La Somalie, en forme longue la république fédérale de Somalie (en somali Soomaaliya et Jamhuuriyadda Federaalka Soomaaliya ; en arabe الصومال (aṣ-Ṣūmāl) et جمهورية الصومال الفدرالية (Jumhūriyyat aṣ-Ṣūmāl al-Fideraaliya)), est un pays situé à l'extrémité orientale de la Corne de l'Afrique, dans le golfe d'Aden. Le pays a des frontières directes avec trois pays voisins : Djibouti au nord-ouest, l'Éthiopie à l'ouest et le Kenya au sud-ouest.
Site important de commerce dans l'Antiquité, le pays est parmi les lieux les plus probables du pays de Pount. Entre le Moyen Âge et la fin du XIXe siècle, le territoire est le foyer de plusieurs sultanats somaliens puissants dont le sultanat Ajuran, le sultanat d'Adal, le sultanat Geledi et le sultanat d'Isaaq. Le pays est par la suite divisé par le Royaume-Uni et l'Italie, qui le partitionnent en deux colonies : la Somalie italienne au sud et la Somalie britannique au nord.
Après la Seconde Guerre mondiale, les deux colonies sont unifiées pour former la République somalie indépendante en 1960. En 1969, Mohamed Siad Barre prend le pouvoir lors d'un coup d'État et impose une dictature communiste. Son régime est renversé en 1991 par la révolution somalienne, qui voit aussi l'indépendance unilatéralement déclarée du Somaliland dans la zone de l'ancienne colonie britannique, bien qu'elle ne soit toujours pas reconnue par la communauté internationale.
Au cours des décennies suivantes, la Somalie est qualifiée d'État en déliquescence en raison du manque prolongé d'une autorité gouvernementale centrale permanente, de la continuation de la guerre civile ainsi que de la montée en puissance de plusieurs seigneurs de guerre et de groupes armés radicaux dont Harakat al-Chabab al-Moudjahidin. Une série de gouvernements de transition est suivie par l'établissement du gouvernement fédéral de Somalie en 2012 qui réforme le pays en tant que fédération, après que les insurgés ont perdu la plus grande partie du territoire qu'ils contrôlaient.
Il s’agit d'un des pays les plus ethniquement homogènes de l'Afrique. Les Somalis sont le groupe ethnique dominant, et l'islam sunnite est la religion dominante. Les langues officielles sont le somali et l'arabe.
De l'Antiquité aux années 1950
Certains auteurs affirment que durant l'Antiquité, la région connue par les Égyptiens sous le nom du pays de Pount était en Somalie. La côte était connue par les Romains, les Grecs et les Indiens puisque ce fut le plus important centre commercial pour la myrrhe et l'encens ainsi que dans une moindre importance pour l'ébène et l'or. Les commerçants arabes s'installent sur la côte et les Somalis adoptent l'islam, qui s'implante définitivement à partir du XIIIe siècle : c'est le début du sultanat.
Durant le Moyen Âge, les relations avec le royaume voisin d'Éthiopie se tendent. Au XVIe siècle, le Portugal s'intéresse à la côte somalienne, sans parvenir à s'y installer. À partir de 1875, la Grande-Bretagne, la France et l'Italie revendiquent la Somalie, tandis que l'empereur d'Éthiopie Menelik II projette d'envahir le pays.
Pendant les années 1880 et 1890, l'Italie acquiert divers territoires sur la côte du Benadir, qu'elle réunit en 1905 en une colonie, officialisée par une loi du 5 avril 1908. Dans les faits, les Italiens et Européens résidant en Somalie ne sont encore qu'une poignée au début du vingtième siècle.
Malgré une résistance à l'occupation occidentale organisée par Mohamed Hassan, l'Italie de Benito Mussolini finit par contrôler la Somalie ainsi que l'Éthiopie et le nord du Kenya, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. La conquête militaire, entreprise à partir de 1908, est sanglante, tout comme l'administration italienne par la suite. Le pouvoir colonial n'ouvre pas d'école et les colonisés ne peuvent espérer sortir de leur condition qu'en s'enrôlant dans les troupes auxiliaires, les ascaris.
Le 3 août 1940 (ou le 4 selon d'autres sources), environ 40 000 Italiens envahissent la Somalie britannique sous le commandement du général Guglielmo Nasi. Ils s'emparent en quelques jours de plusieurs villes mal défendues. Les forces britanniques au Somaliland reçoivent quelques renforts et un nouveau commandant, le major général Godwin-Austen. Jugeant les forces en présence trop inégales, ce dernier demande le 15 août le retrait des troupes britanniques. Les derniers soldats britanniques sont évacués vers Aden le 17 août 1940. Les Italiens s'emparent de Berbera le 19 août 1940 et annexent la Somalie britannique à l'Afrique orientale italienne. Lors de cette campagne, les pertes britanniques sont de 38 tués, 71 blessés et 49 disparus contre 465 tués, 1 530 blessés et 34 disparus pour les Italiens. Ces territoires seront finalement perdus par l'Italie, à la suite de sa défaite, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Territoire sous tutelle de la Somalie
En 1949, l'Organisation des Nations unies (ONU) accorde à l'Italie un territoire sous tutelle de la Somalie tandis qu'un an plus tôt, la région de l'Ogaden avait été attribuée à l'Éthiopie. Les administrateurs sont souvent les mêmes que ceux déjà en fonction sous le régime fasciste. Le drapeau actuel a été adopté le 12 octobre 1954. Son étoile à cinq branches symbolise les cinq régions historiques de la Somalie.
Le 25 juin 1960, le protectorat britannique de Somalie accède à l'indépendance sous le nom d'État de Somalie. L'État de Somalie disparaît le 1er juillet lorsqu'il fusionne avec le territoire sous tutelle de la Somalie sous administration italienne pour former la République somalie.
De 1960 à 1969, et sous la présidence d'Aden Abdullah Osman Daar, puis de Abdirashid Ali Shermarke, la Somalie tente d'instaurer un gouvernement démocratique, mais des luttes claniques entre le nord et le sud du pays, et les relations tendues avec les pays limitrophes, font de ces années une période instable.
En 1969, le général Mohamed Siad Barre s'empare du pouvoir par un coup d'État et remplace le gouvernement civil par le nouveau régime de la République démocratique somalie.
En raison des relations amicales que la Somalie entretient avec l'URSS, Barre déclare que le pays va désormais être un État socialiste. Cette alliance entre les deux pays est éphémère : en 1977, la Somalie tente de prendre le contrôle de l'Ogaden, un territoire éthiopien peuplé très majoritairement de Somalis, au cours du conflit dit de la guerre de l'Ogaden. Au lieu de soutenir la Somalie dans ses démarches expansionnistes, l'Union soviétique tente de trouver une issue pacifique à la crise en tant qu'intermédiaire entre les deux pays. Finalement, la guerre enclenchée, elle soutient l'Éthiopie, ce qui met fin aux bonnes relations entre les deux alliés. Les États-Unis se rapprochent ensuite de la Somalie. La guerre de l'Ogaden (1977-1978) a contribué à affaiblir le pouvoir de Barre et a favorisé l'installation d'une famine endémique dont le paroxysme est atteint en 1984.
Le pays a été tourmenté dans les années 1990 par les factions politiques. Le népotisme officiel ainsi que la corruption ont ébranlé la confiance envers le gouvernement central. Un climat de mécontentement règne alors envers le régime de Siad Barre, ce qui mène à son effondrement en 1991. Le SAIMR, une organisation parapublique de mercenaires anti-communistes et de suprématistes blancs, développée en Afrique du Sud durant l'apartheid, a orchestré le renversement du Président Siad Barre pourtant censé être protégé par les mercenaires sud-africains. Depuis, le SAIMR s'est taillé un fief en Somalie. Le régime d'apartheid souhaitait utiliser la Somalie comme une plaque tournante pour le trafic d'armes au Moyen-Orient.