Sikasso est une ville et une commune urbaine malienne, chef-lieu du cercle et de la région de Sikasso. Deuxième ville du Mali par le nombre d'habitants après Bamako, elle est la capitale historique du royaume du Kénédougou constitué au XVIIe siècle. Outre sa fonction administrative, la ville est un centre commercial, logistique et industriel lié aux productions agricoles de son arrière-pays, en particulier le coton. Ces productions profitent d'un climat tropical de savane.
Elle se situe au sud du pays à proximité des frontières burkinabée et ivoirienne.
Sikasso est construite autour du mamelon de Sikasso, une butte artificielle où siégeaient les rois de Sikasso. La ville s'étage entre 340 m et 420 m d'altitude sur une colline qui domine la vallée du Lotio, sous-affluent du Bani (par le Bafini et le Bagoé). À 30 km au sud, les montagnes culminent à 759 m.
Les communes limitrophes sont, au nord-ouest : Pimperna, au nord : Diomaténé, au nord--est : Zangaradougou et Danderesso, à l'est et au sud : Koboïla, au sud-ouest : Sokourani-Missirikoro et Missirokoro enfin à l'ouest : Natien.
Sikasso bénéficie d’un climat tropical de savane avec une saison sèche en hiver et une saison humide en été. Il est classé Aw dans la classification de Köppen. Les précipitations sont très abondantes durant la saison des pluies de mai à octobre pouvant dépasser les 300 mm. À l'inverse, en hiver les pluies sont faibles ou inexistantes, particulièrement de décembre à février. Durant ces quatre mois, les températures moyennes peuvent descendre sous les 25°C avec un rafraichissement nocturne marqué. Les quatre mois suivants sont à l'inverse les plus chauds avec des températures moyennes avoisinant les 30°C. Avec l'entrée dans la saison des pluies, en juin, les températures moyennes baissent pour se rapprocher de 25°C. Les vents ont un caractère saisonnier très marqué. En hiver, pendant la saison sèche, ils viennent du nord et de l'est alors qu'en été durant la saison des pluies les vents proviennent du sud et de l'ouest .
Avec son cumul pluviométrique annuel important, dépassant 1 m, ce climat permet une production agricole abondante. Les fruits et légumes sont disponibles toute l’année et l'autosuffisance alimentaire est assurée à la différence du reste du Mali.
La ville de Sikasso a été fondée au début du XIXe siècle par Mansa Daoula Traoré. Elle fut la capitale du royaume du Kénédougou. La cité s'urbanise à la fin du XIXe siècle à l'apogée du royaume de Kénédougou dirigé par une dynastie Dioula : les Traoré, mais peuplé surtout de Sénoufos. Elle devient la capitale du royaume de Kénédougou vers 1870.
Un tata (muraille défensive) y fut construit par Tiéba Traoré, roi du Kénédougou, afin de protéger la ville contre les attaques de Samory Touré puis celles des troupes coloniales françaises. Louis-Gustave Binger rencontre Samory à Sikasso le 26 septembre 1887. Il laisse une longue description du tata de Sikasso. Le tata a été agrandi et renforcé par Babemba Traoré. Cet édifice est menacé de disparition en raison de la pression du développement de la ville. Le Conseil des ministres du 18 mars 2009 a adopté un projet de décret portant classement du Tata de Sikasso et éléments associés dans le patrimoine culturel national.
En avril 1898, le colonel Maxime Audéoud prend prétexte du refus de Babemba Traoré, successeur de Tiéba, à l'établissement d'une garnison française pour attaquer la ville. Les trois enceintes du Tata ont résisté à Samory mais pas aux obus modernes et malgré les violentes contre-attaques des défenseurs, la ville est prise au terme de deux jours de siège, le 1er mai 1898 et mise à sac.
Dans les années 1950, dans le cadre de l'AOF et du Soudan français, les institutions municipales sont mises en place. Le 17 février 1954, par un premier arrêté, la ville est érigée en commune mixte . Le 22 mai 1956, par un second arrêté elle devient une commune de moyen exercice. Puis par un troisième arrêté, du 30 décembre 1959, elle devient une commune de plein exercice dans le cadre de la loi française du 18 novembre 1955. Elle est alors dirigée par un conseil municipal élu par un collège unique dirigé par un maire élu en son sein. En 1960, à l'indépendance de la République soudanaise, la commune est maintenue avec une tutelle de l'état qui doit approuver budget et arrêtés municipaux. Le 4 novembre 1996, dans le cadre des lois maliennes de décentralisation, Sikasso est érigée en commune urbaine, disposant de libertés et de compétances accrues. Son territoire est redéfini, incorporant plusieurs villages voisins .
Route trans-sahélienne Dakar (Sénégal) - N'Djamena (Tchad) passe par Sikasso. La cité est un carrefour routier entre la Côte d’Ivoire et les pays enclavés : Burkina Faso et Mali. La ville est située à 370 km au sud-est de Bamako par la route nationale 7 et à 300 km au sud de Ségou par la route nationale 6. La frontière du Burkina Faso est à 45 km par la route nationale 10 en direction de l'est et celle de la Côte d'Ivoire est à 100 km au sud par la route nationale 7. Sikasso est ainsi un nœud routier qui relie la capitale du Mali et le centre du pays au port ivoirien d'Abidjan. La ville dispose d'une importante gare routière à Sanoubougou
La ville de Sikasso dispose d'un aéroport : Sikasso Dignagan non desservi par des lignes régulières. Une quinzaine de compagnies opèrent des lignes de bus interurbains entre Sikasso et Bamako.
Sites naturels ou historiques de la région
Les ruines du légendaire tata de Sikasso construit au XIXe siècle. par le roi Tiéba Traoré et Babemba Traoré. Le Tata de Sikasso est une imposante muraille en terre construite pour défendre la ville contre les agresseurs. La toute dernière enceinte avait un périmètre de 9,5 km; une épaisseur de 6 mètres à la base et 2 mètres au sommet et d'une hauteur variant de 4 à 6 mètres et comptait 5 grandes portes verrouillées. Grâce au Tata, Sikasso résista longtemps aux troupes de Samory Touré et à l'assaut de l'armée coloniale française.
Les grottes de Missirikoro à 13 km.
Le palais des rois du Kenedougou.
La ville de Sikasso est érigée en commune mixte en 1954, elle a pour premier administrateur-maire, le Commandant de Cercle.
La gestion de la commune est confiée au conseil communal, assemblée délibérative de 41 membres, élue au suffrage universel. Ce conseil élit en son sein le bureau communal composé du maire et de 5 adjoints. Ce second organe constitue le pouvoir exécutif communal.