Stefan Küng, né le 16 novembre 1993 à Wilen (Thurgovie), est un coureur cycliste suisse possédant aussi la nationalité liechtensteinoise. C'est un coureur polyvalent qui participe à des compétitions sur route et sur piste. Il est membre de l'équipe suisse Tudor Pro Cycling Team. En 2015, il devient champion du monde de poursuite et champion du monde du contre-la-montre par équipes. Il est aussi cinq fois champion de Suisse du contre-la-montre et une fois sur la course en ligne. En 2020 et 2021, il est double champion d'Europe du contre-la-montre.
La grand-mère de Stefan Küng est originaire du Liechtenstein. Sa mère a la double citoyenneté et elle l'a transmise à ses enfants. Il vit et court avec une licence suisse, mais est également citoyen du Liechtenstein, pays qu'il visite plusieurs fois par an pour voir ses oncles et tantes. Il a eu l'occasion de représenter le Liechtenstein au début de sa carrière, mais a ensuite été soutenu par la fédération suisse.
Küng a un fils né en juin 2022 et prénommé Noé.
Stefan Küng commence sa carrière internationale en 2010, avec les championnats d'Europe juniors à Ankara. Il termine huitième du contre-la-montre, sa discipline de prédilection. L'année suivante, il remporte le Tour de Berne juniors et une étape du Tour du Pays de Vaud. Toujours en 2011, associé à Théry Schir, il devient champion d'Europe de l'américaine juniors et aussi double champion de Suisse juniors (en contre-la-montre individuel sur route et de l'omnium sur piste). Dans la même année, il remporte deux médailles d'argent derrière Bob Jungels aux Jeux des petits États d'Europe, où il court pour le Liechtenstein. En fin de saison, il remporte lors des Six jours de Zurich, l'UIV Cup à Zürich avec Jan Keller.
En 2013, il rejoint l'équipe continentale BMC Development, réserve de l'équipe World Tour BMC Racing. En début d'année, il participe à la manche de la Coupe du monde sur piste à Aguascalientes. Il se classe deuxième de la poursuite par équipes et troisième de l'américaine. Aux championnats du monde sur piste, il décroche une médaille de bronze en poursuite individuelle. Il débute ensuite sa saison sur route, où il gagne le contre-la-montre des Jeux des petits États d'Europe, le championnat de Suisse du contre-la-montre espoirs et Giro del Belvedere. En juillet, il alterne à nouveau avec la piste et participe aux championnats d'Europe espoirs où il rafle trois médailles dont deux titres en poursuite et poursuite par équipes. Après être devenu champion de Suisse de poursuite, il prend en fin de saison la sixième place du championnat du monde du contre-la-montre espoirs.
En 2014, il annonce que son objectif « est de participer aux Jeux olympiques dans la poursuite par équipes, avant de [se] concentrer sur la route ». Il monte à trois reprises sur le podium lors de la manche de Guadalajara de la coupe du monde sur piste. Il participe ensuite aux mondiaux sur piste, où il se considère comme l'un des favoris de la poursuite. Il remporte la médaille d'argent de l'épreuve, battu par l'Australien Alexander Edmondson. Il gagne également le bronze de l'américaine avec Théry Schir et termine sixième de la poursuite par équipes. Sa saison sur route continue sur la lancée de l'année précédente, puisqu'il remporte fin mars le prologue et le général du Tour de Normandie. Annoncé comme l'un des favoris de Paris-Roubaix espoirs qui correspond à ses caractéristiques de coureurs puissants, il ne prend que la douzième place de l'épreuve. Après s'être adjugé la Flèche ardennaise, il devient quadruple champion d'Europe. Dans un premier temps, sur route, à domicile, il est double champion d'Europe espoirs. Puis, il ajoute deux nouveaux titres sur piste lors du championnat d'Europe sur piste espoirs en poursuite et poursuite par équipes. En juillet, il signe un contrat avec l'équipe BMC Racing pour la saison 2015. Aux mondiaux sur route, il décroche le bronze du contre-la-montre espoirs. En novembre, il est récompensé du Mendrisio d'argent.
En février 2015, il est champion du monde de poursuite individuelle face à l'Australien Jack Bobridge sur le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines. Sur route, il est vainqueur de la Volta Limburg Classic puis de la quatrième étape du Tour de Romandie. Lors du Tour d'Italie, il chute durant la douzième étape et se fracture une vertèbre, ce qui le prive de compétition pour plusieurs mois. En fin d'année, il remporte son deuxième titre de champion du monde (après la poursuite sur piste) avec l'équipe BMC Racing lors du championnat du monde du contre-la-montre par équipes. Il est élu cycliste suisse de l'année 2015.
En décembre 2015, souffrant d'une mononucléose, il déclare forfait pour les mondiaux sur piste 2016 à Londres. Avec l'équipe de Suisse de poursuite par équipes, il obtient sa qualification pour les Jeux olympiques 2016. En juin, il doit néanmoins déclarer forfait après une fracture de la clavicule gauche et de l'os iliaque gauche, lors du championnat de Suisse du contre-la-montre. De retour en compétition en septembre, il gagne avec BMC le contre-la-montre par équipes de l'Eneco Tour, puis obtient la médaille d'argent du championnat du monde de cette discipline, à Doha.
En début d'année 2017, Stefan Küng obtient deux nouvelles victoires en contre-la-montre par équipes, au Tour de la Communauté valencienne et sur Tirreno-Adriatico. Au printemps, il s'impose lors de la deuxième étape du Tour de Romandie, à Bulle, en battant au sprint Andriy Grivko, à l'issue d'une échappée. Il remporte le classement par points de ce Tour de Romandie. Au Tour de Suisse, il est deuxième du prologue, derrière Rohan Dennis, puis prend pour une journée la tête du classement général. Il est à nouveau battu par Dennis lors de la dernière étape, disputée contre la montre. Fin juin, il devient champion de Suisse contre-la-montre, devant son coéquipier et tenant du titre Silvan Dillier. Celui-ci remporte trois jours plus tard le titre de champion de Suisse sur route, Küng prenant la deuxième place. En juillet, il est au départ de son premier Tour de France, à Düsseldorf, avec un rôle d'équipier pour Richie Porte. Il prend la deuxième place de la première étape, à cinq secondes de Geraint Thomas, et revêt le maillot blanc de meilleur jeune. Après avoir participé à la RideLondon-Surrey Classic, il remporte la deuxième étape du BinckBank Tour, un contre-la-montre de 9 kilomètres tracé autour de Voorburg. Il prend à cette occasion le maillot de leader qu'il conserve pendant trois jours. Le mois suivant, il est troisième du Tour de Grande Bretagne, puis vice-champion du monde du contre-la-montre par équipes avec BMC.
En février 2018, il gagne à nouveau les contre-la-montre par équipes du Tour de la Communauté valencienne et de Tirreno-Adriatico. Sur les classiques flandriennes, alors qu'il court en soutien de son leader Greg Van Avermaet, il décroche une dixième place encourageante sur Grand Prix E3. Deux semaines plus tard, il se fracture la mâchoire lors d'une chute sur Paris-Roubaix et déclare forfait pour le Tour de Romandie. En juin, il gagne coup sur coup à domicile le contre-la-montre par équipes et le contre-la-montre individuel du Tour de Suisse, ainsi qu'un deuxième titre de champion de Suisse du contre-la-montre. Pour son deuxième Tour de France, il s'adjuge avec BMC le contre-la-montre par équipes de la troisième étape. Au mois d'août, il annonce qu'il quitte la formation BMC Racing et signe un contrat avec l'équipe Groupama-FDJ. Sélectionné pour représenter son pays aux championnats d'Europe de cyclisme sur route, il se classe septième de l'épreuve contre-la-montre. Il remporte une nouvelle fois la deuxième étape du BinckBank Tour, un contre-la-montre de 13 kilomètres, puis obtient la médaille de bronze au championnat du monde du contre-la-montre par équipes avec BMC.
Il change de statut dans l'équipe française, où il a un rôle de co-leader avec Arnaud Démare sur les classiques du Nord et où il doit aider Thibaut Pinot dans la perspective du contre-la-montre par équipes du Tour de France. Pour ses débuts avec Groupama-FDJ, il s'impose dès février lors du contre-la-montre du Tour de l'Algarve. Après des classiques printanières avec comme meilleur résultat une onzième place sur Paris-Roubaix, il gagne la deuxième étape du Tour de Romandie à Morges à l'issue d'une échappée de 172 kilomètres, dont les 18 derniers en solitaire. Il est ensuite pour la troisième année consécutive champion de Suisse du contre-la-montre, puis participe au Tour de France, où son leader Pinot abandonne à quelques jours de l'arrivée. En août, il est quatrième du championnat d'Europe du contre-la-montre, puis huitième du BinckBank Tour. Le mois suivant, il remporte en solitaire le Tour du Doubs, puis le contre-la-montre du Tour de Slovaquie, où il se classe également troisième du général. Aux mondiaux du Yorkshire, il termine dixième du contre-la-montre et remporte la médaille de bronze sur la course en ligne disputée dans des conditions météos difficiles. Battu au sprint par Mads Pedersen et Matteo Trentin, il offre à la Suisse une première médaille sur l'épreuve depuis l'argent de Markus Zberg en 1999. Plusieurs mois après la course, Stefan Küng raconte : « Quand je monte la dernière difficulté en tête, je fais l'effort pour lâcher Gianni Moscon. Mais je ne me mets pas à bloc car je pense que Trentin va me contrer et j'en garde un peu sous la pédale. Il ne l'a pas fait car il ne pouvait pas. À un moment, je me retourne et je vois que Pedersen a perdu cinq mètres. Avec le recul, je comprends aujourd'hui que si j’avais monté à bloc cette dernière difficulté, je serais sûrement champion du monde. ».