Sorel-Tracy est une ville canadienne du Québec, chef-lieu de la MRC de Pierre-De Saurel, dans la région de la Montérégie. En 2025, la ville compte environ 43 478 habitants. Elle est la capitale économique, industrielle et culturelle de la MRC. En 2021, le nombre d’habitants de Sorel-Tracy est de 35 165.
Son nom provient de l'amalgame des noms des villes de Sorel et de Tracy.
En 2000, les villes de Sorel et Tracy sont fusionnées pour créer la ville actuelle. Il s'agissait auparavant de deux villes distinctes. La municipalité de Saint-Pierre-de-Saurel avait également précédemment fusionné avec la Ville de Sorel en 1992.
La Commission de toponymie du Québec recense Sorel-Tracyen, Sorel-Tracyenne comme gentilé de Sorel-Tracy et note aussi l'existence des variantes plus marginales Sorelo-Tracyen et Saurelois.
Le linguiste Gabriel Martin, coauteur du Répertoire des gentilés officiels du Québec, recommande d'utiliser la dénomination Sorel-Tracyen pour désigner les habitants de Sorel-Tracy et d'utiliser Sorellois et Tracyen pour désigner de manière distincte les habitants de Sorel et de Tracy. Il signale également que la graphie Sorelois est parfois employée, mais qu'elle reflète moins fidèlement la prononciation du nom. Pour Tracy, il mentionne la variante Tracien avec un i, qui reste cependant moins régulière que la forme Tracyen.
Le linguiste note que dans l'usage familier contemporain, le blason populaire Tire-bouchons s'utilise parfois encore comme surnom des habitants de Sorel et, par association, des habitants de Sorel-Tracy. Ce blason populaire est aussi présent dans la toponymie, comme dans le nom du lac des Tire-Bouchons et dans celui du resto-bar Les Tire-Bouchons.
Trois hypothèses populaires, recensées dans le périodique de la Société historique Pierre-de-Saurel, ont été avancées quant à l'origine de ce surnom. La première évoque l'invention, à Sorel, d'un tire-bouchon particulièrement efficace vers la fin du XIXe siècle, qui aurait permis de déboucher plusieurs bouteilles rapidement. La deuxième situe l'origine du sobriquet durant la période de la prohibition en 1915, alors que Sorel se serait distinguée comme la seule localité du comté de Richelieu où subsistait un commerce actif de boissons alcoolisées. Enfin, une troisième hypothèse rapporte qu'au cours de la crise économique des années 1930, des Sorellois affamés se seraient introduits dans les cales de navires accostés au port pour tirer les bouchons de barils de mélasse et en voler le contenu.
Toujours selon Martin, ces explications sont fantaisistes et « relèvent davantage de conjectures folkloriques que d'histoires étayées et crédibles ». Il explique que le sobriquet Tire-Bouchon trouve plutôt son origine dans un stéréotype ancien, déjà présent au XIXe siècle, selon lequel la population de Sorel aurait une propension marquée pour la consommation d'alcool. Il signale des attestations de l'expression tire-bouchon de Sorel remontant aux années 1910, notamment dans une prise de position publique du juge Arthur-Aimé Bruneau en 1913. Selon le chercheur, « ce sobriquet a progressivement perdu sa connotation négative pour être réinvesti, durant la seconde moitié du siècle, d'une charge positive par les Sorellois eux-mêmes. »
La ville de Sorel fut bâtie à l'emplacement du Fort Richelieu. Après avoir vu passer les découvreurs de la Nouvelle-France : Jacques Cartier en 1535 et Samuel de Champlain, qui y vint pour la première fois en 1603, c'est par la suite Charles Jacques Huault de Montmagny, alors gouverneur de la Nouvelle-France depuis six ans, qui y fera ériger le 13 août 1642 un premier fort. Ce dernier fut construit à l'embouchure de la rivière Richelieu (dite autrefois rivière des Iroquois) au XVIIe siècle. Son nom lui a été donné en mémoire du cardinal de Richelieu (1585-1642), ministre de Louis XIII. Le 20 aout 1642, en la fête de saint Bernard, le Père Anne de Noue bénit le fort et y célèbre la messe. La tradition veut que cette date soit considérée comme celle de la naissance de la ville de Sorel, ce qui en fait la quatrième plus vieille ville du Canada (après Québec, Trois-Rivières et Montréal). Le fort est abandonné en 1647 sous les coups répétés des Iroquois.
C'est en 1665 qu'arrive le Régiment de Carignan-Salières sur le territoire. Pierre de Saurel, à la tête de cinq compagnies, est chargé, par le gouverneur Alexandre de Prouville de Tracy, de reconstruire l'ancien fort. En 1672, le roi concède à M. de Saurel la région avoisinant le fort, où il s'installe, de même que ses soldats. Par la suite, les terres sont défrichées et les familles se multiplient, si bien qu'en 1681 plus de 120 habitants forment la communauté sorelloise. M. de Saurel décède à Montréal et sa femme, Catherine Le Gardeur vend la seigneurie à Claude de Ramezay de Montréal en 1713.
La guerre de Sept Ans vient bouleverser le développement de la seigneurie. À la conclusion de la paix en 1777, beaucoup d'Américains demandent à s'établir au Canada, qui seront désormais surnommés les loyalistes. C'est dans l'intention de venir en aide à ces expatriés que le gouverneur Frederick Haldimand achète, au nom de MM. Greenwood et Higginson, la seigneurie de Sorel en date du 13 novembre 1781. Au mois de septembre 1787, Son Altesse Royale William Henry rend visite à Sorel. De cette époque la ville prend le nom de William-Henry qu'elle conservera jusqu'en 1860.
Sorel obtient le statut de cité en 1889, à la suite de multiples améliorations de ses infrastructures, comme la construction d'un aqueduc, l'installation d'usines d'éclairage au gaz, la construction d'un édifice des douanes et des postes. Finalement, elle redevient la Ville de Sorel en 1982.
Le 10 février 1954, la municipalité de la paroisse de Saint-Joseph-de-Sorel est constituée en la corporation de la Ville de Tracy. Le choix de ce nom de noblesse du marquis de Tracy est le résultat de la soumission d'un citoyen dans le cadre d'un concours.
La Maison des gouverneurs est située au bord de la rivière Richelieu, sur le chemin des Patriotes. C'est en décembre 1781 qu'y fut illuminé pour la première fois un sapin de Noël. En effet, au cours de cette même année, le général Frédérick Haldimand acquiert, au nom de la Couronne britannique, la seigneurie de Sorel. Il y fait ériger des casernes et une maison. Les premiers habitants de la Maison des Gouverneurs sont le baron et la baronne Riedesel. Afin de perpétuer une tradition de son pays, l'Allemagne, consistant à illuminer un sapin pour Noël, la baronne Riedesel crée un événement unique en Amérique du Nord. Depuis, presque tous les Nord-Américains illuminent un sapin à l'occasion des festivités de Noël.
Aujourd'hui, on retrouve dans la Maison des Gouverneurs le Bureau d'information touristique de la région de Sorel-Tracy et un centre d'exposition. Également, durant l'été 2021, des fouilles archéologiques ont été effectuées dans une grande fosse devant la Maison des Gouverneurs.
D'une superficie terrestre de 57,24 km2 (66,64 km2 de superficie totale), Sorel-Tracy est située au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Richelieu. La ville est sise sur les deux rives de cette dernière avec le secteur Sorel sur la rive droite et secteur Tracy sur la rive gauche.
Les deux secteurs sont reliés par le pont Maurice-Martel (appelé localement le « Pont neuf »), sur lequel se trouve l'autoroute 30 et par le pont Turcotte, sur lequel se trouve la route 132.
La Ville de Sorel-Tracy a, depuis sa création en 2000 à la suite de la fusion de Sorel et de Tracy, été dirigée par quatre maires.