Le Stade de France est un stade multifonction situé à Saint-Denis, dans la proche banlieue nord de Paris, dans la région Île-de-France. C'est le plus grand stade français, capable d'accueillir événements sportifs, concerts et spectacles avec une capacité modulable (80 698 places en configuration football ou rugby). Contrairement à la majorité des autres stades, il ne dispose pas de club résident et est possédé par l'État.
Construit pour les besoins de la Coupe du monde de football 1998, avec une jauge supérieure au Parc des Princes, il est inauguré le 28 janvier 1998 par le président de la République Jacques Chirac. Son architecture s'inspire du Worldport, un terminal de la compagnie aérienne américaine Pan Am qui se situait à l'aéroport John-F.-Kennedy de New York.
En plus de la Coupe du monde 1998, l'enceinte a également accueilli deux finales de Coupe du monde de rugby à XV (en 2007 puis en 2023), celle du championnat d'Europe de football 2016, et de trois Ligues des Champions (2000, 2006 et 2022), en plus des Championnats du monde d'athlétisme en 2003. En 2024, le Stade de France devient enfin stade olympique, accueillant les épreuves d'athlétisme et de rugby à sept ainsi que les cérémonies de clôture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Il est de ce fait la première et seule enceinte sportive de l'histoire à avoir accueilli finale de Coupe du monde de football, finale de Coupe du monde de rugby, et Jeux Olympiques.
Sa capacité, sa localisation, et surtout son histoire sportive en font l'un des lieux les plus prestigieux du sport français, malgré sa jeune existence. L'équipe de France de football y remporte la Coupe du monde en 1998, seulement quelques mois après son ouverture, et arrive jusqu'en finale lors de l'Euro 2016; l'équipe de France masculine de rugby à sept y remporte le tournoi des Jeux Olympiques de Paris 2024 ; enfin, l'équipe de France d'athlétisme y bat son record de médailles lors des Championnats du monde 2003.
Son histoire a enfin été marquée par les attentats du 13 novembre 2015, lors du match amical France-Allemagne, où trois explosions dans le périmètre du stade ont fait, outre les terroristes, un mort et plusieurs blessés.
Le projet d'un nouveau grand stade francilien est initié en 1988 par le Premier ministre Jacques Chirac alors que la France est candidate pour organiser la Coupe du monde de football 1998. Les noms de plusieurs sites potentiels sont retenus : Vincennes, Nanterre, Marne-la-Vallée ou encore Tremblay-en-France. En 1991, le Premier ministre Michel Rocard tranche pour la ville nouvelle de Melun-Sénart. Le maire de Paris Jacques Chirac critique ce choix, considérant que, situé à 35 km de Paris, le site ne sera pas assez accessible ; il refuse alors que la ville de Paris finance le projet.
Le 2 juillet 1992, la Fédération internationale de football association (FIFA) choisit la France pour organiser la Coupe du monde. En contrepartie, la France s'engage à construire un stade d'une capacité de 80 000 places assises et couvertes. Il y a plus de 70 ans que l'État n'avait pas construit de stade (stade Yves-du-Manoir à Colombes pour les Jeux olympiques d'été de 1924), laissant les villes opérer seules dans ce domaine.
Le Premier ministre Édouard Balladur enterre le projet de Melun-Sénart et choisit Saint-Denis, proposition qui avait déjà été suggérée en 1988. L'accueil du Grand Stade à la Plaine Saint-Denis est accepté par le maire communiste Patrick Braouezec à la condition que l'implantation sur le site d'une friche industrielle permette d'accélérer le projet urbain de ce quartier marqué par la désindustrialisation. La création de deux stations de RER, la couverture de l'autoroute A1 et la naissance d'un nouveau quartier d'affaires sont alors négociées par le maire.
Fin 1993, le gouvernement lance un concours international d'architecture. Le jury de sélection examine les projets de 19 consortiums, associant des entreprises de travaux publics et des agences d’architectes : celui de Macary-Zublena-Regenbal-Costantini et celui de Jean Nouvel sont retenus. Mieux noté par ce jury (10 voix contre 4), le projet de Nouvel est exclu par le gouvernement Balladur en raison officiellement d'un surcoût par rapport au consortium SGE-Bouygues-Dumez qui porte le projet des architectes Zublena-Macary. Saisies par Nouvel, la Cour des comptes et la Commission européenne estimeront en juillet 1996 que l'appel d'offre et le traité de concession définitif, signé entre les deux tours de la présidentielle, étaient trop favorables au consortium et s'interrogeront sur la pertinence financière et même la valeur juridique de ces choix. Le projet de Nouvel proposait la construction d'un stade rectangulaire qui aurait été le premier en France à se doter d'un toit amovible, ce qui aurait permis de jouer par n'importe quel temps, dans de bonnes conditions. Il proposait également une modularité inédite avec les quatre tribunes qui s'écarteraient et se déplaceraient sur des roues et des coussins d'airs. L'architecte justifie cela car une piste d'athlétisme provoque au moins le recul de 17 mètres des tribunes du terrain et proposait même un dispositif arena (l'équivalent serait le stade Pierre-Mauroy).
Seul l'État pouvait conduire un investissement de cette envergure. La concession est la réponse à l'importance du coût. Le principe, inédit pour la construction d’un équipement sportif, est le suivant : le concessionnaire privé prend à sa charge la construction et l'exploitation du stade, et obtient en échange de l'État une concession de 30 ans et une participation financière à son investissement. Ce principe, envisagé dès 1988, a eu des conséquences importantes sur le choix du site (qui devait être bien desservi et proche de Paris) et sur la polyvalence du programme (compétitions de haut niveau en football, rugby et athlétisme, spectacles et manifestations de grande envergure). Après le choix des constructeurs et la signature du permis de construire (le 30 avril 1995), il ne restait plus que 31 mois pour bâtir le stade.
Le chantier commence le 2 mai 1995 mais la pose de la première pierre a lieu le 6 septembre 1995. La construction du Stade de France a fait appel à la fois à des techniques de travaux publics (structures des gradins, haubans et ancrage du toit) et de bâtiment (locaux intérieurs, surfaces habitables sous les gradins, façades vitrées).
L'une des caractéristiques de ce chantier fut sa rapidité d'exécution. Les 800 000 m2 de terrassement ont été effectués en cinq mois et les 180 000 m3 de béton coulés en un an. Les aménagements techniques, la pose du toit, l'installation de la tribune mobile de 25 000 places se sont également effectués en un an. En outre, 40 000 plans ont été nécessaires.
Longtemps nommée « Grand Stade », l'enceinte de la Plaine Saint-Denis (située géographiquement dans le pays de France) fit l'objet d'un concours d'idées lancé par le ministre des Sports Guy Drut ainsi qu'une consultation populaire sur Radio France. Le nom de Michel Platini, alors co-président du comité d'organisation du Mondial, fut le plus souvent cité, mais refusé de son vivant par l'intéressé. Celui de François Mitterrand, trop politique, fut écarté par le jury. Le 4 décembre 1995, Guy Drut déclara : « Le stade que la France entière attendait depuis si longtemps… s'appellera tout simplement Stade de France ».
Inauguration du Stade de France
Avant l'inauguration en grande pompe, un match de football a lieu le 19 novembre 1997 opposant les « bâtisseurs du Stade » (plusieurs dizaines d'ouvriers sélectionnés) au Variétés Club de France. Il s'agit à la fois d'un test technique et d'une fête de fin de chantier.
Le stade est livré le 30 novembre 1997.
Le stade est inauguré le 28 janvier 1998 lors du match de football France – Espagne, en présence de Jacques Chirac, président de la République. Zinédine Zidane marque l'unique but de la rencontre, le premier au Stade de France.
Le soir du match, l'événement est présenté au journal de 20 heures de France 2 comme un événement historique, Daniel Bilalian déclarant que « pour la première fois de son histoire, la France possède un stade digne de son football ». Le stade vient d'être inauguré quelques minutes plus tôt par le président de la République, dont la présence confère à cet événement une importance de dimension nationale. La nouvelle enceinte est comparée à une « cathédrale du sport que l'on attendait depuis presque un siècle », traduisant là l'attente du football français, et les conséquences pour l'équipe de France pour laquelle il y a désormais « un avant et un après ». Un grand stade en France s'apparentait à un rêve fantasmagorique, tel un « serpent de mer ou une chimère » selon le journaliste, le rêve est pourtant devenu réalité le 28 janvier 1998 à l'occasion d'un match amical opposant l'équipe de France à l'équipe d'Espagne. La France avait été sacrée championne d'Europe en 1984 mais ne disposait toujours pas de grand stade alors que toutes les grandes nations disposaient de stades pouvant accueillir près du double de la capacité du Parc des Princes. La finale de la coupe du monde en 1982 s'était déroulée devant 90 000 personnes à Madrid.