Paris que le général François Nicolas Benoît Haxo doit mettre en état de défense.

En 1818 la place de premier inspecteur général de l'Artillerie donné au général Jean Barthélemot de Sorbier en 1814 est supprimée ; ses attributions sont remises aux mains d'un Comité de direction de cette arme, dont l'importance est devenue considérable ; le général Valée est appelé par le général Laurent de Gouvion-Saint-Cyr, ministre de la Guerre, à siéger dans ce Comité, et, pendant cinq ans, ses collègues le choisissent comme rapporteur de leurs séances. Appelé en 1818 à faire partie d'une commission de défense du royaume, il y fait adopter un système général d'armement pour les places fortes et l'immense littoral de l'Ouest et du Sud.

En 1821 il acquiert le château du Pin situé à Mérinville dans le Loiret.

La réorganisation de l'artillerie par Valée

En 1822 le gouvernement crée pour lui le titre et les fonctions d'inspecteur du service central de l'artillerie. De 1822 à 1830, Valée se consacre sans relâche à la conception puis à l'exécution d'un vaste plan d'amélioration de l'artillerie, rendu public en 1827. Il rend l'artillerie plus mobile et simplifie son système de construction : par exemple, dans le matériel de campagne, les pièces de 6, de 8, de 12 sont réduites aux calibres de 8 et de 12 ; toutes les pièces sont montées sur quatre roues de même modèle et de la même grandeur. Pour faciliter la marche et le transport des pièces, par une nouvelle forme donnée à l'affût, les deux trains deviennent indépendants l'un de l'autre ; les pièces purent passer dans les chemins les plus étroits, tourner court et presque sur elles-mêmes ; toutes reçurent un coffret qui, placé sur l'avant-train, en était inséparable et suffisait aux premières nécessités du combat. Le général Valée étendit bientôt les mêmes idées à l'artillerie de siège et au matériel destiné à la guerre de montagne.

Les manufactures d'armes françaises placées près de la frontière sont, sur sa proposition, transférées à l'intérieur, à Saint-Étienne, à Châtellerault. Pour la fabrication de la poudre, des meules remplacent l'ancien mode de trituration.

Le corps du train d'artillerie est supprimé. Sa tâche consistait à mener les pièces sur le terrain, où il demeurait immobile au milieu des balles et des boulets. Valée, frappé des inconvénients de la division de l'artillerie en trois corps, a l'idée de donner, au personnel comme au matériel, l'unité qui leur avait toujours manqué. La batterie devient un tout complet, où les conducteurs et les canonniers, placés dans les mêmes conditions, obéissent au même officier. Chaque régiment d'artillerie a le même nombre de batteries à pied et de batteries à cheval ; les batteries à pied reçoivent des chevaux d'attelage. Officiers et soldats sont tenus de compléter pendant la paix leur instruction de guerre.

Le gouvernement, pour récompenser ses services, rétablit pour lui l'emploi et la dignité de premier inspecteur général, et le roi Charles X le nomme pair héréditaire du royaume, par une ordonnance du 27 janvier 1830.

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