Steven Kruijswijk, né le 7 juin 1987 à Nuenen, dans la province du Brabant-Septentrional, est un coureur cycliste néerlandais, membre de l'équipe Jumbo-Visma. Spécialiste des courses par étapes, il a terminé dans le top 5 des trois grands tours et notamment troisième du Tour de France 2019.
Steven Kruijswijk commence le cyclisme à l'âge de 15 ans, au club cycliste Trap met Lust, à Geldrop dans le Brabant-Septentrional. En 2005, pour sa dernière année junior, il rejoint l'équipe Westland Wil Vooruit. Il est troisième du championnat des Pays-Bas sur route junior.
En 2006, Steven Kruijswijk intègre l'équipe continentale néerlandaise Van Vliet-EBH-Advocaten. En 2007, il est recruté par Rabobank Continental, réserve de l'équipe ProTour Rabobank. Durant cette saison, il est notamment neuvième du Tour de Thuringe, troisième de la première étape du Tour de l'Avenir 2007, et participe à la course en ligne espoirs des championnats du monde. En 2008, il est opéré à cause d'un rétrécissement de l'artère fémorale, et ne peut courir pendant plusieurs mois. L'année suivante, il devient champion des Pays-Bas espoirs, et se classe notamment deuxième du Tour de Thuringe, quatrième de l'Internationale Wielertrofee Jong Maar Moedig, huitième du Tour d'Irlande, dixième de la Semaine cycliste lombarde. Avec l'équipe des Pays-Bas des moins de 23 ans, il termine sixième du contre-la-montre des championnats d'Europe et douzième du contre-la-montre des championnats du monde. En août, l'équipe Rabobank lui fait signer son premier contrat professionnel, pour les saisons 2010 et 2011.
Après s'être classé 13e du Tour de Murcie en début de saison, Steven Kruijswijk participe à son premier grand tour, le Tour d'Italie 2010, où il remplace Óscar Freire. Il termine 18e du classement général, après avoir obtenu la troisième place de la 17e étape à Peio Terme. Il prend en août la huitième place du Tour de Burgos et participe en fin de saison à la course en ligne des championnats du monde, entre Melbourne et Geelong en Australie. Il se classe 91e de cette course.
En 2011, il participe à nouveau au Giro. Il porte le maillot de meilleur jeune en début de course puis termine l'épreuve à la 8e position. Ses meilleurs résultats se font lors de la troisième semaine de la course. Le 11 juin, il participe au Tour de Suisse et remporte l'étape reine en devançant Levi Leipheimer et Damiano Cunego. C'est sa première victoire chez les professionnels. Il termine troisième de ce Tour de Suisse, derrière Leipheimer et Cunego. En septembre, il est 41e du Tour d'Espagne, puis fait partie de l'équipe des Pays-Bas aux championnats du monde sur route, à Copenhague. Il prend la 89e place de la course en ligne.
En 2012, il est huitième du Tour de Suisse, puis participe pour la première fois au Tour de France. Il le termine à la 33e place. En septembre 2013, il doit subir une opération de l'artère fémorale, afin de soigner une anomalie susceptible d'expliquer ses résultats décevants durant l'année écoulée. Il renonce à disputer le Tour d'Espagne.
Sur le Tour d'Italie 2014, Kruijswijk, comme de nombreux autres coureurs, chute dans les derniers kilomètres de la sixième étape. Il continue la course malgré le diagnostic d'une fracture à une épaule. Cependant, souffrant trop de ces blessures, il abandonne lors de la neuvième étape. Présent au Tour de France, il est quinzième au sein d'une équipe où Laurens ten Dam et Bauke Mollema sont respectivement neuvième et dixième. Il gagne ensuite l'Arctic Race of Norway, une course lors de laquelle il endosse pour la première fois de sa carrière un maillot de leader. Il est sélectionné pour la course en ligne des championnats du monde.
En 2015, Kruijswijk est leader de l'équipe Lotto NL-Jumbo sur le Tour d'Italie. Comme lors de ses précédents Grands Tours, il déçoit sur les premiers jours et perd du temps avant même l'arrivée de la montagne. Il pointe ainsi à 10 minutes du maillot rose Alberto Contador au matin de la 8e étape lors de laquelle il prend part à l'échappée et y réalise un bon bout en solitaire. Dans la montée finale vers Campitello Matese, il attaque et distance Carlos Betancur et Kristof Vandewalle pour continuer seul. Néanmoins, il s'écrase dans les passages le plus durs et est repris par Beñat Intxausti à 4 kilomètres sans pouvoir suivre. Le lendemain, il est de nouveau à l'attaque mais échoue en terminant à la seconde place, à 21 secondes de Paolo Tiralongo sur un parcours vallonné. Il fait de nouveau parti de l'échappée de la 11e étape mais ne peut pas suivre Ilnur Zakarin qui s'en va s'imposer. Il aborde la fin de ce Giro à la 23e place du classement général à plus de 10 minutes du maillot rose mais à seulement 18 points du maillot bleu de meilleur grimpeur qui devient son objectif. Kruijswijk réalise une grande troisième semaine qu'il débute par une étonnante 5e place sur le long contre-la-montre de Valdobbiadene. Le lendemain, il termine de nouveau 5e à Madonna di Campiglio en accompagnant les meilleurs, terminant à 38 secondes de Mikel Landa. Le jour suivant, il confirme cette grande forme lors de l'étape reine qui mène vers Aprica. Dans une journée mouvementée, il est avec les meilleurs dans le Mortirolo et est même quelques instants échappé. Il réalise une grande partie de la montée en tête et passe premier au sommet, seulement accompagné par le maillot rose Contador et par Landa. Il relaie par la suite Contador sur la route d'Aprica pour l'aider à distancer Fabio Aru en récompense de quoi le maillot rose ne lui disputera pas l'étape. Kruijswijk ne peut cependant pas suivre Landa dans le final et termine une nouvelle fois second mais intègre le top 10 et revêt le maillot bleu. Il le perd lors de la 19e étape au profit de Giovanni Visconti mais confirme sa place au général en terminant encore avec les meilleurs, à la 5e place à Cervinia. Pour la 20e étape, Kruijswijk vise la reconquête de son maillot bleu. Au pied du Colle delle Finestre, seul Zakarin subsiste devant le peloton. Visconti est lâché tôt dans l'ascension et par la suite le Néerlandais fait lui-même le train pour se débarrasser de Beñat Intxausti. Il y parvient et doit ensuite passer au minimum 3e au sommet pour s'assurer le maillot bleu. Cependant, il ne peut suivre dans la fin du col les attaques de Mikel Landa et Ryder Hesjedal, ne passant ainsi que 6e au sommet. Il termine finalement 5e de l'étape ce qui lui permet de se classer 7e au classement général, son meilleur résultat sur un Grand Tour. Il termine 3e du classement de la montagne, à 10 points de Giovanni Visconti. Cette fin de Tour d'Italie lui permet de nourrir des espoirs pour l'avenir. En effet, à partir du contre-la-montre de la 14e étape, Kruijswijk se classe 2e parmi tous les leaders, à 54 secondes de Contador. En juillet, il profite de sa forme sur le Tour de France, où il aide son coéquipier Robert Gesink à terminer à la 6e place du général. Il s'est également montré actif sur les étapes de montagne en partant dans les échappées, mais sans pouvoir décrocher de victoire.
En 2016, il participe au Tour d'Italie qu'il aborde comme chef de file de son équipe. Après une première semaine où il évite les pièges et reste parmi les meilleurs, il réalise un bon contre-la-montre à Greve in Chianti à l'occasion de la 9e étape ce qui lui permet d'aborder la haute-montagne dans le même temps que les grands favoris. Lors de la 14e étape il passe à l'attaque dans l'ascension de Valparola et n'est suivi que par Esteban Chaves. Le Colombien remporte l'étape mais Kruijswijk prend le maillot rose avec 41 secondes d'avance sur Vincenzo Nibali. Le lendemain, le Néerlandais assoit sa domination sur le contre-la-montre se déroulant sur les pentes de l'Alpe di Siusi. Là encore, la victoire d'étape lui échappe pour quelques dixièmes de secondes face à un surprenant Alexander Foliforov mais la défaillance de Nibali et les performances des autres leaders lui permettent d'avoir désormais plus de 2 minutes sur son dauphin Chaves. Son avance atteint même 3 minutes à la suite de la 16e étape qu'il termine pour la troisième fois consécutive à la seconde place derrière Alejandro Valverde. Bien parti pour remporter le classement final, Kruijswijk perd tout lors de la 19e étape. Répondant parfaitement aux attaques lors de l'ascension du Col Agnel, il est aux côtés de Chaves et Nibali au sommet mais dans les premiers virages de la descente il commet une erreur de trajectoire et vient percuter violemment un mur de neige. Quelque peu blessé, il repart malgré des soucis mécaniques et se retrouve esseulé pour le reste de la descente. Pointé à 55 secondes de ses principaux adversaires, il perd du temps dans la vallée malgré l'aide trouvée auprès de Carlos Verona et Bob Jungels. Nibali et Chaves profitent quant à eux du travail d'équipiers présents dans l'échappée avec Michele Scarponi et Ruben Plaza. Au pied de la montée finale qui emmène les coureurs à Risoul, Kruijswijk compte 2 minutes de retard. Usé et blessé, il perd encore du temps dans l'ascension et termine à 4 minutes 54 de Nibali ce qui le place 3e du classement général à 1 minute 5 de l'Italien. Touché physiquement avec une légère fracture aux côtes, il perd sa place sur le podium le lendemain au profit de Valverde dans le col de la Lombarde. Il termine finalement 4e de ce Tour d'Italie. Présent sur le Tour d'Espagne pour y viser le classement général, il subit une chute au cours de la cinquième étape. Atteint d'une fracture de la clavicule gauche, il ne repart pas le lendemain.