La Slovénie, en forme longue la république de Slovénie (en slovène : Slovenija et Republika Slovenija), est un pays d’Europe centrale au carrefour des principales cultures européennes. Sa capitale est Ljubljana. Le pays partage ses frontières avec l'Italie à l'ouest, l’Autriche au nord, la Hongrie à l'est-nord-est et la Croatie au sud-est. La Slovénie dispose au sud-ouest d'un littoral d'une quarantaine de kilomètres sur la mer Adriatique. Comptant environ deux millions d'habitants, la Slovénie est un État membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) depuis le 29 mars 2004 et de l'Union européenne (UE) depuis le 1er mai 2004.
Historiquement, tout ou partie du territoire de l'actuelle Slovénie a fait partie de plusieurs États: l'Empire romain, l'Empire byzantin, l'Empire carolingien, le Saint-Empire romain germanique, le royaume de Hongrie, la république de Venise, les Provinces illyriennes du Premier Empire français, l'empire d'Autriche, l'Autriche-Hongrie et enfin la Yougoslavie.
C'est en octobre 1918 que les Slovènes ont cofondé l'État des Slovènes, des Croates et des Serbes. Cette monarchie sera appelée royaume de Yougoslavie à partir de 1929. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Slovénie est démembrée et annexée par l'Allemagne, l'Italie et la Hongrie. Une toute petite part est donnée à la Croatie, alors sous la tutelle d'un État fantoche nazi. En 1945, la Slovénie devient un membre fondateur de la république fédérative socialiste de Yougoslavie. Dans les premières années de son existence, cet État était allié au bloc de l'Est, dominé par l'Union soviétique, bien que n'ayant pas intégré le pacte de Varsovie. En 1961, la Yougoslavie devient un des fondateurs du mouvement des non-alignés.
En 1991, après l'introduction du multipartisme et de la démocratie, la Slovénie est devenue la première république à faire sécession de la Yougoslavie en devenant un État souverain indépendant. La république de Slovénie entre dans l'Union européenne et l'OTAN en 2004. En 2007, le pays devient le premier ancien pays communiste à intégrer la zone euro.
La Slovénie est aujourd'hui un pays développé à revenu élevé, avec un indice de développement humain élevé, se classant 23e dans l'indice de développement humain ajusté aux inégalités.
En slovène, la Slovénie s'écrit Slovenija et Republika Slovenija en forme longue.
On retrouve l’origine du nom de la Slovénie dans la contraction des mots slave (slovanska) et vénète[réf. souhaitée] qui désignent les langues parlées dans la région depuis ou après l’Antiquité.
La Slovénie et la Slovaquie sont souvent confondues, car les noms Slovenská Republika (qui signifie « République slovaque » en slovaque) et Republika Slovenija peuvent prêter à confusion dans de nombreuses langues. Chaque année, un poids considérable de courrier mal acheminé est à réexpédier vers la Slovénie (600 kg en 2004). Cette confusion fait que le personnel des ambassades des deux pays se retrouve chaque mois pour échanger le courrier mal dirigé[réf. nécessaire].
La Slovénie est parfois surnommée la Suisse des Balkans ou la Suisse d'Europe du Sud en raison de son relief montagneux.
Celtes et Illyriens constituent les premiers habitants de l'Antiquité, et sont soumis à l'Empire romain au cours du Ier siècle.
La Carinthie émerge probablement autour du VIe siècle à l'issue des invasions lombardes du Nord de l'Italie, et recouvre le territoire correspondant aux actuelles Carinthies autrichienne et slovène. Son existence est formellement attestée à partir du VIIIe siècle, lorsqu'elle prend son indépendance par rapport à la Bavière (746).
Le territoire de l'actuelle Slovénie commence à partir du IXe siècle à passer de main en main au gré des invasions des puissances voisines, qu'il s'agisse de la Bavière, de la république de Venise, ou des Habsbourgs.
Les Slovènes restent sous la domination de ces derniers du XIVe siècle à 1918, sans réel statut juridique mais avec toutefois une représentation à Vienne.
La région subit successivement l'influence de la Réforme au XVIe siècle, puis de la Contre-Réforme sous le règne de l'archiduc Ferdinand d'Autriche au début du XVIIe siècle. Tandis que les élites se germanisent, la population paysanne demeure largement à l'écart de ces transformations.
Des intellectuels codifient le slovène en une langue littéraire au XIXe siècle, tandis que des revendications nationalistes commencent à se faire jour.
La Première Guerre mondiale touche durement le pays, notamment sur le front de Soča à l'ouest du pays. Après que la bataille de Caporetto annonce la fin des combats sur le sol austro-hongrois en 1917, le Parti populaire slovène demande l'instauration d'un État semi-autonome regroupant les Slaves du Sud. Cette revendication est rapidement reprise par l'ensemble du spectre politique local sous le terme de Mouvement de la Déclaration.
La prise du pouvoir par des nationalistes croates, slovènes et serbes le 6 octobre 1918 lors de la chute de l'Empire conduit à une déclaration formelle d'indépendance de l'État des Slovènes, Croates et Serbes le 29 octobre suivant. Le pays rejoint le royaume de Serbie (dans lequel le royaume du Monténégro était déjà entré trois jours avant) afin de former le 1er décembre 1918 le royaume des Serbes, Croates et Slovènes qui prendra le nom de royaume de Yougoslavie en 1929.
Un plébiscite conduit en octobre 1920 à la cession de la Carinthie du Sud slovénophone à l'Autriche. L'Istrie revoit ses anciennes frontières vénitiennes sous le royaume d'Italie par le traité de Rapallo en 1920, alors que le traité de Trianon attribue les régions majoritairement slovénophones de Hongrie (Prekmurje) à la Yougoslavie (un cinquième de la population de la région était hongroise). La politique fasciste de l'Italie conduit à une résistance armée des populations à l'intérieur des terres slovènes et croates, notamment via la formation du groupe Trieste, Istrie, Gorizia et Fiume (actuellement Rijeka) en 1927, qui est démantelé par la police secrète fasciste en 1941.