Steven Guilbeault, né le 9 juin 1970 à La Tuque (Québec), est un écologiste et homme politique canadien.
Cofondateur de l'organisation environnementale québécoise Équiterre, il en est le directeur principal et porte-parole de 2008 à 2018. Il travaille également pendant dix ans pour la branche canadienne de Greenpeace comme directeur et responsable de campagne au Québec.
Il est député à la Chambre des communes du Canada depuis le 21 octobre 2019, élu dans la circonscription de Laurier—Sainte-Marie sous la bannière du Parti libéral du Canada.
Il est ministre du Patrimoine canadien de 2019 à 2021, lors de son premier mandat, puis ministre de l'Environnement et du Changement climatique du 26 octobre 2021 au 14 mars 2025, et enfin ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes du 14 mars au 27 novembre 2025.
Steven Guilbeault naît à La Tuque le 9 juin 1970. Il affirme que son militantisme écologique aurait commencé dès l'âge de 5 ans : il aurait grimpé dans un arbre afin d’interrompre les travaux d'un promoteur immobilier qui abattait une parcelle boisée derrière chez lui.
Après des études collégiales en informatique qui l’intéressent peu, il s’inscrit d’abord en relations industrielles à l’Université de Montréal en 1989, puis migre l’année suivante en sciences politiques. Attiré par les relations internationales et l’étude des systèmes politiques, il s’intéresse également à la religion. Cela le pousse à effectuer une mineure en théologie, où il aborde les questions de morale internationale, de théologie de la libération, de pauvreté et d’environnement.
Le militantisme et l’engagement citoyen de Steven Guilbeault se cristallisent durant ses études universitaires. Il devient président de l’association étudiante de sa faculté et participe aussi aux activités de la Fondation canadienne des droits de la personne, une association de promotion des droits de l'homme. Il participe également aux activités de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Il fait la rencontre de François Rebello et de Nicolas Girard, qui deviendront des hommes politiques. Il se joint au Groupe de recherche en intérêt public (GRIP), issu du mouvement contestataire piloté par Ralph Nader, écologiste américain. Il y fait aussi la connaissance de Laure Waridel, de Sidney Ribaux et de François Meloche, avec qui il fondera l’organisme Équiterre quelques années plus tard.
Fondation canadienne des droits de la personne
Alors qu’il poursuit ses études, il travaillera pendant deux ans (1992-1993) pour la Fondation canadienne des droits de la personne, organisation vouée à l’éducation et la formation des enjeux entourant les droits de la personne.
À la suite du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, l’idée de créer une organisation citoyenne naît parmi son groupe d’amis. En 1993, ils fondent l’Action pour la solidarité, l’équité, l’environnement et le développement (ASEED), qui obtient le statut d’organisme à but non lucratif en 1995 et prend officiellement le nom d’Équiterre en 1998. Leur but est de proposer des solutions concrètes pour faire du Québec une société où le développement durable et l’économie sociale sont au cœur des actions et des préoccupations des citoyens, des organisations et des gouvernements. Steven Guilbeault fait partie du conseil d’administration d’Équiterre durant plusieurs années.
En 1997, Steven Guilbeault se joint à Greenpeace Canada en tant que responsable du dossier des changements climatiques. Il est nommé responsable de la campagne « Climat et énergie », puis directeur du bureau de Greenpeace au Québec en 2000. Il coordonnera aussi la campagne climat pour Greenpeace International en 2005.
Il réalisera quatre coups d’éclats pour Greenpeace. Son action la plus connue consiste en l’ascension de la Tour CN à Toronto en 2001, en compagnie du militant anglais Chris Holden. À l’époque, il s’agissait de la plus haute tour au monde. Après avoir gravi 340 m, ils y ont déroulé la banderole « Canada and Bush Climate Killers ». L’action visait à attirer l’attention de la planète une semaine avant la sixième conférence des Nations unies sur les changements climatiques, où serait joué le sort du protocole de Kyoto.
Il a aussi participé en 2005 à une expédition au Groenland, où il a pu constater l'important retrait des glaciers. En 2006, affirmant que le plan de lutte contre les gaz à effet de serre du gouvernement du Québec était excellent, il propose au gouvernement d'effectuer une tournée pancanadienne en compagnie de l'écologiste David Suzuki afin d'en faire la promotion et de contrer les « mensonges » et « demi-vérités du gouvernement Harper sur la question du protocole de Kyoto et des changements climatiques » .
Selon le journaliste Éric Moreault, il fait partie « sur la planète, du cercle restreint de ceux dont l'opinion compte sur les changements climatiques ».
Steven Guilbeault reste porte-parole de Greenpeace au Québec jusqu'en 2007, date à laquelle il annonce sa démission. Il retourne alors chez Équiterre, organisme qu’il a cofondé 15 ans plus tôt, afin de travailler sur la question des changements climatiques. Il y travaille en tant que directeur principal et porte-parole jusqu'en 2018.
De 2007 à 2009, il siège au conseil d'administration de l'Agence de l'efficacité énergétique du Québec. Il préside par ailleurs le comité sur les énergies renouvelables émergentes de 2009 à 2011 pour le compte du gouvernement du Québec.
Il fait partie du comité aviseur (ou comité conseil selon les gouvernements) sur les changements climatiques sous trois gouvernements du Québec successifs : ceux de Jean Charest (Libéral), de Pauline Marois (Parti québécois). Il copréside celui mis sur pied par le gouvernement de Philippe Couillard (Libéral) à partir de 2014.
« Steven Guilbeault est parmi les rares personnalités du monde environnemental avec qui il est important de rester en contact et dont il faut prévoir les réactions, parce qu’on sait que son opinion va compter », affirme à son égard Stéphane Dion, ancien ministre fédéral de l’Environnement et des changements climatiques (2004-2006), des Affaires intergouvernementales (1995-2003) et des Affaires étrangères (2015-2017). Selon Kalee Kreider, anciennement chez Greenpeace et directrice des communications d’Al Gore, Steven Guilbeault « a gagné le respect à la fois des gouvernements, des ONG et de l’industrie ».