Stanisław Wawrzyniec Staszic, né le 6 novembre 1755 à Piła et mort le 20 janvier 1826 à Varsovie, est un ecclésiastique, scientifique, écrivain et homme d'État polonais de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle, dont l'œuvre et l'action se situent dans la tradition du Siècle des Lumières.
Explorateur, auteur de la première carte géologique de Pologne, découvreur du charbon à Dąbrowa Górnicza, il est considéré comme le père de la géologie polonaise. Il a contribué de façon notable à la démocratisation de l’instruction publique et au développement des sciences et de l’industrie polonaises.
Il est aussi le créateur de la première coopérative agricole en Europe.
Origines familiales et formation
Stanisław Staszic est né à Piła, ville de Grande-Pologne, dont son père, Wawrzyniec Staszic, était bourgmestre.
Il fait sa scolarité dans le prestigieux Collegium Posnianae, tenu par les Jésuites, puis au séminaire, où il obtient son diplôme et est ordonné prêtre en 1778. Tout au long de ses études, il a travaillé comme précepteur.
En 1779, il part poursuivre ses études à l'étranger, d'abord à l'Université de Leipzig puis à Göttingen, enfin à Paris, au Collège de France où il assiste à des cours de physique et de sciences naturelles de Louis Jean-Marie Daubenton et de Mathurin Jacques Brisson et où il fait connaissance avec Buffon, dont il sera plus tard le traducteur en polonais. Il est possible que ce voyage ait été financé par le chancelier de Pologne Andrzej Zamoyski, rencontré par Staszic en 1772.
Durant son voyage de retour, Staszic fait un détour par les Alpes et les Apennins. Ce voyage éveille son intérêt pour les études géologiques et socio-économiques.
Au service du chancelier Zamoyski (1781-1790)
À l'automne 1781, il entre au service du chancelier Zamoyski et de son épouse Constance Czartoryska, en tant que précepteur de leurs trois enfants, Aleksander (1770-1800), Anna Jadwiga (1772-1859) et Stanisław (1775-1856), vivant avec la famille à Bieżuń (Mazovie) ou à Varsovie, selon la saison.
En 1782, Staszic obtient un doctorat de droit et de lettres françaises à l'Académie Zamoyski située à Zamość, dans la partition autrichienne de 1772.
En 1783, les Zamoyski s'établissent de façon permanente dans leurs domaines de Zamość. Durant cette période, Staszic est toujours gouverneur des enfants, mais aussi conseiller économique et ami de la famille. Il donne des cours de langue française à l'Académie Zamoyski jusqu'à sa fermeture en 1784 par les autorités autrichiennes. Il traduit des ouvrages du français en polonais et écrit des traités sur des sujets divers.
En 1787, Staszic publie ses Remarques sur la vie de Jan Zamoyski, dans lesquelles, sous couvert de la biographie d'un homme du XVIe siècle, il promeut des réformes importantes du système politique polonais : réforme du servage, réduction du rôle de la noblesse, renforcement du pouvoir du gouvernement. En 1790, paraissent les Mises en garde pour la Pologne. Bien que Staszic ne participe pas aux travaux de la Diète de Quatre ans (1788-1792), cet ouvrage joue un rôle dans l'élaboration de la Constitution du 3 mai 1791.
En 1789, il entreprend des voyages dans les domaines des Zamoyski et poursuit ses observations de tous ordres. Chercheur inlassable, Staszic note tout ce qu'il remarque dans son journal, qui est parsemé d’indications sur l’agriculture, la géologie, l’économie, l’art, la population, l’artisanat, les monuments, les phénomènes naturels, les coutumes populaires dans les contrées qu’il parcourt.
En 1790-1791, il accompagne les Zamoyski au cours d'un voyage en Italie.
Au service de la Pologne (1794-1806)
Après la mort d'Andrzej Zamoyski (1792), il reste au service d'Anna Jadwiga qui épouse en 1794 Alexandre Sapieha. Il est leur conseiller et gestionnaire des biens ; en échange, Anna achète pour lui un domaine à Hrubieszów (en tant que bourgeois, Staszic n'a pas le droit de posséder des terres). Staszic va aussi intéresser Sapieha aux études géologiques.
Staszic soutient l'insurrection de Kosciuszko en 1794 dont la défaite a pour conséquence le troisième partage de la Pologne (1795).