Sophia Aram, née le 29 juin 1973 à Ris-Orangis (Essonne), est une humoriste, comédienne, chroniqueuse à la radio et animatrice de télévision française. Autrice et interprète de plusieurs spectacles humoristiques, elle reçoit le Molière de l'humour en 2024 pour Le Monde d’après. Elle anime également des chroniques à la radio, sur NRJ, Europe 2 et, depuis 2008, sur France Inter.
Issue d'une fratrie de quatre filles et deux garçons, Sophia Aram grandit à Trappes dans les Yvelines. La famille de Sophia Aram est d'origine marocaine. Son père est cuisinier à Radio France tandis que sa mère, Khadija Aram, née en 1949 à Casablanca au Maroc, a été adjointe au maire de Trappes Guy Malandain (PS), dans les années 2000.
Sophia Aram est scolarisée au lycée de la Plaine de Neauphle de Trappes, où elle s'initie à l'improvisation, qu'elle pratiquera ensuite avec la compagnie Déclic Théâtre d'Alain Degois, où elle côtoie notamment Jamel Debbouze. Elle prend part à des matches et participe à la coupe du monde d'improvisation organisée au Québec. Elle débute au théâtre avec la compagnie du théâtre du Sable. Bonne élève, elle envisage de se consacrer à l'éducation ou au journalisme et étudie à l'Institut national des langues et civilisations orientales où elle obtient une maîtrise d'arabe.
De sa jeunesse, elle évoque ses professeurs « des communistes hyper engagés, qui nous considéraient comme des citoyens en construction » ou son père « très croyant, très pratiquant, mais qui ne nous a jamais fait chier avec la religion ». Par ailleurs, avec son oncle, elle participe aux manifestations initiées par l'association SOS Racisme.
En 2007, elle réalise son premier « seule en scène » avec Du plomb dans la tête, qui met en scène une cellule de soutien psychologique à la suite du suicide d’une enseignante dans sa classe de maternelle. Ce spectacle est joué quatre cents fois. Il est édité en DVD par Studio Canal en 2009.
En juillet 2010, elle présente son second spectacle, Crise de foi, un « seule en scène » mettant dos à dos les trois religions abrahamiques.
En 2015, elle joue son troisième spectacle, Le fond de l'air effraie, où elle se livre à une critique de certaines personnalités telles qu'Éric Zemmour, Valérie Trierweiler ou Emmanuel Todd. Elle y critique également l'islam radical et affirme le droit au blasphème, tout en dénonçant la récupération politique des attentats de janvier 2015 en France.
Sophia Aram fait ses débuts à la télévision dans CIA, le club de l'info amateur et Les Enfants de la Télé, des émissions présentées par Arthur. Elle participe à l'écriture de programme pour le groupe Endemol.
L'humoriste intervient sur NRJ et sur Europe 2. En 2008, elle tient une chronique hebdomadaire sur France Inter dans l'émission Le Fou du Roi de Stéphane Bern. En septembre 2010, la station lui confie une chronique hebdomadaire les lundis matin dans la matinale. Après l'éviction de Gérald Dahan, elle passe d'une à deux chroniques hebdomadaires (lundi et mercredi). Le 23 mars 2011, elle se livre à une critique acerbe du Front national, en comparant ses électeurs à des « gros cons ». Cette chronique vaut à France Inter un rappel à l'ordre de la part du CSA. Le 31 août 2011, elle épingle la station Sud Radio, en indiquant que les électeurs du Front national avaient désormais une station bien à eux pour exprimer leurs idées.
Depuis septembre 2012, ses chroniques matinales sur France Inter sont diffusées les mardis et mercredis. Dès sa chronique du 11 septembre, elle fait réagir Audrey Pulvar après avoir dénoncé un conflit d'intérêts entre Arnaud Montebourg, Matthieu Pigasse et la journaliste récemment nommée à la tête des Inrockuptibles.
À partir de la rentrée 2013, elle anime un nouveau talk-show, diffusé sur France 2 du lundi au vendredi en access prime-time intitulé Jusqu'ici tout va bien. L'émission subit les critiques de la presse et ne parvient pas à fédérer le public. Elle passe à deux reprises sous la barre des 3 % d'audience durant la deuxième semaine de diffusion et la chaîne envisage de la déprogrammer. Elle est pour cela rapidement remaniée, ce qui implique la fin du direct (afin de « gommer les longueurs et les hésitations ») et l'arrivée d'un coanimateur, Jean-Pierre Coffe. Ce dernier quitte l'émission après deux jours. BFM TV indique que le manque à gagner en revenus publicitaires pour la chaîne, dû à la faiblesse de l'audience, s'élèverait à 30 000 euros par jour, soit 600 000 euros depuis le début de l'émission jusqu'au 22 octobre. Le programme coûte 70 000 euros (hors frais techniques) par jour. En dépit d'un horaire avancé en novembre 2013, l'audience reste insuffisante pour France 2 qui annonce l'arrêt de l'émission le mois suivant. Elle reçoit avec humour son Gérard de la télévision 2013 pour « l'émission dont les concepteurs auraient peut-être dû attendre les audiences avant de lui donner un titre ».
Au fil des années, elle change le ton de ses chroniques radiophoniques, et se concentre sur le fond du message politique en accordant moins de place à l'humour.
À partir de 2023, Sophia Aram publie une chronique hebdomadaire dans le quotidien Le Parisien. En septembre 2025, elle devient chroniqueuse dans Le Point.
Elle est fille de musulmans pratiquants. Elle écrit ses spectacles avec son compagnon Benoît Cambillard, qui dirige leur société de production. Ils ont un fils né en 1998.
Sa tante Fatiha est le « portrait nostalgique » d’une femme de la banlieue au sein d'une communauté solidaire quand les voisins se parlaient sans s'occuper des origines et des religions de chacun, ignorante de la « gangrène communautaire ».
À la suite des manifestations anti-mariage pour tous, Ludovine de la Malbaise, qui fait directement référence à Ludovine de La Rochère, devient « un des personnages fétiches » de Sophia Aram. Elle évoque une militante « réac, homophobe et islamophobe ». Ainsi Ludovine de la Malbaise se dit très déçue par Valérie Pécresse quand celle-ci engage, en tant que présidente de région, une campagne de communication sur la contraception et l’IVG. Par contre, Ludovine de la Malbaise a un orgasme quand elle entend Éric Zemmour indiquer qu'« appeler ses enfants Sue Ellen ou Mohammed, c’est un signe manifeste d’autoségrégation ».
Marion Maréchal-Le Pen échangeant avec Marine Le Pen, jouée par François Morel, les humoristes y évoquent la mort d'Alan Kurdi, l'exclusion de Jean-Marie Le Pen du Front national ou le faux compte Twitter de la présidente du FN.
Dans son spectacle Le Monde d’après, Laurène est le personnage principal qui lui permet de caricaturer une jeune femme woke. Laurène, à la voix stridente, esquisse des « cœurs avec la main » et des « vagins avec les doigts », en soutien « aux personnes racisées ».