Sid Ahmed Rezala, né le 13 mai 1979, à El Biar, en Algérie, et mort le 28 juin 2000, à Lisbonne, au Portugal, surnommé le « Tueur des trains », est un tueur en série franco-algérien, fortement soupçonné d’être l’auteur de trois meurtres de femmes commis en France entre octobre et décembre 1999. Réfugié au Portugal, il meurt par autolyse avant son extradition et son procès.
Sid Ahmed Rezala naît le 13 mai 1979 à El Biar, en Algérie. Son père est un mécanicien itinérant originaire de Mouzaïa. Sa mère Yasmina, naît en Belgique et sa famille rentre en Algérie en 1962. Le couple a trois garçons et une fille.
Sid Ahmed évolue au sein d'une famille élargie. Sa tante, la sœur d'Ali Rezala, habite le quartier avec son mari et ses enfants. Rezala se divertit avec ses cousins. Il est inscrit à l'école maternelle des Orangers. Décrit comme un enfant timide, il est la « tête de Turc » des autres élèves. Ses parents le placent ensuite chez les scouts.
À ses heures libres, Sid Ahmed est chez sa tante avec laquelle il noue une relation particulière. Elle prend le relais de sa mère, Yasmina, qui se morfond dans le quartier et lui apprend le français.
En 1988, âgé de 9 ans, un tournant a lieu dans la vie de Rezala. Il aurait été victime d'un viol collectif par des jeunes de son quartier. Il déclarera plus tard lors d'une interview : « Ils sont tous passés sur moi, ils étaient sept ou huit, ils avaient entre 20 et 30 ans. En Algérie, quand ça t'arrive, tu ne peux en parler à personne. Si tu portes plainte, c'est la honte. Mais ça se passe plus souvent qu'on croit dans les quartiers ». Sa famille, mise au courant par la suite et connaissant les coupables, ne lui aurait pas porté assistance.
Sid Ahmed est scolarisé au CEM Bougara (équivalent du collège). Il est un élève turbulent. Son père Ali est souvent convoqué par la direction du CEM Bougara pour des faits de violence, insultes, indiscipline permanente. Il est considéré comme un petit caïd qui fait régner l'injustice parmi les élèves.
À la Jeunesse sportive de Bir Khadem (CRMB), Sid Ahmed pratique plusieurs sports, en particulier le basket, avec une habileté certaine. Un dirigeant se souvient de son comportement instable.
Avant son départ en France, Rezala est déscolarisé, il ne fréquente plus que la rue. Un de ses anciens professeurs se souvient :
« J'ai remarqué qu'il avait un problème psychiatrique. Il ne tenait pas en place. Dans un autre contexte, il aurait été repéré et pris en charge »
Durant l'été 1994, son père décide de quitter l'Algérie avec son épouse et ses quatre enfants. L'Algérie est en proie à une violente guerre civile et la violence islamiste touche le quartier à l'époque. La famille s'installe à Marseille au quartier la Belle-de-Mai, proche de la gare Saint-Charles.
En juillet 1994, à son arrivée, Sid Ahmed est inscrit au collège Edgar-Quinet. Il commence à fuguer. Ses parents demandent au juge pour enfants une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert. Il ne reprend pas le basket, un sport qu'il aimait pratiquer en Algérie.
La famille Rezala est décrite comme un modèle d'intégration. Le père trouve un emploi de carrossier dans un garage du quartier de La Plaine, et les deux frères et la sœur de Sid Ahmed suivent sans difficulté leur scolarité. Selon Fabrice Andrac, le premier avocat de Sid Ahmed : « M. et Mme Rezala sont des gens charmants, qui se rendaient à toutes les convocations concernant leur fils. Ils s'occupaient de Sid Ahmed, pour lequel ils étaient préoccupés ».
En 1995, en classe de quatrième, Sid Ahmed quitte l'école. La même année, il est pour la première fois fiché comme délinquant. Commence alors presque aussitôt sa descente aux enfers : consommation de drogue et d'alcools forts, vols de voiture et vols à la roulotte, dégradations, actes de violence et de délinquance divers.
En février 1995, Sid Ahmed viole un garçon de quinze ans dans un sous-sol du parking Saint-Charles. Le 21 mars 1995, alors qu'il n'a pas encore seize ans, il est placé en détention provisoire, accusé de viol. Rezala dit aux enquêteurs qu'il ne comprend pas exactement ce qu'on lui reproche, il finira des années après par reconnaître que ce crime était motivé par ses pulsions qui le forçaient à humilier et faire souffrir ses victimes, ses pulsions seront certainement les éléments déclencheurs des trois meurtres de la courte vie de Rezala.
Le 7 décembre 1995, Rezala est condamné par le tribunal pour enfants de Marseille à quatre années de prison dont dix-huit mois ferme et trente mois de mise à l’épreuve. Son ADN est également prélevé pour analyse.
Les rapports des experts psychiatres mentionnent « l'absence d'organisation perverse de la personnalité ». Rezala serait d'une « intelligence moyenne ». Les rapports écartent « tout trouble psychologique susceptible d'influencer ses comportements », mais, ajoute l'un d'eux, « ses traits de personnalité peuvent inciter à évoquer un risque de récidive délinquante ». Il est également précisé que « ses tendances à la manipulation lui permettent de s'adapter à des situations défavorables comme la détention ».
Incarcéré au quartier des mineurs de la prison de Luynes, Rezala se montre très agressif envers le personnel. Il fait l'objet d'une plainte pour viol, déposée par un codétenu. La plainte sera classée sans suite, les faits, qui se sont déroulés dans les douches, se rapprochant davantage d'une relation sexuelle consentie, selon une nouvelle version des faits apportée par le codétenu de Sid Ahmed Rezala. Entre deux crises d'épilepsie, Sid Ahmed détruit plusieurs fois sa cellule et n'échappe pas aux diverses sanctions disciplinaires.
Au printemps 1996, Sid Ahmed sort de prison et entame un apprentissage de pâtissier, une activité qui lui vaut les éloges de son employeur. Selon le restaurateur marseillais qui avait embauché Sid Ahmed Rezala, il était son « meilleur apprenti ». Les témoignages se recoupent pour dépeindre un garçon « avenant, séducteur, très poli, bien élevé ». « Un garçon un peu introverti, parlant peu de lui. Je ne le sentais pas violent, mais j'avais l'impression qu'il ne vivait pas comme un garçon de son âge », note M. Andrac.