Ce Jour-là

Siège de Sarajevo

Du 5 avril 1992 au 29 février 1996

Anúncio

Le siège de Sarajevo est le siège d'une capitale nationale le plus long de l'histoire moderne avec une durée de 3 ans, 8 mois et 9 jours. Après avoir été assiégée initialement par les forces de l'armée populaire yougoslave, Sarajevo, la capitale de la Bosnie-Herzégovine, est assiégée par l'armée de la république serbe de Bosnie du 5 avril 1992 au 29 février 1996 pendant la guerre de Bosnie.

Le nombre de morts civils est estimé à 10 000, dont 1 500 enfants Les rapports indiquent une moyenne d'environ 329 impacts d'obus par jour pendant le siège, avec un record de 3 777 impacts d'obus pour le 22 juillet 1993. Les tirs d'obus ont gravement endommagé les structures de la ville, y compris des bâtiments civils et culturels.

Après la guerre, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a condamné quatre responsables serbes pour de nombreux chefs de crimes contre l'humanité commis pendant le siège, y compris le terrorisme. Stanislav Galić et Dragomir Milošević ont été condamnés respectivement à la réclusion à perpétuité et à 29 ans de prison. Leurs supérieurs, Radovan Karadžić et Ratko Mladić, ont également été reconnus coupables de génocide et condamnés à la réclusion à perpétuité.

Après la Seconde Guerre mondiale, les autorités fédérales yougoslaves surveillent strictement les mouvements nationalistes, perçus comme une menace potentielle pour l’unité de l’État. À la mort de Josip Broz Tito en 1980, ces tensions refont surface et prennent une nouvelle ampleur. L’éclatement de la Yougoslavie fut accéléré par l’arrivée au pouvoir de dirigeants nationalistes, dont Slobodan Milošević en Serbie, qui poursuivait le projet d’une Grande Serbie, regroupant tous les territoires où vivaient des Serbes, y compris en Bosnie-Herzégovine et en Croatie. Cette dynamique provoque une montée des nationalismes, en particulier en Croatie, où Franjo Tuđman développe à son tour l’idée d’une Grande Croatie.

Craignant une Yougoslavie dominée par la Serbie, la Slovénie et la Croatie déclarent leur indépendance en 1991. Avec le départ de ces deux républiques, la perspective d’une Yougoslavie résiduelle dominée par les Serbes devient encore plus probable. Le 8 septembre 1991, la Macédoine proclame également son indépendance. La République socialiste de Bosnie-Herzégovine, société multiethnique composée de Bosniaques, de Serbes de Bosnie et de Croates de Bosnie-Herzégovine, refuse de rester dans cette « Yougoslavie tronquée ».

Milošević, qui souhaite réunir tous les Serbes dans un seul État, la Grande Serbie, dissimule ce projet expansionniste sous le prétexte de vouloir « sauver la Yougoslavie ». Dans ce cadre, il cherche à intégrer à cette « Yougoslavie tronquée » (Serbie-et-Monténégro) toutes les régions de Bosnie-Herzégovine où vivent des Serbes, y compris des territoires majoritairement bosniaques.

Il encourage ainsi les Serbes de Bosnie à s’organiser politiquement et militairement en vue de ce projet.

Avec l’appui de Belgrade et de l’Armée populaire yougoslave (JNA), progressivement transformée en armée serbe, ils créent leurs propres structures autonomes . Les parlementaires serbes ont quitté le Parlement de Sarajevo et ont formé l'Assemblée populaire serbe de Bosnie-Herzégovine en octobre 1991, mettant fin à la coalition issue des élections de 1990. En 1991, des régions autonomes serbes (SAO) sont proclamées sur des territoires que les Serbes considèrent comme les leurs, même lorsqu’ils y sont minoritaires. La JNA s’installe dans ces zones en voie d’unification, et, le 9 janvier 1992, la république serbe de Bosnie est autoproclamée.

Parallèlement, le plan RAM est élaboré par les services de sécurité et des officiers serbes de la JNA afin d’organiser politiquement et militairement les Serbes vivant hors de Serbie, de consolider le contrôle des structures serbes émergentes et de prépositionner armes et munitions. Ce plan vise à préparer le cadre d’une « troisième Yougoslavie » réunissant tous les territoires habités par des Serbes.

Inquiète de ces développements, la Bosnie-Herzégovine proclame sa souveraineté le 15 octobre 1991, puis organise un référendum d'indépendance les 29 février et 1er mars 1992, boycotté par la majorité des Serbes. Le taux de participation atteint 63,4 %, dont 99,7 % en faveur de l’indépendance.

La Communauté européenne reconnut officiellement la République de Bosnie-Herzégovine comme État indépendant le 6 avril 1992. Avant même cette reconnaissance, des préparatifs militaires étaient déjà engagés. Dès la fin de l’année 1991, l’Armée populaire yougoslave (JNA) se déploya sur les collines entourant Sarajevo, où elle installa de l’artillerie et du matériel militaire qui furent ensuite utilisés lors du siège. Dans les mois précédant le déclenchement du conflit, la JNA s’empara de points stratégiques et de voies de communication, se préparant au siège des principales villes du pays. En avril 1992, dans la vallée de la Drina, région à majorité bosniaque musulmane située le long de la frontière avec la Serbie, de nombreuses localités furent rapidement conquises, tandis que des opérations de nettoyage ethnique furent menées contre la population civile.

Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine, constitue un objectif stratégique en raison de sa position politique, économique et symbolique. Son siège débute avec la reconnaissance officielle de la Bosnie-Herzégovine comme État indépendant. Avec cette reconnaissance, l’Armée de Bosnie-Herzégovine, encore en cours de formation, devient la seule force armée légale sur le territoire, toutes les autres étant illégales. De vastes marches pour la paix se déroulent dans la ville, mais des extrémistes serbes armés ouvrent le feu sur la foule, tuant Suada Dilberović, considérée comme la première victime du siège.

L’Armée populaire yougoslave (JNA), appuyée par des formations paramilitaires serbes, acheva l’encerclement de Sarajevo, prit le contrôle de l’aéroport et lança les premiers bombardements massifs. La population civile tenta d’organiser la défense de la ville en formant des unités territoriales improvisées, souvent mal armées et désorganisées.

Le 15 avril 1992, l’Armée de Bosnie-Herzégovine (ABiH) fut officiellement créée, mais ses capacités d’action restèrent limitées en raison de l’embargo sur les armes imposé par l’ONU.

Les bombardements menés depuis les collines autour de Sarajevo, combinés aux tentatives de prise de la ville par la JNA, entraînent le blocus des casernes de l’armée yougoslave présentes dans la ville par la Défense territoriale de Bosnie. Le 2 mai 1992, le président de Bosnie-Herzégovine, Alija Izetbegović, et sa fille, à leur retour de négociations de paix à Lisbonne, sont capturés à l’aéroport par la JNA, bien que leur sécurité ait été garantie. Le président est libéré en échange du départ de la JNA de la caserne assiégée, mais la colonne quittant les lieux est attaquée par des individus incontrôlés, entraînant la mort de plusieurs soldats.

La situation à Sarajevo a été relativement bien couverte par les médias occidentaux grâce à la présence de journalistes sur place, tandis que la catastrophe humanitaire touchant de nombreuses autres régions de Bosnie a reçu moins d’attention. En avril et mai 1992, conformément aux plans de Slobodan Milošević, l’Armée populaire yougoslave (JNA), appuyée par des unités spéciales et paramilitaires serbes venues de Serbie et par des forces serbes de Bosnie, s’empara rapidement de vastes zones de l’ouest de la Bosnie-Herzégovine. Plusieurs villes, dont Bosanska Krupa, Brčko, Doboj et Prijedor, furent conquises, tandis que des massacres et des crimes contre la population civile y furent commis. Plus au sud, la JNA engagea le siège de Mostar.

La JNA, en tant qu’armée étrangère, devait quitter la Bosnie-Herzégovine dès le 6 avril 1992, après la reconnaissance internationale de l’État, mais elle reste pour achever la prise des territoires destinés aux Serbes. « Lorsque, le 15 mai 1992, le Conseil de sécurité de l’ONU exigea la cessation immédiate de toute forme d’ingérence extérieure en Bosnie-Herzégovine et le retrait des troupes de la JNA, celles-ci avaient conquis, sous l’autorité directe de Slobodan Milošević, plus de la moitié du territoire bosnien et ainsi réalisé la majeure partie des objectifs militaires serbes. »

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Siège de Sarajevo | World in Stories