Ce Jour-là

Studio Ghibli

Studio d'animation japonais

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Le Studio Ghibli Inc. (株式会社スタジオジブリ, Kabushiki gaisha sutajio Jiburi) est un studio d'animation japonais fondé par Hayao Miyazaki et Isao Takahata en 1985. Il produit des longs-métrages et courts-métrages d'animation, ainsi que, dans une moindre mesure, des téléfilms, des séries et des jeux vidéo.

Le studio est connu principalement pour ses longs-métrages destinés à un large public et dont plusieurs ont remporté des succès auprès de la critique et du public, ainsi que des récompenses, notamment : Mon voisin Totoro et Le Tombeau des lucioles en 1988, puis Princesse Mononoké (1997) et Le Voyage de Chihiro (2001), enfin Le Château ambulant (2004) et Le Garçon et le Héron (2023).

Le Studio Ghibli est récompensé à titre collectif par une Palme d'or d'honneur lors du festival de Cannes 2024.

Le nom « Ghibli » vient du mot italien ghibli (que l’on trouve en anglais sous les formes ‹ ghibli ›, ‹ gibli ›, ‹ gibleh ›), issu du nom arabe libyen du sirocco, le vent chaud du désert : قبلي (qiblī). Il renvoie également au nom d’un avion de reconnaissance italien utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, le Caproni Ca.309 Ghibli. C’est Hayao Miyazaki, grand amateur d'aviation, qui a choisi ce nom. Pour lui, le Studio Ghibli se doit de jouer un rôle d'éclaireur dans le secteur de l'animation japonaise, et d'y faire souffler un vent de nouveauté.

Ghi, dans le mot italien, se prononce comme le mot français « gui » (/ɡi/), alors que, dans le nom du studio, en japonais, il se prononce, comme l’indique son écriture en katakanas (ジブリ), « dji » (/d͡ʒi/) : /d͡ʑiꜜbɯᵝɾʲi/ . La prononciation « gui » a cependant été utilisée par le studio au Japon pour les titres anglicisés des courts-métrages Ghiblies et Ghiblies Episode 2, prononcés « giburīzu » (ギブリーズ).

Le studio est créé en juin 1985 par les réalisateurs japonais Hayao Miyazaki et Isao Takahata, et par la compagnie Tokuma Shoten, éditrice du magazine sur l'animation, Animage. En pratique, l'équipe existe déjà lors de la création du film Nausicaä de la Vallée du Vent, sorti en 1984 et produit au sein du studio Topcraft. Le succès de Nausicaä, qui attire plus de 900 000 spectateurs en une cinquantaine de jours, ouvre la voie à la création d'un studio d'animation à part entière, plus propice à des projets qui laisseraient une plus grande indépendance et donc une meilleure liberté artistique à Miyazaki et Takahata. Plusieurs artistes ayant travaillé sur Nausicaä rejoignent le Studio Ghibli et en deviennent des collaborateurs récurrents, comme l'animatrice Makiko Futaki (qui travaille pour Ghibli pendant près de trente ans), Yoshinori Kanada, Katsuya Kondō et Kitarō Kōsaka.

Utilisant les bénéfices réalisés grâce à Nausicaä, Hayao Miyazaki met en production en 1985 un téléfilm documentaire qui marque l'accès d'Isao Takahata à la réalisation : L'Histoire des canaux de Yanagawa. Au départ, le film doit être consacré à l'histoire de l'école de la ville, mais, au cours de ses visites de repérages, Isao Takahata découvre les canaux de Yanagawa, qui remontent au XVIe siècle, et se passionne tant pour eux qu'il leur consacre le film. Constitué en majorité de prises de vues réelles, auxquelles s'ajoutent quelques séquences d'animation, le téléfilm relate les efforts des habitants de la ville de Yanagawa, dans la préfecture de Fukuoka, pour préserver les canaux de la ville contre une pollution galopante. La production prend du retard et Takahata dépasse largement le budget prévu, si bien que Miyazaki doit l'assister à la réalisation pour boucler le film, qui est diffusé sur la chaîne NHK en 1987. Il est très peu diffusé hors du Japon. N'ayant jamais été diffusé sous le logo des studios Ghibli, il demeure un cas à part, généralement non listé parmi les productions du studio.

Le studio se concentre sur les longs métrages d'animation, dans un pays où les anime et les OAV sont favorisés. Le premier long-métrage d'animation produit au sein du Studio Ghibli est donc Le Château dans le ciel, un film d'aventure pour lequel Hayao Miyazaki, à la réalisation, reprend des thèmes explorés dans une série télévisée d'animation à laquelle il avait travaillé avant la création du studio, Conan, le fils du futur. Le projet profite du savoir-faire de Tōru Hara et d'autres animateurs venus de son studio Topcraft, qui ferme cette année-là, et qui rejoignent Ghibli. La direction artistique du Château dans le ciel est assurée par Nizō Yamamoto, qui avait travaillé avec Miyazaki dès sa série animée Conan, le fils du futur en 1978 et avec Takahata pour Kié la petite peste en 1981 et qui reste par la suite un collaborateur durable du studio. Le Château dans le ciel sort en 1986. Le succès est là, mais modéré. Le Studio Ghibli se doit de produire rapidement un nouveau film pour assurer sa stabilité financière. Le producteur Toshio Suzuki présente conjointement aux financeurs deux projets diamétralement opposés : Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki, un conte optimiste dans la campagne japonaise, et Le Tombeau des lucioles d'Isao Takahata, l'adaptation de la nouvelle La Tombe des lucioles d'Akiyuki Nosaka qui relate le destin tragique de deux enfants pauvres dans le Japon de l'immédiat après-guerre en 1945. Ayant réussi à réunir les financements de cette façon, Suzuki s'aperçoit vite que la mise en production simultanée de deux films pousse le studio aux extrêmes limites de sa capacité de travail de l'époque. Les deux films sortent enfin, en même temps, le 16 avril 1988. Si les entrées en salles proprement dites ne sont pas suffisantes pour former un succès commercial, les totoros, créatures velues et souriantes de Mon voisin Totoro, deviennent très vite populaires et le studio devient bénéficiaire grâce aux ventes des peluches à leur effigie. Totoro devient dès lors la mascotte du Studio Ghibli et apparaît sur son logo.

C'est la sortie de son quatrième film qui assure les bases financières du Studio Ghibli : Kiki la petite sorcière, réalisé par Hayao Miyazaki qui adapte librement un roman pour la jeunesse d'Eiko Kadono, remporte un grand succès à sa sortie en salles au Japon le 29 juillet 1989 et rapporte plus de 2 milliards de yens de recettes.

Le Studio Ghibli opte alors pour une gestion de son personnel inhabituelle par rapport aux pratiques des studios d'animation japonais de l'époque. Au lieu d'employer des animateurs freelances en contrats à durée déterminée, comme c'est alors l'habitude, Toshio Suzuki décide de faire des animateurs des salariés permanents embauchés avec des contrats à durée indéterminée. Les bénéfices de chaque film permettent de payer les salaires pour la production du suivant. Cette organisation rend également possible la formation des animateurs en interne et le renforcement d'un savoir-faire propre au studio. Le film suivant est réalisé par Isao Takahata. Souvenirs goutte à goutte, qui relate le retour à la terre d'une jeune femme de Tokyo partie à la recherche de ses souvenirs d'enfance, sort en 1991 et le succès au box-office est de nouveau au rendez-vous.

Vient ensuite Porco Rosso, réalisé par Hayao Miyazaki, l'histoire d'un aviateur italien des années 1920 qui s'est retrouvé affublé d'une tête de cochon pour des raisons mystérieuses. Sorti en 1992, c'est l'un des tout premiers films d'animation japonais à connaître une diffusion hors du Japon. Le film, présenté au festival d'Annecy en 1993, remporte contre toute attente, le Cristal du long métrage. La chaîne Canal+ en assure alors dans ce pays une diffusion en salles qui se solde par un échec commercial en dépit d'un excellent accueil critique. Ce n'est qu'au cours des années suivantes que le film connaît une seconde vie en vidéo. Mais cet échec à court terme reste la première occasion où un public français non spécialisé découvre les films Ghibli et les réalisations de Hayao Miyazaki, ce qui contribue à poser les bases de leur reconnaissance et de leur succès dans les années suivantes.

Le studio poursuit la production de longs-métrages d'animation tout en expérimentant dans divers domaines, qu'il s'agisse de supports de diffusion ou de la formation de nouveaux talents au sein du studio. Ghibli produit ainsi un téléfilm à petit budget, Je peux entendre l'océan, dont la réalisation est confiée à Tomomi Mochizuki et qui est diffusé en 1993. En 1995, c'est à Hayao Miyazaki de s'essayer à une nouvelle forme : un clip vidéo de six minutes et demie, On Your Mark.

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