Le ski alpin est un ensemble de disciplines du ski qui se pratiquent dans un contexte de loisirs (ski de piste ou hors-piste) ou de compétition (slalom, slalom géant, super géant, descente). C'est un sport olympique depuis 1936, les premiers championnats du monde remontent à 1931 et la Coupe du monde est née en 1967. Toutes ces compétitions se déroulent sous l'égide de la Fédération internationale de ski et de snowboard.
La dénomination « alpin » permet de faire la distinction entre les principales familles de pratique du ski : le ski alpin, le ski de randonnée et le ski nordique. Elle est par ailleurs souvent utilisée pour désigner le ski de piste, qui n'en est qu'une composante.
Le principe de gravir un sommet pour le descendre à ski le plus rapidement possible a été imaginé à maintes reprises au fil des années :
une grande descente est organisée en Californie, en mars 1854 selon le Nevada Journal. Il est également question d'une course de descente à La Porte mise sur pied en 1866 par des chercheurs d'or émigrés, pour la plupart de Norvège ;
en 1905, les Autrichiens organisent une descente dans le cadre des Championnats du Tyrol à Kitzbühel puis la descente du Horn en 1906 ;
en 1911, les Anglais partent en ligne du sommet du Wildstrubel (« Plaine Morte ») à Montana en Suisse dans une compétition proposée par Arnold Lunn. Le vainqueur de cette première épreuve dotée par le Trophée Earl Robert of Kandahar fut Cecil Hopkinson, qui mit plus d'une heure pour joindre l'arrivée.
Ces premières compétitions marquent le passage d’une pratique utilitaire du ski vers une approche sportive axée sur la performance et la vitesse.
Le ski alpin est ensuite organisé comme un véritable sport par un Anglais, Arnold Lunn, qui fait des premiers essais en 1897 à Chamonix alors qu'il n'a que dix ans. E.C. Richardson, « le père du ski britannique », fonde en 1903 le Ski Club of Great Britain (en) qui initie les élèves des public schools britanniques aux sports d'hiver dans les Alpes. Le ski alpin est déjà au programme. La Roberts of Kandahar Challenge Cup est une compétition de ski alpin mise en place en 1903. Dans la grande tradition britannique, ces épreuves sont réservées aux seuls Britannique. Ainsi, dès l'après Grande Guerre, Lunn met en place dans les Alpes les premiers championnats britanniques de ski alpin, « sous le regard incrédule des autochtones ».
Il faudra attendre 1929 pour assister aux premiers championnats d'Autriche ; 1930 en Suisse et 1931 en France. Toutes ces dates concernent jusque-là exclusivement la descente. Le premier slalom est disputé le 21 janvier 1922 à Mürren. C'est alors plus une épreuve de style que de vitesse.
Parmi les autres initiateurs du ski alpin, citons l'Autrichien Mathias Zdarsky qui publia en novembre 1896 un ouvrage de techniques de ski dans lequel il reprend essentiellement les anciennes techniques norvégiennes (ski de fond et Télémark principalement) sur le modèle de l'ouvrage À ski à travers le Groenland du Norvégien Fridtjof Nansen, publié en 1888. Zdarsky prône notamment l'utilisation d'un seul grand bâton, comme le faisaient jadis les Norvégiens, alors que l'usage des deux bâtons se généralise en ski de fond dès la fin des années 1880.
En 1924 sont créées la Fédération internationale de ski (FIS) et la Fédération française de ski (FFS), année où sont organisés les premiers Jeux olympiques d'hiver à Chamonix. Toutefois, ces organismes ne reconnaissent pas le ski alpin et le terme « ski » est réservé exclusivement pour désigner le ski nordique. Seul le ski nordique est d'ailleurs présent au programme de ces premiers rendez-vous internationaux qui furent reconnus plus tard comme les premiers Jeux olympiques d'hiver. De même, le fameux « Premier concours international de sports d'hiver » organisé à Montgenèvre du 10 au 12 février 1907 par l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) ne concernait que le ski nordique. En 1928, la première « Classique » du ski alpin, l'Arlberg-Kandahar eut lieu à Sankt Anton am Arlberg, sous l'autorité d'Arnold Lunn et de son ami Hannes Schneider.
Arnold Lunn présente au congrès de la FIS à Saint-Moritz en 1928 un projet d'intégration du ski alpin, encore très largement inconnu même dans les milieux sportifs. Cette motion est repoussée en raison d'une opposition catégorique des pays nordiques. Lunn ne se décourage pas, et présente une nouvelle demande en 1930 à Oslo. Les pays nordiques se montrent moins catégoriques et autorisent la création de compétitions tests, mais sont toujours hostiles à l'admission du ski alpin au programme olympique. Lunn peut ainsi organiser la première édition des championnats du monde à Mürren en 1931 sous l'accord de la FIS. Le Comité international olympique (CIO) suit et intègre finalement le ski alpin aux Jeux olympiques d'hiver de 1936 à Garmisch-Partenkirchen. Seules les épreuves du combiné alpin (descente/slalom) donnent cependant droit à des médailles olympiques. Les titres et les médailles d'or reviennent à Franz Pfnür et Christl Cranz (Allemagne). Le Norvégien Birger Ruud, un sauteur, établissait le meilleur temps dans la manche de descente devant Pfnür qui dominait le parcours de slalom. Le Mégevan Emile Allais terminait 3e du combiné ce qui lui rapportait la médaille de bronze.
Chez les femmes, une autre Norvégienne, Laila Schou Nilsen, était la plus rapide en descente mais Cranz se révélait hors d'atteinte en slalom.
Les premières écoles de ski alpin sont mises en place en Suisse et en Autriche au début des années 1930 et le monde germanique — l'Allemagne, la Suisse et surtout l'Autriche, avec sa Mecque de l'Arlberg — domine sans rival le ski alpin jusqu'au milieu des années 1930. La méthode de ski de l'Arlberg, codifiée par Hannes Schneider, est la référence. Elle est basée sur le virage chasse-neige et le stembogen. Ces virages étaient faciles à réaliser mais cassaient la vitesse.
Les grandes vedettes du ski de l'époque sont, entre autres, les Autrichiens et les Suisses Otto Furrer, David Zogg, les frères Ruud, Toni Seelos, Rudolf Rominger, Christl Cranz et Heinrich Harrer.
Le monde germanique a apporté d'importantes innovations techniques :
les premières fixations modernes datent des années 1933-1934. Elles sont essentiellement mises au point en Autriche et en Norvège ;
le premier téléski à enrouleurs est mis en service en Suisse à Davos, le 24 décembre 1934, par l'ingénieur Ernst Gustav Constam. Parmi les pionniers français on peut citer le téléski de Charles Rossat au col de Porte en février 1936 au lieu-dit « La Prairie ». Le premier téléski à perches du Français Jean Pomagalski est, quant à lui, mis en service cette même année à l'Alpe d'Huez.