Ce Jour-là

Sibylle

Prophétesse aux oracles énigmatiques dans l'antiquité gréco-romaine

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Une sibylle est, durant l'Antiquité, une prophétesse, une femme qui fait œuvre de divination.

Différences entre sibylles et Pythie

La Pythie a un statut institutionnel, au sanctuaire d'Apollon de Delphes ; c'est un office et non une personne précise.

La sibylle donne une divination occasionnelle, indépendante. Il y a eu plusieurs sibylles, attachées primitivement à des sanctuaires de la déesse Cybèle.

La Pythie n'est que la porte-parole du dieu, elle répond aux questions qui lui sont adressées ; la sibylle parle à la première personne, revendique l'originalité de sa prophétie et le caractère indépendant de ses réponses.

La Pythie apparaît en Grèce après la première sibylle (Hérophile), les sibylles, à l'origine servantes de la grande déesse Cybèle (Agdistis), ont leur origine à Pessinonte, en Asie Mineure au VIIIe siècle av. J.-C.

Dans la mythologie grecque, la sibylle est une prêtresse d'Apollon qui personnalise la divination et prophétise.

Les sibylles exprimaient leurs oracles dans un langage énigmatique permettant de nombreuses interprétations. Fameuse est la prophétie orale pour un soldat « Ibis redibis non morieris in bello ». Si une virgule est placée avant le « non », la phrase dit : « Tu iras, tu reviendras, tu ne mourras pas à la guerre », mais avec une virgule après le « non », la phrase est « Tu iras, tu ne reviendras pas, tu mourras à la guerre ».

L'obscurité et l'ambigüité de la divination des sibylles a donné le qualificatif « sibyllin » qu'on attribue à des propos confus, énigmatiques, mystérieux ou à double sens.

La sibylle figure l'être humain élevé à une dimension surnaturelle, lui permettant de communiquer avec le divin et d'en livrer les messages, tels le possédé, le prophète. Les sibylles furent considérées comme des incarnations de la sagesse divine, aussi vieilles que le monde, et dépositaires de la révélation primitive. Aussi a-t-on pu rapprocher[réf. souhaitée] le nombre des douze sibylles et celui des douze apôtres et de peindre ou de sculpter leurs effigies dans des églises.

Les sibylles témoignent de l'importance attachée dans l'Antiquité aux pouvoirs divinatoires : prophètes, pythies, et oracles…

Les origines du mythe ainsi que l'étymologie du mot demeurent incertaines et disputées. On a pu les chercher dans le monde indo-européen, par analogie avec des termes sanskrits par exemple, mais aussi dans la Mésopotamie antique.

Au Ier siècle av. J.-C., on dénombre dix sibylles ; deux autres, la sibylle Agrippa et la sibylle européenne, ont été ajoutées à la liste à la fin du Moyen Âge, de sorte que le nombre de sibylles corresponde au nombre d'apôtres :

la sibylle d'Érythres. Aussi appelée Hérophilé, la sibylle érythréenne vient de la ville d'Érythres en Ionie. C'est la fille de Théodoros et d'une nymphe de l'Ida de Troade. Hérophilé a la singularité de livrer ses oracles en vers. Elle vécut au temps des Argonautes et de la guerre de Troie. Elle mourut à l'âge de cent-dix ans et est, selon la tradition, inhumée en Troade. Mais certains auteurs estiment que la sibylle d'Érythres serait la même que celle de Cumes… ;

la sibylle tiburtine (de Tibur, aujourd’hui Tivoli où se situent les ruines de son temple) ; on la nommait Albunéa ;

la sibylle hellespontine (en). Elle officiait à Dardanie, sur l'Hellespont. Née à Marpessos, près de Troie, elle s’exprimait, selon Héraclite, « d’une bouche délirante, sans sourire, sans ornement, sans fard et sa voix parvenant au-delà de mille années grâce au dieu ». Elle rendait ses oracles sous la forme d'énigmes et les inscrivait sur des feuilles ;

la sibylle phrygienne (en) (de Phrygie, région d'Anatolie).

la sibylle persique (en). Elle est la fille de Berossos et d’Erymanthé et on la nomme parfois Sabbé. Elle est aussi désignée comme la sibylle babylonienne (voir sculpture à Úbeda ci-dessous).

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