Le siège de Waco est un blocus qui s'est déroulé du 28 février au 19 avril 1993 à la résidence de la secte des « Davidiens » (« Davidians » en anglais) à Elk, près de Waco au Texas (États-Unis). Le siège provoque la mort de 86 personnes : 4 agents du gouvernement et 82 morts parmi les Davidiens, dont 25 enfants et le leader du groupe David Koresh, principalement dans l'incendie qui mit un terme aux 51 jours de siège par les forces de police.
L'affaire est considérée comme l'un des événements les plus catastrophiques de l'histoire américaine contemporaine, Bill Clinton déclarant avoir été « furieux » d'avoir permis ce raid. C'est aussi l'action la plus meurtrière du gouvernement américain contre ses propres citoyens depuis la guerre de Sécession. Les controverses soulevées par la gestion du conflit persistent à ce jour.
Le raid sur Waco est prévu pour le 1er mars 1993 mais trois jours avant, le journal local publie un long article qui révèle que David Koresh est un gourou qui pratique la violence, l'atteinte sexuelle sur mineur et la polygamie.
Le premier raid, dont le nom de code est « Showtime », est donc avancé pour éviter que Koresh ne se braque[pas clair], mais des médias arrivent sur place avant, si bien que Robert Rodriguez, un agent infiltré dans le camp, envisage d'y renoncer par crainte d'un carnage. L'ATF donne tout de même l'assaut le 28 février 1993 à 9 h 45. Un important groupe de l'ATF (au moins 67 agents, voire, selon certaines sources, 76 hommes ainsi que de quatre-vingts véhicules) se positionne autour de la résidence du Mont Carmel. Selon certaines sources, David Koresh se serait alors présenté à la porte avec son beau-père, sans arme, en s'écriant : « Discutons, il y a des femmes et des enfants ici ! ». Selon d'autres, il aurait refermé violemment la porte sur les agents qui lui présentaient le mandat de perquisition. L'ATF déclare alors en savoir assez sur la personne de Koresh.
Considérant être dans une impasse, les agents du FBI s'engagent alors dans une nouvelle phase de l'assaut, en procédant régulièrement à de fausses charges de char d'assaut, et en utilisant des sons stridents et des lumières permanentes afin de forcer les occupants à quitter le bâtiment. Dix-neuf enfants âgés de cinq mois à douze ans sont autorisés à sortir, sans leurs parents. Par la suite, l'électricité et l'eau sont également coupées. À ce stade, Koresh ordonne à onze autres membres du groupe de quitter le bâtiment.
Plusieurs universitaires, spécialisés dans les questions religieuses et bibliques, commencent alors à intervenir pour alerter les forces de l'ordre, estimant que l'assaut allait conforter Koresh et ses disciples dans leur vision apocalyptique et faire d'eux des martyrs. La tactique policière utilisée est jugée comme une erreur par des sociologues des religions et une cause majeure de la dérive de l'assaut. Ceci sera à l'origine d'une réflexion ultérieure sur les méthodes à employer dans ces cas de figure.
Après 51 jours, le FBI déclare avoir des informations indiquant que le groupe allait commettre un suicide collectif. La procureur général des États-Unis, Janet Reno, approuve alors l'idée d'un assaut final. Des gaz lacrymogènes sont alors insufflés dans le bâtiment par des chars qui percent des trous directement dans les murs, effondrant quelques façades dans la manœuvre. L'utilisation de ces gaz est critiquée par la suite, puisque, selon certaines sources, le risque mortel pour les jeunes enfants était très élevé. Mais les occupants trouvent un lieu de repli dans un bunker (qui fait office de garde-manger), où la majorité des corps sont retrouvés par la suite.
À 12 h 7, les premières flammes visibles apparaissent sur le bâtiment. À 12 h 55, le brasier a consumé la totalité du bâtiment.
La thèse du suicide collectif est défendue par le FBI. Les Davidiens survivants et d'autres témoins affirment que ce sont les gaz qui ont mis le feu à l'intérieur. D'autres parlent de grenades à gaz lacrymogène à fonctionnement pyrotechnique, susceptibles de déclencher un incendie, envoyées sur le bâtiment. Cette confrontation des thèses provoque de nombreuses controverses, d'autant plus qu'il fut prouvé que de telles armes avaient effectivement été utilisées, sans qu'il soit cependant jamais démontré que de telles grenades avaient bien déclenché l'incendie général.
À 15 h 45, la mort de David Koresh est confirmée. Certaines photos montrent un impact de balle dans le crâne[réf. nécessaire].
Le bilan humain est de 86 morts, incluant quatre agents de l'ATF, et vingt blessés. Neuf Davidiens survivent à l'attaque et sont ensuite condamnés pour possession illégale d'armes. Les familles des victimes portent plainte contre le gouvernement des États-Unis et d'autres organes officiels, mais elles sont déboutées.
L'ATF est sévèrement critiqué à la suite de l'assaut, à la fois sur le contenu du mandat de perquisition, d'arrêt et sur les méthodes (en particulier l'utilisation d'hélicoptères).
La destruction par le FBI des restes du bâtiment, le 12 mai 1993, moins d'un mois après l'assaut final, est généralement jugée suspecte alors qu'aucune enquête sur les lieux n'avait encore été conduite.
La cause de l'escalade de violence et l'origine des premiers tirs ne sont pas élucidées. Aucune des enquêtes contradictoires n'a pu déterminer précisément ce qui s'est passé ce jour-là, d'autant plus que les médias avaient été tenus à distance.
Malgré les controverses qui n'ont pas cessé jusqu'à nos jours, le fait que des Davidiens aient utilisé leurs armes contre l'ATF et le FBI n'est pas discuté. Il est estimé également que des erreurs tactiques et psychologiques, ainsi que la pression que subissaient les forces de l'ordre, ont joué une part dans la fin tragique de ce qui devait, au départ, être une simple perquisition.
L'autopsie des corps retrouvés dans la résidence ouvre un nouveau débat : selon certaines sources, elle démontre que plusieurs enfants étaient morts à cause des gaz lacrymogènes ou que la probabilité est très grande, que plusieurs adultes étaient morts de balles dans la tête, et que d'autres avaient eu le crâne fracassé. La responsabilité de ces assassinats n'a pas été clairement attribuée. Des images montreraient une escouade de forces d'intervention qui serait entrée dans le bâtiment pendant l'incendie et ressortie rapidement ensuite et des échanges de tirs auraient eu lieu à ce moment-là. Certains Davidiens survivants soutiennent que ce groupe avait été envoyé pour abattre Koresh et ses proches collaborateurs.[réf. nécessaire]
La présence d'officiers de la Delta Force ainsi que de membres du Special Air Service britannique auprès de Janet Reno lors de l'étude des plans d'assaut et sur le lieu de la tragédie, a alimenté le doute mais on ignore toujours le rôle exact qu'ils ont joué. Janet Reno a déclaré prendre « l'entière responsabilité de la catastrophe », en particulier concernant l'usage des gaz lacrymogènes alors que des pressions politiques voulaient qu'elle attribue la responsabilité au président Bill Clinton.
Un sondage du magazine Time d'août 1999 indiquait que 61 % des Américains étaient persuadés que les forces de l'ordre avaient déclenché l'incendie à la résidence et non les Davidiens comme le dit la version officielle.