Les singes sont des mammifères de l'ordre des primates, généralement arboricoles, à la face souvent glabre et caractérisés par un encéphale développé et de longs membres terminés par des doigts. Bien que leur ressemblance avec l'être humain (Homo sapiens) ait toujours frappé les esprits, la science a mis de nombreux siècles à prouver le lien étroit qui existe entre ceux-ci et l'espèce humaine.
Au sein des primates, les singes forment un infra-ordre monophylétique, si l'on y inclut le genre Homo, nommé Simiiformes et qui se divise entre les Platyrhiniens (singes du Nouveau Monde : Amérique centrale et méridionale) et les Catarhiniens (singes de l'Ancien Monde : Afrique et Asie tropicales). Ces derniers comprennent les hominoïdes, également appelés « grands singes », dont font partie Homo sapiens et ses ancêtres les plus proches. On dénombre au moins 334 espèces de singes.
Même s'il ne fait plus de doute aujourd'hui que « l'Homme est un singe comme les autres », l'expression est majoritairement utilisée pour parler des animaux sauvages, et évoque un référentiel culturel, littéraire et artistique qui exclut l'espèce humaine.
Le terme viendrait du latin impérial simius, plutôt que du latin classique simia.
Les adjectifs se rapportant au singe sont simien et simiesque.
Les « singes du Nouveau Monde » et les « singes de l'Ancien Monde » sont regroupés par la classification phylogénétique dans l'infra-ordre des Simiiformes.
Le terme de « grand singe » désigne toutes les espèces faisant partie des hominoïdes, c'est-à-dire les espèces actuelles de gibbons, orangs-outans, gorilles, chimpanzés (communs et bonobos) et hommes, ainsi que les espèces apparentées ou intermédiaires aujourd'hui éteintes.
En français, les différentes sortes de singes sont désignées par des noms plus ou moins précis comme babouin, chimpanzé, gibbon, gorille, macaque, orang-outan, ouistiti, etc.
Contrairement aux oiseaux, il n'existe pas, en français, d'organisme reconnu qui propose des noms uniques pour les espèces de singes. De ce fait, de nombreux singes, particulièrement en Amérique du Sud, possèdent plusieurs noms communs, au sens « nom de vulgarisation scientifique » en français. Les noms peuvent être calqués sur les noms scientifiques comme les Lagotriche ou sur les noms vernaculaires locaux comme Sapajou.
En outre, du fait de la ressemblance morphologique entre espèces, beaucoup de noms vernaculaires désignent de fait plusieurs espèces, la progression des connaissances ayant permis ultérieurement de faire la différence entre elles. De plus, l'usage des noms vernaculaires a varié au cours du temps. Ainsi le terme chimpanzé, quand il a été adopté en français, désignait indistinctement deux espèces, qui, après qu'elles furent différenciées, ont été nommées dans un premier temps « chimpanzé commun » et « chimpanzé nain », puis « chimpanzé commun » et « bonobo ».
Historique, découverte et classification
La première description « scientifique » des singes qui nous soit parvenue date du IVe siècle av. J.-C. et revient au philosophe grec Aristote. Dans son Histoire des animaux, il décrit le « singe » (ou « pithèque », probablement le magot), le « cèbe » (le cercopithèque) et le « cynocéphale » (le babouin), qui « ont une nature intermédiaire entre celle de l'homme et celle des quadrupèdes ». Il ajoute que le cèbe « est un singe qui a une queue » et que les cynocéphales leur ressemblent par leur forme, « sauf qu'ils sont plus grands, plus forts et que leur face ressemble plutôt à un museau de chien ».
Pour le naturaliste romain du Ier siècle Pline l'Ancien, les singes sont les animaux qui, « par leur conformation, ressemblent le plus à l'homme ». Dans L’Histoire naturelle, il cite aussi les callitriches qui ne vivent que « sous le ciel d’Éthiopie », les cynocéphales et les satyres. Ces derniers sont assimilés à des singes qui vivent « dans les montagnes indiennes situées au levant équinoxial », dans un pays « dit des Catharcludes ». Ils « courent tant à quatre pattes que sur leurs deux pieds » et « ont la face humaine ».
Un siècle plus tard, le médecin grec Galien contourne l'interdiction par le droit romain de disséquer des cadavres humains en pratiquant la vivisection de différents animaux, dont des singes magots. Il constate en effet que « de tous les animaux le singe ressemble le plus à l'homme pour les viscères, les muscles, les artères, les nerfs et la forme des os ».
Au Moyen Âge, les singes acquièrent un statut d'animal de compagnie fort prisé des puissants. Macaques et cercopithèques sont importés très tôt en Europe où ils égaient les cours des princes et des évêques, parfois vêtus de riches habits. Le motif du singe est souvent repris dans les enluminures, les fresques et les sculptures, et symbolise la folie et la vanité de l'Homme. Leur représentation iconographique figure invariablement un collier et une chaîne, laquelle est parfois reliée à un billot de bois pour limiter les mouvements de l'animal dans la pièce.
Isidore de Séville, dans son Etymologiae (paru en 625), déconseille aux femmes enceintes de regarder le visage d'animaux laids, comme le singe ou le cynocéphale. Il prétend qu'elles risquent alors d'accoucher d'un enfant aussi laid que ces créatures. Michel Pastoureau, dans son Bestiaires du Moyen Âge (2011), utilise cette croyance comme exemple dans son chapitre sur les singes. Il évoque alors que cet animal était longtemps considéré par les chrétiens comme une sorte de copie démoniaque de l'être humain.
Au XIIIes, Brunetto Latini affirme dans son encyclopédie Li livres dou trésor que la femelle du singe abandonne un de ses petits en cas de danger.
Les descriptions antiques et médiévales étaient plus imaginatives que précises et se basaient sur les observations de singes présents surtout sur les pourtours du bassin méditerranéen et rapportées par les voyageurs.