Ce Jour-là

Staurakios (empereur byzantin)

Empereur byzantin en 811

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Staurakios ou Stauracius (en grec : Σταυράκιος), né vers 778 et mort le 11 janvier 812, fut un empereur byzantin en 811 durant deux mois et il co-règna avec son père Nicéphore Ier de 803 à 811. Dans leur règne, Nicéphore Ier et Staurakios sont confrontés à une querelle des images dans la période iconoclaste. Ils vont adopter une politique de restauration des images. Ensuite, ils vont faire des réformes économiques pour rétablir la stabilité dans l'empire. Incidemment, il y a un retour de divers impôts et de taxations. Sur le plan de la politique extérieure, les Bulgares se montrèrent des ennemis puissants. À la bataille de Pliska le 26 juillet 811, face au Khan Kroum, les Byzantins furent anéantis. Dans cette bataille, Nicéphore Ier fut tué et son fils gravement blessé au dos. Étant donné sa blessure potentiellement mortelle et donc son incapacité à exercer le pouvoir, Staurakios ne règne que deux mois, du 26 juillet au 2 octobre 811. Son beau-frère, Michel Rhangabé, prit par la force le pouvoir avec l'aide des sénateurs à la suite d'un complot déjoué par celui-ci dans le but de l'aveugler. Devant ce fait accompli, Staurakios abdiqua, enfila l'habit monastique et se retira au monastère de Syméon. Il mourut le 11 janvier 812 dans de terribles souffrances.

Staurakios vécut dans l'ombre de son père. Les différentes sources, dont Théophane le Confesseur, et études ne montrent pas les accomplissements de celui-ci ou que très brièvement. Nous pouvons supposer qu'il travaille main dans la main avec son père dans les différentes entreprises politiques.

Staurakios (778-812) est le fils de Nicéphore Ier (760-811). Selon l'historien irlandais John Bagnell Bury, on ne connait pas la date exacte de sa naissance et de son lieu de naissance, mais nous savons qu'il est né après sa sœur Procopia, donc un peu après l'année 778. De plus, nous n'avons aucune information concernant le nom de sa mère. Pour ajouter, nous n'avons très peu de sources du début de la vie de Staurakios, soit de 778 à 803, nous ne connaissons pas le genre d'éducation qu'il a reçue ou s'il a même reçu une éducation militaire, même si l'on peut vraisemblablement l'affirmer. Les différentes sources et études sont orientées principalement sur son père Nicéphore. C'est à partir de décembre 803 lorsqu'il devient co-empereur avec son père que nous pouvons le retrouver dans les écrits. Selon un historien contemporain de Byzance, Théophane le Confesseur (758-817), Staurakios n'est pas approprié pour l'office, il manquerait de vigueur et de tempérament. Cet historien vouait une grande haine contre son père, le considérant comme un tyran, donc à ses yeux cette famille n'était pas assez digne pour régner.

Pour comprendre le co-règne de Staurakios et de Nicéphore Ier, il faut d’abord se situer dans la période de leur règne. Depuis Léon III l'Isaurien (680-741) et Constantin V (718-775), nous assistons à une tentative de réforme de la religion à travers la destruction des images saintes. La querelle des images nous la situons en deux phases, la réforme iconoclaste de 726 à 780 et la restauration des images de 780 à 813. Leur règne coïncide avec cette dernière période. Ainsi, après la mort de Léon IV le Khazar (750-780) fils de Constantin V, il y eut une période d’apaisement sous Irène l'Athénienne (752-803) veuve de Léon IV. Elle est d’abord régente de 780 à 790 et empereur (impératrice) de 797 à 802. Pour asseoir son pouvoir, elle agit d'une main de fer en écartant les différents adversaires, comme aveuglant son propre fils Constantin VI (771-797) en 797 pour reprendre le total contrôle de l'empire. Cependant, elle réussit dans une relative paix à faire la restauration des images, sans un bain de sang, en octobre 787 sous le deuxième concile de Nicée. Par contre, son accent sur les images a été tel que l'empire sur le plan territorial et économique s'en trouve totalement affaibli et appauvri. De plus, en voulant se venger des Arméniaques, elle a bouleversé les thèmes de l'Asie mineure. Par conséquent, les Arabes font des incursions jusqu'aux rives du Bosphore. Ses différentes inconsistances politiques, notamment ses mauvaises relations avec Charlemagne (742-814), l'ont mis dans une position insoutenable. Des fortes oppositions à son règne se galvanisèrent. Finalement, un coup d'État eut lieu en 802 et Nicéphore Ier, ancien ministre des finances d'Irène (logothète général), prit sa place.

Co-règne de Nicéphore Ier et Staurakios

Le nouvel empereur voulait d'abord asseoir son autorité sur les différentes institutions. La nomination de son fils Staurakios comme co-empereur en un bon exemple. Ainsi, il demanda la soumission intégrale de l'Église à son pouvoir, mais en restant fidèle à l'orthodoxie et au culte de l'image. Pour conséquent, il poursuivait les réformes d'Irène dans la restauration des images. Nicéphore répudiait les violences iconoclastes. Pour défier l'autorité ecclésiastique, il nomma, en 806, son homonyme Nicéphore Ier de Constantinople (758-828), un laïc, comme patriarche allant de facto contre les règles monastiques. Il était considéré par l'orthodoxie, notamment représenté par les Studites, comme un néophyte qui n'avait pas la capacité pour assumer sa fonction. Cependant, Nicéphore Ier le patriarche réussit malgré les oppositions et continua la lutte contre l'iconoclasme dans le but de restaurer les images.

Nicéphore Ier l'empereur concentra ses efforts à redresser l'économie de l'Empire. Il augmenta l'assiette fiscale pour pallier le désastre économique de l'ère d'Irène. Il enleva les allègements fiscaux consentis sous l'ancien règne et promulgua un nouvel impôt pour tous les sujets, soit un droit de deux keratia pour l'enregistrement des différentes contributions. De plus, il supprima l'exemption accordée à l'Église, l'impôt de fouage fut ramené. Pour ajouter, il implanta un système de responsabilité économique. Plus spécifiquement, chaque circonscription fiscale devait payer un montant préalablement décidé. Si elle n'arrivait pas à le payer, les voisins devaient payer la note. Ce système se nomme Nomos Georgikos. Les taxes de successions et d'inventions furent ramenées. Pour continuer, une taxe de deux nomismata s'ajouta sur les esclaves achetés en dehors des frontières douanières d'Abydos. Finalement, l'État se réserva le monopole du prêt à intérêt. Ces diverses réformes de l'économie permirent à l'Empire byzantin maintenant restructuré financièrement de créer un système de service militaire pour les plus pauvres, augmentant le nombre total de soldats, et l'établissement de différentes places fortes pour mieux protéger l'Empire.

En premier lieu, l'empereur veut redonner un meilleur prestige à l'Empire. Il veut revenir sur tous les pactes humiliants qu'Irène avait signés. Il veut mettre de l'avant une politique extérieure plus affirmée. Des disputes s'enclenchèrent avec les Francs sur la possession de Venise et de la Dalmatie. En 807, Nicéphore envoya une expédition dans l'Adriatique et réussit à reprendre ces deux villes. Par contre, en 809-810, le fils de Charlemagne, Pépin d'Italie (777-810), roi des Lombards, envahit toute la Vénétie. Par la suite, pour que Byzance accepte la légitimité royale de Charlemagne, celui-ci se sépara de la ville de Venise. Par conséquent, c'est en 811 que Venise retourna sous le pouvoir de Byzance.

À l’est de l’empire, il y a toujours la menace grandissante des Arabes incarnée par le calife d'Hâroun ar-Rachîd (765-809). De plus, il ne faut pas oublier le siège de Constantinople qui eut lieu de 717-718 qui a pratiquement fait basculer l'Empire dans le néant. À la suite de la nomination du commandant en chef des thèmes de l’Asie mineure, Bardanès Tourkos, il y eut une guerre civile. Cela donna une ouverture pour le calife et il décida d'attaquer cette région. En 806, le calife avec une très grande armée occupa Tyane et la région d'Ancyre en plein territoire byzantin. En 807, Nicéphore Ier fut obligé de traiter avec le calife et il dut accepter des conditions humiliantes, dont payés des tributs annuels et un versement en son nom propre de trois pièces d'or à titre de capitation. La mort du calife en 809 produisit un grand relâchement entre Arabes et Byzantins.

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