Ce Jour-là

Stéphane Zagdanski

Essayiste français

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Stéphane Zagdanski est un romancier, essayiste et artiste français, né à Paris le 28 avril 1963.

Stéphane Zagdanski est le troisième garçon d'une famille juive ashkénaze dont les grands-parents ont émigré de Pologne au début du XXe siècle.

Peu avant sa naissance, à Paris, ses parents déménagent avec ses deux frères dans la banlieue ouest de Paris, où le jeune Stéphane mènera une enfance qu'il décrit dans ses mémoires comme parfaitement épanouie.

À vingt ans, en même temps qu'il poursuit des études de philosophie à la Sorbonne, la lecture d'Emmanuel Levinas l'introduit au Talmud et à la pensée juive, laquelle l'enthousiasme aussitôt pour le mélange de profondeur et de fantaisie qui caractérise la littérature selon lui.

À vingt-trois ans, il passe une maîtrise de philosophie, intitulée « Les voix de la Loi », inspirée par l'œuvre de Levinas, en même temps qu'il écrit un roman resté inédit.

Sitôt sa maîtrise obtenue, il se consacre à l'écriture en différents genres, et par la suite, à d'autres formes d'expression artistique.

En décembre 1987 paraît dans la revue Pardes sa première étude consacrée à la pensée juive, intitulée « La Chair et le Verbe », reprise en volume en 2003 dans Fini de rire. Il s'agit d'une réflexion sur l'incarnation selon l'axe thématique de la putréfaction dans la littérature rabbinique.

En octobre 1989, la revue Les Temps Modernes publie une étude où Zagdanski mêle à une méditation sur Le Château de Kafka des considérations sur le temps dans la pensée juive.

En 1991, paraît aux éditions du Félin son premier ouvrage, L'Impureté de Dieu : Souillures et Scissions dans la pensée juive. Rendant hommage à la mystique et à la pensée juives, Zagdanski reprend quelques éléments de son étude « La Chair et le Verbe » et tâche d'analyser le thème de l'impureté selon diverses perspectives bibliques et rabbiniques, parmi lesquelles la création du monde, le péché originel, la babélisation des langues, l'herméneutique, le rituel, etc. « Cela donne », écrit John Gelder, « un dialogue étonnant, roboratif ou obsessionnel avec les mots, à l'instar d'un Dieu joueur et désinvolte. »

En 1993, Zagdanski publie chez Gallimard, dans la collection de Philippe Sollers, Céline seul, un essai où il tente de résoudre la question complexe de l'antisémitisme de Céline, et du rôle cathartique que cette furie pamphlétaire a pu jouer dans l'élaboration de son génie romanesque. « La méthode de Zagdanski », écrit John Gelder, « est une approche passionnante des textes et des déclarations de Céline : méthode talmudique, l'auteur le dit tout net, qui consiste à confronter différents niveaux interprétatifs, à ne pas trancher en lieu et place du lecteur. »

Soulignant l'hostilité globale de la réception critique à cet essai, l'écrivain Michel Host justifia dans la Revue des Deux Mondes le parti-pris mystique et littéraire de Céline seul : « L'entreprise de Stéphane Zagdanski me paraît paradoxale en ce qu'elle tend à assimiler Céline, et singulièrement celui des “pamphlets”, à ce que ces derniers désignent singulièrement comme l'inassimilable, comme l'autre-à-jamais-répulsif, le Juif. C'est un tel paradoxe et ses causes qu'il faudrait interroger au lieu de vouer aux gémonies l'auteur de Céline seul et son livre. »

Poursuivant le parallèle établi dans Céline seul entre Céline et Proust, paraît en 1994 chez Gallimard Le Sexe de Proust, essai qui questionne les frontières imaginaires entre « normalité » et « inversion » dans À la recherche du temps perdu, frontières que Proust, selon Zagdanski, ne s'est jamais interdit de traverser en pensée.

« Sa démonstration extraordinairement enlevée », écrit Jacques Franck, « vise à établir que “la révélation primordiale de la Recherche est l'hétérosexualité de l'écriture, ce que Proust n'a découvert qu'autant qu'il était lui-même hétérosexuel dans l'âme, comme on est circoncis du cœur. L'âme… le corps… le cœur… l'esprit…, toute une théologie - la catholique - en dehors de quoi il est ridicule de prétendre lire Proust, comme d'espérer faire aimer Sade à un mormon.”»

En 1995, Zagdanski publie chez Julliard De l'antisémitisme, un essai sur la « question juive », considérée à la lumière de l'exégèse midrachique de l'histoire de Balak et Balaam dans le livre des Nombres, exégèse entremêlée de dialogues avec deux complices imaginaires et anagrammatiques, ainsi que de nombreux petits récits vécus.

« Ni étude, ni thèse, ni pamphlet », écrit Josyane Savigneau, voici une sorte de traité, très personnel, paradoxal et provoquant comme son auteur, mêlant le journal intime, le roman (dialogues avec des personnages qui sont des sortes de doubles), l'essai, et jouant sans cesse de la digression, de la dérision.»

La parution de ce quatrième essai de Zagdanski est l'occasion pour Sébastien Lapaque de souligner l'unité d'une démarche entreprise depuis L'impureté de Dieu: « Zagdanski bâtit une œuvre cohérente. Il n'abandonne pas un sujet une fois qu'il l'a traité, mais le réintègre à sa réflexion qui avance continuellement, en bousculant les idées reçues sur son passage. »

S'estimant caricaturé dans le chapitre «Une soirée juive» du livre, le psychanalyste Daniel Sibony intente un procès à Zagdanski. Ce dernier est condamné au franc symbolique, et les noms des personnages du chapitre seront modifiés dans la Seconde édition de 2006 aux Éditions Flammarion/Climats.

De l'antisémitisme vaut à Zagdanski l'expérience de ses premières invitations sur les plateaux télévisés français et une notoriété médiatique naissante.

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