Sofia Villani Scicolone (/soˈfiːa vilˈlaːni ʃʃikoˈloːne/), dite Sophia Loren (/soˈfiːa ˈlɔːren/), née le 20 septembre 1934 à Rome (Italie) est une actrice, chanteuse et mannequin italienne naturalisée française.
Star mondiale dès les années 1960 et actrice italienne la plus récompensée de l’histoire, Sophia Loren est l’une des dernières grandes légendes de l’âge d’or hollywoodien.
Elle débute au cinéma à 16 ans avec des rôles mineurs non crédités, comme dans Quo vadis de Mervyn LeRoy. Au début des années 1950, elle apparaît dans des romans-photos et des films secondaires, avant d'adopter définitivement le nom Sophia Loren sur conseil de Carlo Ponti. Elle s'impose à partir des années 1950 par ses interprétations de femmes du peuple, libres et émancipées sexuellement, ce qui lui vaut notamment d'être reconnue comme un sex-symbol. Son premier rôle principal notable arrive dans Aïda de Clemente Fracassi. Elle évolue ensuite dans des comédies populaires, comme L'Or de Naples en 1954, réalisé par Vittorio De Sica, qui deviendra son réalisateur fétiche, et Dommage que tu sois une canaille la même année, où elle partage l'affiche avec Marcello Mastroianni. Elle collabore aussi avec Totò dans Misère et Noblesse et tourne dans Attila, fléau de Dieu avec Anthony Quinn.
En 1956, un contrat avec Paramount lance sa carrière internationale. Elle enchaîne ainsi les succès hollywoodiens, comme Orgueil et Passion en 1957 avec Cary Grant et Frank Sinatra, La Péniche du bonheur en 1958 aux côtés de Grant à nouveau, et C'est arrivé à Naples en 1960 avec Clark Gable. Elle remporte la Coupe Volpi à Venise pour L'Orchidée noire de Martin Ritt. La consécration internationale arrive en 1960 avec La Ciociara, film de guerre réalisé par De Sica, où elle incarne une mère protectrice ; ce rôle lui vaut l'Oscar de la meilleure actrice en 1962, premier pour un film en langue étrangère, et le prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1961. Elle poursuit des collaborations fructueuses avec De Sica et Mastroianni dans des œuvres aujourd’hui considérées comme des classiques : Boccace 70 en 1962, Hier, aujourd'hui et demain en 1963 (où sa scène de striptease est l'une des plus célèbres du genre de l'histoire du cinéma) et Mariage à l'italienne en 1964, qui lui apporte une nouvelle nomination aux Oscars. Elle tourne aussi dans Le Cid avec Charlton Heston, Arabesque avec Gregory Peck, et La Comtesse de Hong-Kong en 1967, dernier film de Charlie Chaplin, aux côtés de Marlon Brando. Dans les années 1970, elle continue avec De Sica dans Les Fleurs du soleil en 1970 et Le Voyage en 1974 avec Richard Burton, tous deux nommés aux Oscars pour son interprétation. Elle partage l'affiche avec Burt Lancaster dans Le Pont de Cassandra en 1976, et livre une performance acclamée dans Une journée particulière d'Ettore Scola en 1977, à nouveau avec Mastroianni, remportant un David di Donatello. Au début des années 1980, après un biopic télévisé où elle joue elle-même et sa mère, elle se fait plus rare sur les écrans.
À partir des années 1990, elle reçoit de nombreux hommages internationaux pour célébrer l'ensemble de sa carrière : un Oscar d'honneur en 1991, un César d'honneur (1991), une étoile au Hollywood Walk of Fame, un Cecil B. DeMille Award, un Lion d'or à la Mostra de Venise, un Ours d'or d'honneur à la Berlinale ou encore le Cecil B. DeMille Award. L'American Film Institute la classe 21e parmi les plus grandes stars de l'âge d'or hollywoodien en 1999, seule survivante de la liste en 2026. Elle revient au cinéma dans Prêt-à-Porter de Robert Altman en 1994, aux côtés de Mastroianni pour leur dernière collaboration, puis dans Les Grincheux 2 en 1995 avec Walter Matthau et Jack Lemmon. Depuis les années 2000, elle privilégie des projets familiaux, comme Cœurs inconnus en 2002 et le court-métrage Voce umana en 2013, tous deux réalisés par son fils Edoardo Ponti. Elle apparaît dans Nine de Rob Marshall en 2009 avec Daniel Day-Lewis, et prête sa voix à Cars 2 en 2011. En 2020, elle triomphe dans La Vie devant soi d'Edoardo Ponti, remportant son septième David di Donatello, un record dans cette catégorie, à l’âge de 86 ans.
Sofia Costanza Brigida Villani Scicolone née le 20 septembre 1934 dans la clinique Regina Margherita à Rome (Italie) est la fille de l'ingénieur en bâtiment et homme d'affaires Riccardo Scicolone Murillo (1907-1976) et de Romilda Villani (1910-1991), professeure de piano et sosie de l'actrice Greta Garbo. La jeune Sofia passe une enfance et une jeunesse difficiles à Pouzzoles, à une quinzaine de kilomètres de Naples, avec sa mère, sa grand-mère Luisa et sa petite sœur Anna Maria.
Son père refuse d'épouser sa mère et n'apporte aucun soutien financier à sa famille. Sofia n'a jamais eu de véritable relation avec son père et déclare ne l'avoir rencontré que trois fois dans sa vie : à l'âge de 5 ans, de 17 ans et de 42 ans, alors qu'il était mourant. Dans un entretien avec la journaliste américaine Barbara Walters, l'actrice révèle avoir pardonné à son père mais n'avoir jamais oublié l'abandon de sa mère, restée seule avec ses deux filles. De par son père, Sofia a deux demi-frères, Giuliano et Giuseppe, plus jeunes qu'elle également.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le port de Pouzzoles et son usine de munitions sont souvent bombardés par les Alliés. Pendant un raid, alors qu'elle court vers un abri, la petite Sofia est blessée au menton par un éclat de bombe. Par la suite, la famille est hébergée par des proches à Naples. La guerre finie, Sofia retourne à Pouzzoles. Sa grand-mère Luisa ouvre un bar dans leur salle de séjour, où elle sert de la liqueur faite maison. Sa mère joue du piano, sa sœur chante et Sofia s'occupe des tables et fait la vaisselle. L'endroit est particulièrement fréquenté par les G.I. dont le casernement est proche.
Enfant, elle n'est pas attirée par le monde du spectacle et se destine au métier de professeure d'anglais. Elle fait face à de nombreuses remarques sur son physique, et est surnommée le « cure-dent » (stuzzicadenti) en raison de sa maigreur : « Je ne correspondais pas au standard de beauté d'aujourd'hui, la beauté italienne, jolie et ronde. Non, pas du tout ».
Cependant, à l'âge de 15 ans et fortement encouragée par sa mère, elle fait partie des quatre représentantes de la région du Latium au concours de beauté Miss Italie, à l'époque appelé « Mille lire per un sorriso » (« Mille lires pour un sourire »). Sous le pseudonyme « Sofia Lazzaro », elle s'y classe deuxième. Le jury, impressionné par la beauté et la grâce que dégage l'adolescente, crée pour elle le prix de « Miss Élégance ». C'est lors de ce concours qu'elle rencontre pour la première fois le producteur italien et son futur mari, Carlo Ponti.
Années 1950 : des romans-photos à Hollywood
À la suite de sa participation à Miss Italie, la jeune Sofia Scicolone gagne une certaine réputation en figurant dans des romans-photos, toujours sous le pseudonyme de « Sofia Lazzaro ».
Après un passage au Centro Sperimentale di Cinematografia, elle apparaît en tant qu'extra non créditée dans le péplum Quo Vadis (1951) du réalisateur américain Mervyn LeRoy. En parallèle, elle obtient de petits rôles dans des films où elle apparaît parfois seins nus, comme dans Quelles drôles de nuits (1951). Ces apparitions sont remarquées en France mais pas en Italie où la censure, toujours vigilante, les a supprimées. Une photo de Sophia Loren seins nus, tirée de Quelles drôles de nuits, est reproduite en 1957 dans le magazine américain Playboy alors que l'actrice est déjà connue. Elle ne s'est jamais remontrée partiellement nue ensuite, arguant du fait qu'elle ne se sentait pas à l'aise dans ces conditions et que « Sophia Loren nue, ça représente beaucoup de nudité ».
Le producteur italien Carlo Ponti, qui avait déjà repéré la jeune Sofia, lui fait signer un contrat exclusif de sept ans. En 1953, sur le tournage de Sous les mers d'Afrique de Giovanni Roccardi, le producteur et ami de Ponti, Goffredo Lombardo, suggère à Sofia Scicolone de changer son nom afin de s'imposer davantage sur la scène internationale. Elle devient alors « Sophia Loren », inspiré du nom de l'actrice suédoise Märta Torén.