Ce Jour-là

Stanis Bujakera Tshiamala

Journaliste congolais (RDC)

Anúncio

Stanis Bujakera Tshiamala, né le 21 août 1990 à Kinshasa, est un journaliste congolais et reporter travaillant pour le magazine panafricain Jeune Afrique, correspondant de l'agence de presse britannique Reuters et est, depuis 2016, directeur de publication adjoint chez Actualite.cd. En 2019, il est classé par le Magazine Kivuzik parmi les 50 personnalités les plus influentes en République démocratique du Congo.

Stanis Bujakera Tshiamala est né le 21 août 1990 à Kinshasa, où il grandit. Il est le fils d'un ingénieur électricien et pasteur d'une église protestante, Matthieu Ntita Tshiamala, et d'Odia Mbombo Kalombo.

Il se passionne pour le journalisme et la communication dès son plus jeune âge. Il est titulaire d'un diplôme de journalisme de l'École de formation des journalistes et informaticiens de Kinshasa.

Il poursuit ses études en information et sciences de la communication à l'université pédagogique nationale jusqu'à l'obtention d'un diplôme. Il va ensuite à l'Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication mais, à la suite de difficultés financières, il abandonne au cours de sa première année de formation.

Il commence sa carrière de journaliste en 2011 au sein du comité de rédaction de la radio RTVS1 après un stage professionnel. Parallèlement, il étudie à l'université cardinal Malula où il part avec un mémoire. Par la suite, Stanis Bujakera élargit ses horizons jusqu'à ce qu'il devienne Desk reportage manager du site Politico.cd jusqu'en 2016, puis correspondant de l'agence de presse britannique internationale Reuters et journaliste du magazine panafricain Jeune Afrique. Il est journaliste à Actualite.cd depuis sa création en 2016 par le cofondateur de Politico.cd et directeur de la station de radio Univers FM RDC, le journaliste Patient Ligodi.

Il est arrêté ou brutalisé sous la présidence de Joseph Kabila.

2016 : Menacé de mort sur Facebook et au téléphone

Stanis Bujakera, à l'époque journaliste à la Radio et télévision par satellite (RTVS), a déposé le 2 février 2023 au tribunal de grande instance de Gombe, une plainte contre un cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Claude Mashala. Ce dernier l’aurait menacé de mort sur Facebook et au téléphone.

2023 - 2024 : Accusation liée à l'assasinat de Chérubin Okende

Arrestation à Kinshasa et emprisonnement en septembre 2023

Le journaliste congolais Stanis Bujakera a été arrêté dans la soirée du 8 septembre 2023 à l'aéroport international de Kinshasa-Ndjili alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour une mission à Lubumbashi. Correspondant pour Jeune Afrique et Reuters, il a été injustement accusé de propagation de faux bruits et de diffusion de fausses informations dans l’affaire en lien avec l’assassinat de Chérubin Okende Senga.

Chérubin Okende Senga, ancien ministre des Transports et proche de l’opposant politique Moïse Katumbi, a été retrouvé mort le 13 juillet 2023 dans sa voiture à Kinshasa. Porté disparu la veille de sa mort, après avoir été vu pour la dernière fois à la Cour constitutionnelle, son corps présentait des blessures par balle, ce qui a immédiatement soulevé des soupçons d’assassinat. Le président Félix Tshisekedi a condamné cet acte et a ordonné l’ouverture d’une enquête pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce décès.

Les accusations portées contre Stanis Bujakera sont liées à un article publié par Jeune Afrique, mettant en cause les renseignements militaires dans l'assassinat de l'ancien ministre Chérubin Okende. Bien qu’il ne soit pas l'auteur de cet article, les autorités congolaises l'ont tout de même arrêté, affirmant que l'article se basait sur un document falsifié. Cette situation a été vivement critiquée par des organisations de défense des droits de l'homme, qui y voient une tentative de museler la presse en période électorale.

Le 14 septembre 2023, Stanis Bujakera est transféré à la prison centrale de Makala à Kinshasa, malgré les nombreux appels à sa libération. Le ministre congolais de la Communication, Patrick Muyaya Katembwe, a exprimé ses regrets quant à l'incarcération d'un journaliste, tout en soulignant l'importance de la liberté de la presse dans une démocratie.

Le procès de Stanis Bujakera, ouvert le 13 octobre 2023, a été marqué par de nombreuses irrégularités et incohérences dans le dossier d’accusation. Entre autres, le fait que le ministère public l’accuse d'avoir produit la note, avant d'affirmer que le journaliste l'a reçue sur la messagerie Telegram. Les preuves présentées par le ministère public, notamment une analyse technique des métadonnées d’un document prétendument falsifié, ont été contestées par des experts indépendants. Ces derniers ont affirmé que les méthodes utilisées pour identifier Stanis Bujakera comme l’auteur du document étaient techniquement impossibles.

Le 27 novembre 2023, une enquête menée par un consortium de médias d’investigation, Congo Hold-Up, indique que les affirmations du ministère public ayant accusé Stanis Bujakera sont fausses. Le réseau social Telegram affirme aussi qu’il est techniquement impossible d’identifier l’adresse IP d’un expéditeur grâce aux métadonnées d’une pièce jointe. « Telegram a été spécialement conçu pour protéger les personnes qui protestent ou s’expriment sous des régimes autoritaires. Lorsque les utilisateurs utilisent l’option “Envoyer une photo ou une vidéo”, Telegram supprime toutes les métadonnées », explique Rémi Vaughn, porte-parole de Telegram.

Toujours en novembre 2023, une autre enquête, cette fois publiée par Reporters sans frontières a aussi prouvé l'innocence de Stanis Bujakera. Deux sources sécuritaires qui connaissent bien les arcanes de l’agence ont confirmé à RSF que le document ressemblait en tous points à ce que peut produire l’ANR sur ce type d’événement. “Dans l’armée, on appelle ça un bulletin d’information ou un rapport d’incident. le document ne reflète pas forcément la position finale de l’Agence vouée à être transmise au chef de l’État à propos du meurtre de l’opposant politique, mais il est affirmatif, il vient bien d’elle”, confie un haut gradé qui souhaite rester anonyme.

Une source proche de la présidence confirme qu’il s’agit d’une “note adressée à la hiérarchie attendant vérification, analyse et enquête minutieuse”. Elle aborde que “tout le monde sait que ce document vient de l’ANR, probablement d’un échelon inférieur pour ensuite être traité”. Et plusieurs sources diplomatiques, affirmant son authenticité, indiquent avoir également reçu cette note au mois d’août. « Si l’accusation avait réellement eu pour intention d’identifier la provenance de ce document, il eût été très simple de constater qu’il avait déjà circulé avant même que le journaliste ne l’obtienne. Avec des accusations qui ne tiennent pas, que cherchent réellement ceux qui ont décidé d’arrêter ce journaliste ? Maintenant qu’un procès s’est ouvert malgré l’absence totale d’éléments à charge, Stanis Bujakera devrait au moins pouvoir défendre son honneur et son intégrité en homme libre », dénonçait Reporter Sans Frontière.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Stanis Bujakera Tshiamala | World in Stories