Le siège de Savannah est une bataille de la guerre d'indépendance américaine qui s'est déroulée en 1779, opposant environ 2 000 Britanniques à 3 500 Français, aux trois-quarts venus des Antilles, et leurs 1 500 alliés américains.
Une année auparavant, la ville de Savannah, capitale de la colonie de Géorgie, avait été investie par le corps expéditionnaire britannique du lieutenant-colonel Archibald Campbell.
Le siège en lui-même consiste en une tentative franco-américaine de reprise de Savannah allant du 16 septembre 1779 au 18 octobre 1779. Les Français créent la surprise en mobilisant plus d'une centaine de navires aux Antilles mais les Anglais leur coupent l'accès à la ville en obstruant le canal par des vaisseaux coulés, rendant le siège complexe en termes de logistique.
Le 9 octobre 1779, un assaut majeur contre les Britanniques échoue, qui fait place à une retraite générale après de très lourdes pertes. Les Britanniques conservent le contrôle de la Géorgie jusqu'en 1782 mais renoncent à en faire le pivot de leur offensive.
Savannah est la capitale de la Géorgie, qui est alors une colonie de plantations, peu peuplée, qui a connu des arrivées d'esclaves noirs seulement après 1750.
La déclaration de guerre franco-espagnole met sous pression l'ennemi anglais car il doit déployer des troupes sur une beaucoup plus grande échelle, jusqu'à la Floride et l'Arc antillais. Le 29 décembre 1778, l'armée du lieutenant-colonel Campbell s'était alors emparée de Savannah, défendue par un petit millier d'Américains et d'Augusta, que ces derniers échouent à reprendre.
Un fort avait été implanté à Savannah en 1733 pour éviter le bagne à 113 colons anglais surendettés et servir de glacis entre les positions espagnoles et celles des Amérindiens. Il a fallu attendre 1765 pour que la population blanche de cette vaste colonie atteigne 18 000 personnes et 1775, un an avant la guerre d'indépendance américaine, pour le seuil 35 000 personnes.
La ville est située à l'embouchure, de la rivière qui porte le même nom et s'enfonce dans les terres. C'est une place fortifiée de dimension modeste, gardée par seulement 400 miliciens lorsque les Anglais s'en emparent. Sa taille modeste leur permet de l'entourer d'un rideau de fortifications complémentaires sous forme d'une série de redoutes qui entourent la ville, parfois complétant des terrains marécageux à l'est de la ville qui la rend difficile à attaquer de ce côté, et parfois construites en sable, qui seront largement augmentées au cours du siège de Savannah. La ville est bâtie sur une colline escarpée dominant la rivière sur l'une de ses façades, autre barrière naturelle.
Au sein de cette série de redoutes bâtie par les anglais et complétée pendant le siège par un système de tranchées complexe, permettant de perturber le siège par des sorties, l'une, plus avancée, porte le nom de Spring Hill. Cette redoute sera visée en premier par l'assaut de l'armée française qui a cependant sous-estimé sa défense s'exposant à un feu beaucoup plus nourri que prévu, tandis qu'une partie des troupes a vu sa progression freinée par la zone de marécages dont le danger avait été sous-estimé par les stratèges militaires du comte d'Estaing. Au moment où les armées françaises et américaines doivent se replier, les chasseurs volontaires de Saint-Domingue, en liaison avec les grenadiers volontaires de cette colonie, chargent à la baïonnette une colonne britannique qui tentait de poursuivre les assiégeants en repli, mais s'étant trop approchés des ouvrages anglais, les hommes de de Saint-Domingue subirent de lourdes pertes.
Le Siège de Savannah est essentiellement composé d'opérations terrestres. Les opérations navales ont joué un rôle car les français ont créé la surprise en amenant un corps expéditionnaire composé aux trois-quarts de soldats volontaires des Antilles, pour la plupart d'anciens esclaves noirs, tandis que les Anglais ont coulé plusieurs de leurs navires pour empêcher la flotte ennemie d'approcher.
Après la bataille navale de la Grenade (6 juillet 1779), où elle avait battu la Royal Navy, la flotte française du vice-amiral Charles Henri d'Estaing s'est ouvert un accès plus facile aux côtes de l'Amérique du Nord et dans les Antilles[réf. nécessaire].
Cependant, d'Estaing reçoit l'ordre de détacher deux escadres, sous le commandement de La Motte-Picquet et de Grasse, pour protéger respectivement Saint-Domingue et la Martinique, et de former un convoi de navires de commerce pour rentrer en France.
Cette perspective inquiète beaucoup les insurgés américains, qui n'ont pas de marine, face aux Britanniques, qui tiennent Savannah en Géorgie, et peuvent envahir la Caroline du Nord et du Sud.
Sur l'insistance du consul de France à Charlestown, d'Estaing accepte de participer à une opération conjointe avec l'Armée continentale pour prendre Savannah.
Les Franco-américains deux fois plus nombreux que les Anglais
Au moment de l'assaut des Franco-américains, la garnison anglaise réunit 2 000 à 3 000 hommes et 150 miliciens, car elle a réussi à mobiliser en quelques jours une colonne de secours, munie de très nombreux canons, mais elle reste face à des assaillants deux fois plus nombreux.
L'effet de surprise d'une armée essentiellement antillaise
L'assaut des Franco-américains s'appuie sur un effet de surprise car l'armée française, partie très modeste d'Europe, est essentiellement composée d'infanterie de marine récupérée dans les Antilles, essentiellement des anciens esclaves qui obtiennent en échange la liberté, car emporter la place de Savannah peut faire basculer la guerre, ouvrant l'accès à la grande rivière qui s'enfonce dans le continent américain.