Sophia Chikirou, née le 3 juin 1979 à Bonneville (Haute-Savoie), est une femme politique française et communicante.
Militante socialiste de 1997 à 2006, Sophia Chikirou rejoint en 2007 La Gauche moderne, fondée par Jean-Marie Bockel qui rejoignait Nicolas Sarkozy, mais quitte le mouvement en 2008 faute d'avoir pu être tête de la liste soutenue par l'UMP lors des élections municipales de 2008 dans le 20e arrondissement de Paris.
Après avoir créé le cabinet de communication Médiascop en 2011, elle prend part aux campagnes électorales de Jean-Luc Mélenchon. Elle devient lors de cette période l'une de ses plus proches conseillères.
Elle participe en 2017 à la création du site d'actualité Le Média et en assure la direction jusqu'à son départ en juillet 2018, dans un contexte de crise sociale, éditoriale et financière. En 2021, elle est élue au conseil régional d'Île-de-France.
Candidate de la NUPES dans la 6e circonscription de Paris lors des élections législatives de 2022, elle est élue dès le premier tour. Au sein de l'Assemblée nationale, elle rejoint le groupe La France insoumise. Elle est mise en examen pour « escroquerie aggravée » et « abus de biens sociaux » en 2024. Elle est réélue, une nouvelle fois dès le premier tour, lors des élections législatives de 2024 sous l'étiquette du Nouveau Front populaire.
Elle est candidate à la mairie de Paris lors des élections municipales de 2026 et termine, avec 7,96 % des voix, en troisième position, lui permettant de rentrer au conseil de Paris.
Le 8 juin 2026, elle est condamnée pour vol de matériel et de documents administratifs et financiers à la webtélé Le Média.
Sophia Chikirou naît le 3 juin 1979 à Bonneville en Haute-Savoie et grandit à Scionzier. Ses parents sont des Kabyles algériens. Son père, ouvrier, aujourd'hui retraité à Béjaïa en petite Kabylie, est un ancien militant de la Confédération générale du travail (CGT).
Elle est diplômée de l'Institut d'études politiques de Grenoble, d'études supérieures spécialisées en communication politique et sociale et titulaire d'un master 2 en ressources humaines et responsabilité sociale de l'entreprise à l'Institut d’administration des entreprises de Paris (IAE Paris).
En octobre 2018, Mediapart écrit que Jean-Luc Mélenchon entretiendrait « une relation extra-professionnelle » avec elle. Elle se trouve en effet chez celui-ci, au moment d'une perquisition policière le 16 octobre 2018 à 7 h. Celui-ci réagit en parlant « d'agression et d'ignominie » pour qualifier les révélations de Mediapart. Il déclare également : « Elle n'est pas ma compagne. » De son côté, Sophia Chikirou dément des rumeurs d'une telle relation en avril 2017. Jean-Luc Mélenchon précise ensuite qu'elle n'est pas sa compagne, « au sens fiscal du terme ». Il déclare, en effet, un statut civil de « célibataire » aux impôts.
Le 7 décembre 2018, Le Point indique que Jean-Luc Mélenchon l'aurait présentée comme sa compagne, lors d'un dîner avec des amis, dès 2011. À la suite de la publication par Closer de sa liaison avec Sophia Chikirou, Jean-Luc Mélenchon demande en référé le versement de dommages et intérêts de la part de Mondadori, qui édite l’hebdomadaire. En août 2019, il est débouté de sa demande et condamné à verser 2 500 euros pour frais de procédure.
En 2023, Le Figaro évoque « un couple politique et conjugal ».
Débuts au Parti socialiste (1997-2006)
À l'âge de 18 ans, en 1997, Sophia Chikirou adhère au Parti socialiste (PS). Dans les années 2000, elle est proche de Caroline Fourest et signe dans ProChoix. Elle défend des positions laïques et « cible une gauche repentante prête à se compromettre avec les islamistes ».
De 2002 à 2007, elle est assistante parlementaire du député socialiste du 20e arrondissement de Paris, Michel Charzat. Elle est, à partir de novembre 2005, porte-parole de Laurent Fabius dans le cadre de la campagne de ce dernier pour être investi par les militants socialistes pour l'élection présidentielle de 2007. Elle fait alors la connaissance de Jean-Luc Mélenchon, un autre soutien de Laurent Fabius.
Soutenue par Michel Charzat, qui ne peut pas se représenter du fait des cumuls des mandats, elle est candidate à l'investiture des militants du Parti socialiste pour la 21e circonscription de Paris pour les élections législatives de 2007. Après la désignation de George Pau-Langevin, ancienne présidente du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), justifiée par le Bureau national du Parti socialiste au nom de la représentation à l'Assemblée nationale des Antillais vivant en métropole, Michel Charzat se présente en candidat dissident, Sophia Chikirou est sa suppléante. Après une campagne difficile, ils sont battus et exclus du Parti socialiste.
Passage à la Gauche moderne (2007-2008)
En novembre 2007, elle rejoint le mouvement La Gauche moderne, fondé par Jean-Marie Bockel, alors secrétaire d'État dans le deuxième gouvernement Fillon, à la suite de l'ouverture à gauche voulue par Nicolas Sarkozy. Elle explique qu'elle « n'adhère pas au programme présidentiel mais soutient la volonté de réforme de Nicolas Sarkozy » et qu'elle avait « compris qu'il [Nicolas Sarkozy] avait gagné le jour où il a parlé d'un ministère de l'Identité nationale. Cette question de l'identité est centrale, il fallait l'affronter ».