Souhila Bel Bahar, née Boudjakdji le 17 février 1934 à Blida (Algérie) et morte le 23 mars 2023 à Alger, est une artiste peintre algérienne, membre de l'Union nationale des arts plastiques et exerçant en Algérie.
Auteure de timbres, " Hommage à nos mères (1974) et pour l'année internationale de l'enfance (1979), elle est sélectionnée par l'Unicef pour la publication d'une carte de vœux intitulée Hommage à nos mères en 1983. Elle est aujourd'hui considérée comme une des doyennes et cofondatrices de l'art algérien contemporain. Elle expose dans de nombreuses galeries, aussi bien en Algérie qu'à l’étranger. Ses œuvres figurent parmi les expositions permanentes du musée national des beaux-arts d'Alger et du Musée Dinet de Bou Saâda en Algérie.
Auteure d'affiches pour l'Union nationale des femmes algériennes (UNFA), elle a été primée à de nombreuses reprises, notamment par le Ministère de la Culture qui l'a honorée en 2009.
En 1984 et en 2000 (Mois du patrimoine), le musée national des beaux-arts d'Alger lui consacre une exposition rétrospective.
Souhila Bel Bahar, née Boudjakdji (1934-2023), descendante des propriétaires de la Villa Abdeltif (Abd-el-Tif), également connue sous le nom de "Villa Médicis algérienne", a grandi dans un environnement imprégné d'histoire et de culture. Issue d’une famille traditionnelle, Bel Bahar a été élevée par des parents attachés à la culture arabo-musulmane. Elle commence à dessiner à l’âge de 8 ans. Elle a été dirigée vers l'école de couture.
Encouragée à l'âge adulte par Ahmed Taoufik El Madani qui l'a aidée à briser les tabous sociaux de l'Algérie en voie de développement, elle exposera pour la première fois en 1971. Elle va progressivement, en alliant obstination et rigueur, développer un style individuel, lui apportant une maturité artistique et une indépendance en tant que femme dans une Algérie nouvelle où elle acquiert une place officielle, tout comme Baya, qui expose pour la première fois en 1947 et avec qui Bel Bahar réalise une exposition en 1984, et Aicha Haddad, révélée lors de l’exposition collective à la Galerie des Quatre Colonnes en 1972.
Avec les « chevalières du pinceau », elle a contribué à l’émancipation de la femme. Ces artistes-femmes (dont Aicha Haddad, Fatiha Bisker, Djamila Bent Mohamed, Kheira Flidjani) représentaient un nouveau phénomène social en additionnant à leurs obligations familiales, leurs activités professionnelles artistiques pour faire intégrer à part entière l'art féminin algérien dans une société où l'expression « femme peintre » avait une connotation péjorative.
Un ouvrage biographique, "Il pleut des jasmins sur Alger", écrit par sa fille Dalila Bel Bahar-Hafiz est publié par le musée national des Beaux-Arts d'Alger en 2016.
Elle a exposé ses œuvres en Algérie et à l’international et fait partie de nombreuses collections privées. Certaines de ses créations figurent également dans les collections permanentes du Musée national des beaux-arts d'Alger (Algérie), du Musée Dinet de Bou Saâda (Algérie), de l’Institut du Monde Arabe à Paris (France) et de la Barjeel Art Foundation à Sharjah (Émirats arabes unis).
En qualité d’autodidacte, Souhila Bel Bahar a effectué une formation artistique sans passer par l’école des Beaux-Arts lors de laquelle elle a mis en application l’enseignement retenu des lectures des livres d’arts et l’exercice de la copie conforme des grands maîtres tels qu'Auguste Renoir.[réf. nécessaire]
Son travail régulier durant de longues années lui a permis la création, en 1962, d’une ligne personnelle révélant « Les Femmes Pétales », sa signature picturale.[réf. nécessaire]
Son ambition de recherche constante l’a menée à poursuivre d’autres voies, comme l’écriture d’essais de livres d’enfants, l’art abstrait, son cheval de bataille ; l'exploration de la céramique ou encore la sculpture qu’elle exprimera dans son engagement pour préserver l’environnement.[réf. nécessaire]
Son œuvre se caractérise par une représentation poétique et onirique de la femme, souvent symbolisée par des silhouettes longilignes qu’elle surnomme ses "femmes pétales". Son travail fusionne la nature et l'humain dans une palette de couleurs vibrantes et expressives.
Parmi ses distinctions, elle a obtenu la médaille "La Plume d'Arts et de la Paix" en 2000 et la médaille "Journée de l'Artiste" en 2002. Elle est également l'autrice d’un timbre pour l’Année internationale de l’enfance en 1979 et d’une carte de vœux pour l’UNICEF en 1983.
Engagement pour l'environnement
Souhila Bel Bahar a été l'une des premières artistes peintres algériennes à se préoccuper de l'état de santé de la Terre, par conséquent, de l'environnement- un engagement dans lequel elle a impliqué son entourage. Cet engagement est principalement exprimé dans son installation sculpturale La Mer(e) Méditerranée.[réf. nécessaire]
Ses lignes onduleuses, les masses chromatiques organisées en mosaïques, les motifs floraux, les scènes de danse, les formes effilées pleines de grâce et de sérénité, le monde de la musique, de la poésie, la douceur et la joie de la maternité, les sites et monuments historiques : nous avons là les signes permanents de la technique et des thèmes phares de Souhila Bel Bahar.
« L’univers de Souhila Bel Bahar fut certes pendant longtemps empli de la rumeur radieuse des êtres, de leur tendresse et de leur passion, des courbes enchanteresses et sensuelles de végétaux imaginaires, un univers terrestre idéalisé en somme. Aujourd’hui, elle choisit, libre et émancipée, d’explorer un monde plus ésotérique où les dimensions sont renversées, les rapports contrés, d’où la féminité qui l’a si souvent appesantie, est proscrite. » (Dalila Mohammed Orfali, conservatrice en chef et directrice du Musée national d’Alger (catalogue de présentation "Révélation", 2009)