Ce Jour-là

Sun Yat-sen

Politicien et révolutionnaire chinois, co-fondateur avec Song Jiaoren du Tongmenghui (1866–1925)

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Sun Yat-sen (chinois simplifié : 孙逸仙 ; chinois traditionnel : 孫逸仙 ; pinyin : Sūn Yìxiān ; cantonais Jyutping : syun¹ jat⁶sin¹ ; zhuyin : ㄙㄨㄣ 〡ˋ ㄒ〡ㄢ, Sun Yat-sen est la prononciation en cantonais qui s'est exportée en Occident ; le nom se prononce Sūn Yìxiān en mandarin), plus connu en Chine sous son surnom Sun Zhongshan (孙中山 / 孫中山, sūn zhōngshān, cantonais Jyutping : syun¹ zung¹saan¹, zhuyin : ㄙㄨㄣ ㄓㄨㄥ ㄕㄢ), également appelé Sun Wen (孫文), né le 12 novembre 1866 et mort le 12 mars 1925, est un révolutionnaire et homme d'État chinois.

Il est considéré comme « le père de la Chine moderne ». Il a eu une influence significative dans le renversement de la dynastie Qing (dont le dernier représentant a été Puyi) et l'émergence de la république de Chine. Sun Yat-sen, l'un des fondateurs du Kuomintang, a été le premier président de la République de Chine en 1912 et, entre 1917 et 1925, dirigea plusieurs gouvernements basés dans le sud de la Chine, qui visaient à réunifier le pays alors en proie à la domination des seigneurs de la guerre.

Formé à l'étranger, Sun est considéré comme l'un des dirigeants les plus grands et les plus importants de la Chine moderne, mais sa vie politique a été marquée par une lutte constante et un exil fréquent. Après le succès de la révolution de 1911, il démissionna rapidement de son poste de président de la République de Chine nouvellement fondée et céda son poste à Yuan Shikai. Il s'exila bientôt au Japon pour des raisons de sécurité, mais revint fonder un gouvernement révolutionnaire dans le sud de la Chine, pour défier les seigneurs de guerre qui contrôlaient une grande partie du pays. En 1923, il invite des représentants de l'Internationale communiste à Canton (Guangzhou) pour réorganiser son parti et former une alliance fragile avec le Parti communiste chinois. Il n'a pas vécu assez longtemps pour voir son parti unifier le pays sous son successeur, Tchang Kai-shek, lors de l'Expédition du Nord. Il mourut à Pékin d'un cancer de la vésicule biliaire en 1925.

L'héritage principal de Sun est sa philosophie politique connue sous le nom de Trois principes du peuple : Mínzú (民族主義; Mínzúzhǔyì) ou nationalisme (indépendance vis-à-vis de la domination étrangère), Mínquán (民權主義; Mínquánzhǔyì) ou « droits du peuple » (parfois traduit par « démocratie »), et Mínshēng (民生主義; Mínshēngzhǔyì) ou moyens de subsistance du peuple (parfois traduit par « communautarisme »).

Il est surnommé le « Père de la nation » dans l'actuelle république de Chine (Taïwan) et le « Précurseur de la Révolution » dans la république populaire de Chine pour son rôle déterminant dans le renversement de la dynastie Qing lors de la Révolution de 1911. Sun est unique parmi les dirigeants chinois du XXe siècle car il est largement vénéré à la fois par le Parti communiste chinois continental et par le Kuomintang de Taïwan.

Sun Yat-sen naît dans une famille de paysans du village de Cuiheng (翠亨村), situé dans le district de Xiangshan, devenu depuis la ville de Zhongshan (en chinois 中山市 ), dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine. Sa langue maternelle est le cantonais. Son père est Sun Dacheng et sa mère porte le nom de famille Yang. Son père possède très peu de terres et travaille comme tailleur à Macao et comme compagnon et porteur.

Selon Hans-Heinrich Wetzel, sa famille serait originaire de la communauté juive de Kaifeng mentionnée au XVIIe siècle par des Jésuites qui indiquent qu'ils étaient quelques centaines, que leur apparence physique comme leurs habitudes étaient semblables à celle des Han, et qu'ils étaient appelés les « Ye-Se-Lo-Ni » qui veut dire Israëlites, plus tard les « yóu tài rén » ou « yo se lie rén », littéralement les tribus d'Israël, originaires plus anciennement de la province de Xinjiang, ancien Turkestan oriental. L'hypothèse n'a toutefois jamais été confirmée.

Après avoir été à l'école de son village, Sun Yat-sen, à l'âge de treize ans, va vivre avec son frère aîné Sun Mei qui a immigré à Honolulu dans le royaume d'Hawaï et qui y est devenu un marchand prospère ; il mène une vie confortable avec une richesse modeste. Il y étudie au lycée d'Iolani (en) (1879-1882), et au lycée Diocesan Boys (1883). D'après certains, il y obtient la nationalité américaine. Il y étudie l'anglais, l'histoire britannique, les mathématiques, les sciences et le christianisme. Bien qu'il soit initialement incapable de parler anglais, Sun Yat-sen apprend rapidement la langue, reçoit un prix pour ses résultats académiques du roi hawaïen David Kalākaua et obtient son diplôme en 1882. Il fréquente ensuite l'Oahu College (maintenant connu sous le nom de Punahou School ) pendant un semestre. En 1883, il est renvoyé chez lui en Chine, car son frère s'inquiète du fait que Sun Yat-Sen commence à embrasser le christianisme.

Réfugié à Hong Kong en 1884 après un bref retour en Chine pendant lequel il participe à un bris de statue religieuse, il y est baptisé et y étudie à la Queen's University (1884-1892). Il obtient finalement un diplôme de médecine à l'université de Hong Kong, dont il a été l'un des deux premiers diplômés. Il pratique alors brièvement la médecine à Hong Kong en 1893.

Il épouse à vingt ans Lu Muzhen (caractères simplifiés : 卢慕贞, traditionnels : 盧慕貞), qui provient du même village que lui. Elle lui donne un fils, Sun Ke et deux filles, Sun Yan et Sun Wan. Ils mènent vite des vies séparées, Lu Muzhen n'étant pas en mesure de le suivre dans ses tribulations, en raison entre autres de ses pieds bandés.

Sun Yat-sen a par la suite une autre compagne qui va l'assister dans ses activités politiques, Chen Cuifang (陳粹芬, 1873-1954).

Considérée, avec son accord, comme une concubine par la famille Sun, elle est enterrée dans le cimetière familial.

En 1914, il demande la main de Soong Ai-ling à son père Charles Soong qui refuse. L'année suivante, il épouse Song Qingling, sœur d'Ai-ling, contre l'avis de Charles Soong, après avoir cette fois divorcé de Lu Muzhen, car les Song sont méthodistes. C'est elle qui sera connue internationalement comme « Madame Sun Yat-sen ».

Ses années passées à Hawaï l'ont poussé à développer un fort intérêt pour le système économique américain, dont il devient l'un des plus ardents défenseurs. Il attache un intérêt tout particulier aux idées d'Alexander Hamilton et Abraham Lincoln. La phrase de ce dernier « Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » lui inspire d'ailleurs ses « trois principes du peuple ».

Selon l'auteur Serge Hutin, Sun Yat-Sen était un membre important de la Triade et franc-maçon de haut grade.

Sun marque aussi sa forte opposition au gouvernement impérial Qing de la Chine et commence sa carrière politique en essayant d'organiser des groupes de réforme des Chinois exilés à Hong Kong. En octobre 1894 il fonde le Xingzhonghui (littéralement « société pour le redressement de la Chine ») pour exposer ses idées pour la prospérité de la Chine et comme plateforme de ses futures activités révolutionnaires.

En 1895, un coup d'État qu'il fomente échoue et il doit s'exiler durant seize ans en Europe, aux États-Unis, au Canada puis au Japon, réunissant de l'argent pour son parti révolutionnaire. Au Japon, il rejoint d'autres groupes révolutionnaires chinois et fonde avec eux le Tongmenghui, ligue d'union dont il est élu président, et dont il exprime ainsi le programme : « Chasser les étrangers, restaurer la Chine, fonder une république et redistribuer équitablement les terres ».

Sun a voyagé via le Canada jusqu'au Japon pour commencer son exil là-bas. Il arriva à Yokohama le 16 août 1897 et rencontra l'homme politique japonais Tōten Miyazaki. La plupart des Japonais qui ont travaillé activement avec Sun étaient motivés par une opposition pan-asiatique à l'impérialisme occidental. Au Japon, Sun rencontra également Mariano Ponce, un diplomate de la Première République des Philippines.

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