Un smiley (de l'anglais smile, « sourire »), une frimousse ou une binette en français québécois est un dessin extrêmement stylisé d'un visage souriant, coloré généralement en jaune, qui exprime l'amitié. Il est rendu célèbre par son utilisation commerciale en tant que logo par plusieurs entreprises.
Par extension, le terme est employé pour désigner d'autres visages stylisés, pas nécessairement jaunes ni souriants.
Sur Internet, ces images sont habituellement employées pour exprimer des émotions et peuvent donc être qualifiées d’émoticônes graphiques dans ces situations. Elles sont souvent représentées à l’aide des symboles du clavier. Certaines émoticônes (par exemple, « :-) » et « ;-) »), représentant également des visages souriants, sont parfois appelées smileys, bien que ce terme ne soit pas nécessairement approprié.
La plupart des motifs jaunes et noirs apparaissent dans les années 1960 et 1970, notamment les œuvres de Franklin Loufrani en 1971. Aujourd’hui, The Smiley Company, fondée par Franklin Loufrani, détient certains droits de marque sur le logo smiley dans plus de 100 pays. Elle devient l’une des 100 plus grandes entreprises mondiales de licence.
Vers 2017, une équipe d'archéologues dirigée par Nicolò Marchetti de l'Université de Bologne reconstitue les fragments d'un pot hittite d'environ 1700 av. J.-C., retrouvé à Kargamış, en Turquie. Après l'avoir reconstitué, l'équipe observe ce qui semble être un grand visage de smiley peint dessus.
On retrouve une composition d'émoticônes ASCII formées de smileys en typographie dans un journal local de Malmedy, daté du 2 septembre 1893. Ceux-ci sont conçus comme une plaisanterie d'un membre du club local de typographie, qui souligne « la façon dont les traits et parenthèses les plus rudimentaires peuvent générer l'image d'un visage humain et même prêter différentes expressions à sa physionomie ».
Le poète et auteur Johannes V. Jensen est également connu pour expérimenter avec la forme de son écriture. Dans une lettre envoyée à l'éditeur Ernst Bojesen en décembre 1900, il inclut à la fois un visage heureux et un visage triste, se rapprochant du smiley moderne, mais différent en ce qu’il comporte des sourcils et un nez. Ceux-ci sont utilisés dans la correspondance privée et non à des fins commerciales.
Entre 1908 et 1920, le photographe espagnol Jean Jové, installé à Limoges, utilise en signature et sur son magasin un logotype évoquant un smiley, représentant trois émotions différentes et comportant un nez.
Une version commerciale du smiley, bien que plus détaillée, avec le mot « THANKS » (« merci ») au-dessus, est disponible en 1919 et apposée comme autocollant sur les reçus émis par la « Buffalo Steam Roller Company » de Buffalo, dans l'État de New York.
La première apparition du visage rond formé d’un sourire en arc de cercle et de deux points désignant les yeux figure dans le New York Herald Tribune du 10 mars 1953, page 20, colonnes 4 à 6 dans le cadre de la promotion du film Lili.
Usages de marques commerciales
En 1962, une promotion de la station de radio new-yorkaise WMCA comprenait ce smiley. Les auditeurs qui répondaient « WMCA Good Guys ! » au téléphone étaient récompensés par un sweat-shirt « WMCA good guys » qui comprenait un visage heureux dans son design. Des milliers de ces sweat-shirts ont été donnés.
Le visage smiley colorié, un rond jaune avec un sourire et deux points représentant les yeux, aurait été inventé par Harvey Ball en 1963 pour une société d’assurance américaine qui voulait une campagne interne pour améliorer le moral de ses employés. La campagne est conçue par Joy Young, directrice marketing, tandis que Ball se voit confier uniquement la réalisation du visuel destiné au badge. Il ne participe pas à la création des autres supports publicitaires ni au développement du matériel promotionnel associé.
Ball n’a jamais pu revendiquer de droits sur ce dessin, ceux-ci appartenant à Worcester State Mutual, la société ayant créé le badge ainsi que la campagne, et qui l'exploite commercialement pour des services d’assurance relevant de la classe 36. Elle détient également le goodwill associé dans l’État du Massachusetts, où l’image est commercialisée jusqu’à la fin des années 1960.
Reste que Ball n’a jamais essayé de se servir, de promouvoir ou de protéger l’image. Il n’en tire jamais de bénéfice financier, à l’exception de sa rémunération initiale de 45 dollars.
David Stern de David Stern Inc., une agence de publicité de Seattle, soutient également avoir inventé le smiley en 1967 dans le cadre d’une campagne pour la Washington Mutual, mais ne cherche pas non plus à le protéger. Dans ce cas, le badge est également utilisé dans des campagnes marketing pour des services bancaires relevant de la classe 36, mais dans un autre État américain, et le goodwill associé appartient vraisemblablement à University Federal Savings, la banque qui l'exploite commercialement.
Le graphique est popularisé au début des années 1970 par les frères Bernard et Murray Spain, de Philadelphie, qui s’en emparent en septembre 1970 dans une campagne visant à vendre des articles de fantaisie. Les deux frères produisent des boutons ainsi que des tasses à café, des t-shirts, des autocollants et bien d’autres articles arborant ce symbole et l’expression « Have a happy day » (conçue par Gyula Bogar), qui devient ensuite « Have a nice day ». Avec la collaboration du fabricant new-yorkais de boutons NG Slater, quelque 50 millions de badges arborant des sourires auraient déjà été produits en 1972, bien que cette information ne soit jamais vérifiée.
En 1971, le Français Franklin Loufrani crée un Smiley dans le cadre d’une campagne anti-morosité, sous le slogan « Take the time to smile », dans le quotidien France-Soir. Il prend auparavant le soin de déposer le fameux logo à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Il donne le nom « Smiley » à son logo et lancé The Smiley Company pour domicilier sa marque.