Un sniper, tireur embusqué, tireur isolé ou tireur d'élite à longue distance (TELD) dans l'armée française, est un tireur d'élite militaire spécialisé, pouvant opérer seul ou généralement en binôme (avec un « observateur », spotter en anglais) en profondeur dans les lignes ennemies, dans le but de transmettre des informations importantes pour le commandement ou de neutraliser une cible.
Le tireur embusqué diffère du tireur de précision (designated marksman en anglais) principalement dans la doctrine d'emploi, très différente. Le commandement fait appel aux snipers du fait de leur spécialisation (connaissances en tactique, survie, transmission, armement, tir longue distance, etc.), pour des missions de plusieurs heures jusqu’à plusieurs jours en milieux totalement isolés, tandis que le tireur de précision appartient à une section d'infanterie. Ils n'emploient généralement pas le même calibre ni le même type d'arme.
Le terme est aussi couramment utilisé pour désigner un tireur isolé agissant de son propre chef, dans un but de guérilla urbaine (groupes rebelles ou terroristes), comme cela s'est développé dans les conflits en Irak, en Syrie ou en Tchétchénie par exemple.
En France, le terme anglais « sniper » est désormais généralement plus utilisé que son équivalent en français « tireur embusqué ».
Ce mot provient du verbe to snipe, dont l'équivalent en français serait le verbe « canarder », bien que la traduction littérale serait plutôt « bécassiner », car, en anglais, le terme snipe signifie « bécassine », un petit oiseau qui a la réputation d'être difficile à chasser. Le terme sniper a été employé dans ce sens durant la Seconde Guerre mondiale. Une des traductions françaises est franc-tireur, mais, à la différence du sniper, il comporte un aspect positif.
Il a été popularisé par les journalistes français lors des guerres de Yougoslavie, et plus particulièrement lors du siège de Sarajevo ; ils l'ont emprunté à des journalistes américains ou britanniques. Lors de ces guerres, ces tireurs furent utilisés comme des « armes psychologiques », par le biais de tirs plus ou moins ciblés visant des militaires comme des civils, hors des opérations de combat (tirs de snipers à Sarajevo sur Sniper Alley).
Le sniper, quelquefois rattaché aux groupes des tireurs d'élite, est dénommé, dans ce cas là, sous le terme de « tireur d'élite à longue distance » (TELD), comme dans l'armée française où il agit en petite équipe (en binôme, en trinôme ou même seul) de manière isolée et utilisant une arme d'un calibre qui permet des tirs précis sur une distance de 300 mètres. Outre l'emploi militaire, les snipers sont utilisés dans la protection de hautes personnalités ou de sites sensibles. Il est alors destiné à rester caché dans un même endroit d'où il éliminera ses cibles.
À partir des années 1630, le talent des boucaniers à utiliser leur fusil étaient déjà reconnu, pour des tirs de précision lors de chasses aux bœufs sauvages à Saint-Domingue mais aussi lors d'actes de piraterie aux côtés des flibustiers. Leurs armes étaient réputées pour leur qualité générale, leur précision et la rapidité de leur chargement sans être pour autant des armes spécifiquement dédiées à des tirs à longue distance.
À bord des navires à voiles des XVIIe et XVIIIe siècle, les « moucheurs » étaient les soldats les meilleurs au tir à qui étaient distribué des fusils pour éliminer les officiers ennemis. Lors de la bataille de Trafalgar, l'amiral Horatio Nelson est mort touché par le tir d'un soldat français du Redoutable. Cependant il ne s'agissait que de bons tireurs à la mission spécifique, par opposition aux snipers spécifiquement formés aux tirs de précision.
Il faut remonter dans les années 1700 et l'apparition du long fusil du Kentucky (en), qui bénéficie d'une précision à longue distance et devient populaire pendant la révolution américaine, pour voir naître la notion de sniper. L'invention du canon rayé, qui force la balle à tournoyer à l'intérieur, permet de favoriser la précision du tir et rend l'arme plus efficace à distance. Cependant, la portée de ce fusil n’excédait pas 275 mètres.[réf. souhaitée]
Les premiers champions à adopter cette carabine furent les gardes-frontières américains, véritables tireurs d'élite pour l'époque. Avant la révolution américaine, la plupart des batailles avaient lieu à coups de rafales d'armes de courte portée, mais les tactiques changèrent avec la venue des fusils à canon rayés favorisant le tir à distance et permettant l'arrivée des snipers sur le champ de bataille.[réf. souhaitée]
Selon l'historien français Antoine Prost, l’armée anglaise forme des snipers, « qu’elle utilise par groupes de vingt-cinq par bataillon, avec cinq postes de snipers équipés de fusils à lunette tous les 1 000 yards ».
La guerre d'hiver a été le théâtre de l'un des plus performants snipers de l'histoire, le Finlandais Simo Häyhä. Lorsque l’URSS envahit la Finlande, le caporal Häyhä se transforme en un redoutable guerrier, tuant à lui seul entre 500 à 700 soldats soviétique (selon les estimations) sans se faire débusquer. Avec une moyenne de cinq hommes tués par jour, il détient la meilleure performance de l’histoire pour un sniper au combat.
L’URSS était au courant de ce soldat hors-normes, auquel elle devait faire face et qu'elle craignait, les Russes donnant à Häyhä le surnom de la « Mort blanche ». De nombreux moyens seront mis en place pour tenter de le neutraliser (utilisation de sniper adverses, barrages d'artillerie), sans succès.
Mais c’est finalement un simple soldat qui met fin au parcours du meilleur sniper de l’Histoire, quand une balle explosive atteint la mâchoire de Häyhä et le plonge dans le coma. Le soldat se réveille onze jours plus tard, défiguré à vie mais bien vivant, alors que la guerre d'hiver vient de se terminer.
En raison de ses états de services hors du commun, le soldat Simo Häyhä sera promu du grade de caporal à celui de sous-lieutenant.
Il vit par la suite une vie plus paisible dans son pays et meurt en 2002, à l’âge de 96 ans. Aujourd’hui encore, ses actions de guerre lui valent une notoriété certaine en Finlande.
Durant la bataille de Stalingrad, le capitaine Vassili Zaïtsev tua 225 soldats et officiers de la Wehrmacht et de ses alliés entre le 10 novembre et le 17 décembre 1942. On estime à vingt-huit le nombre de tireurs d'élite qu'il a entraînés. Ceux-ci tuèrent plus de 3 000 soldats ennemis. Certaines sources indiquent que la performance de Zaïtsev n'était pas unique et qu'un autre soldat soviétique, seulement identifié sous le nom de « Zikan », tua lui 224 soldats allemands durant cette bataille.