Les sous-marins nucléaires d'attaque (abrégés en SNA en français et SSN pour « Ship Submersible Nuclear » selon le code OTAN) sont des sous-marins à propulsion nucléaire. Contrairement aux SNLE qui ont pour seule mission la dissuasion nucléaire, les SNA sont destinés à des missions de protection, de renseignement et de projection de puissance.
Le premier de ce type de navires de guerre fut l'USS Nautilus de l'US Navy qui entra en service en 1955.
Avantages par rapport aux sous-marins classiques
Les sous-marins d'attaque classiques (désignés dans le code OTAN par le code SSK) sont également conçus pour ces missions. La propulsion nucléaire, totalement indépendante de l'atmosphère, apporte aux SNA un avantage déterminant en mobilité et en discrétion :
Alors que les sous-marins classiques sont contraints de remonter en surface (ou de recourir à l'immersion périscopique en utilisant un schnorchel) pour alimenter les moteurs diesel en air (oxygène) et ainsi recharger leurs batteries électriques après quelques dizaines d'heures de plongée aux moteurs électriques (quelques jours pour ceux dotés de propulsion AIP), les rendant ainsi détectables et vulnérables, les sous-marins à propulsion nucléaire peuvent rester plusieurs mois en plongée, préservant ainsi leur discrétion.
Ils peuvent également conserver longtemps des vitesses importantes en plongée, vitesses qu'un sous-marin classique ne maintient que quelques dizaines de minutes en vidant entièrement ses batteries.
Voir article connexe pour opérationnel
La marine chinoise a mis en service son premier SNA en août 1974, retiré aux alentours de 2000, celui-ci a été transformé en 2016 en navire-musée. Cinq de ses navires du Type 091 (Code OTAN : Classe Han) ont été lancés entre 1970 et 1990. Basés à Qingdao, ils commencent, dans les années 2000, à être relevés par les navires Type 093 (Classe Shang) dont le premier est entré en service en décembre 2006 construit à six unités puis par les Type 095 qui doivent entrer en service dans les années 2020.
L'United States Navy a été la première marine à utiliser la propulsion nucléaire navale. Dans la seconde moitié des années 1980, elle a aligné jusqu'à 96 SNA en 1987 et en envisagé une centaine en 1988.
En novembre 1986, cette flotte comprenait:
3 batiments d'expérimentations / prototypes
2 anciens SNLE convertis en SNA
Avec le retrait en 1990 du dernier exemplaire de sous-marin conventionnel de la classe Barbel, tous ses sous-marins de combat sont à propulsion nucléaire. Avec la disparition de la marine soviétique, elle dispose, de loin, de la plus importante flotte de sous-marins nucléaire d'attaque avec 50 SNA en août 2021, chiffres en nette baisse depuis la fin de la guerre froide avec un record de 96 SNA en 1987 et le retrait des premières classes de SNA.
Elle dispose à cette date de :
28 SNA de la classe Los Angeles en service sur les 62 construits
19 SNA de la classe Virginia (49 commandés en 2026 à terme)
Six SNA de classe Rubis sont entrés en service dans la Marine nationale entre 1983 et 1993. Ils sont basés dans le port militaire de Toulon ; les SNLE étant basés à celui de Brest, à l'île Longue. Les Rubis sont la seule classe de sous-marins d'attaque actuellement en service depuis le retrait des derniers sous-marins à propulsion classique en 2001. L’escadrille des sous-marins d’attaque (ESNA) dépend de la Force océanique stratégique qui a assimilé les forces sous-marines à la fin du XXe siècle.
En 2023, trois sous-marins classe Rubis restent en service, l'Émeraude, l'Améthyste et la Perle.