Ce Jour-là

Siège de Jérusalem (70)

Siège de Jérusalem de 70 apr. J.-C. par l'armée romaine

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Le siège de Jérusalem qui a lieu de mars à septembre 70 de notre ère est un épisode crucial de la première guerre judéo-romaine commencée en 66 dans la province romaine de Judée.

Il oppose à Jérusalem les légions romaines commandées par Titus au nom de son père Vespasien, légat impérial en Judée depuis 67 devenu empereur en décembre 69, et les insurgés juifs, notamment les zélotes, qui contrôlent la ville depuis le début de leur révolte contre Rome. Ce siège s'achève par la victoire des Romains. Il n'achève pas complètement la guerre, qui se termine avec la chute de Massada soit en 73 soit en 74.

Les conséquences de cette défaite sont immenses pour les Juifs : le Temple de Jérusalem est de nouveau détruit et ne sera jamais reconstruit (il en subsiste seulement un vestige : le mur d'enceinte occidental, couramment appelé mur des Lamentations).

Cette seconde destruction du Temple est un événement majeur pour l'histoire du peuple juif et pour la tradition religieuse juive. Il est commémoré chaque année lors du jeûne du 9 Av. Elle est également importante pour la théologie chrétienne.

Ces événements ont été racontés en détail par l'historien juif devenu par la suite romain Flavius Josèphe, qui a participé à la révolte avant d'être fait prisonnier en juillet 67 et d'entrer au service de Vespasien en 69.

Contexte : la Judée romaine et la révolte de 66

Depuis la prise de Jérusalem par Pompée en 63 avant notre ère, les Romains contrôlent la Judée, parfois en laissant gouverner un « roi de Judée », comme Hérode le Grand (de -37 à -4) ou Hérode Agrippa, dernier roi juif (de 41 à 44), ou en envoyant un gouverneur, qui dans cette province secondaire pour les Romains, est un magistrat de rang équestre, préfet ou procurateur.

Le siège du gouvernement romain dans la province de Judée se trouve non pas à Jérusalem, mais à Césarée, sur le littoral.

Flavius Josèphe signale plusieurs événements ayant précédé la révolte juive de 66 : un sacrifice païen aurait été réalisé devant l'entrée de la synagogue de Césarée ; le procurateur Gessius Florus (65-66) aurait fait prélever dix-sept talents (une somme énorme) du trésor du Temple.

L'acte décisif de la rupture avec Rome est la décision d'Éléazar, fils du grand-prêtre Ananias et chef de la police du Temple, de ne plus accepter de faire le sacrifice quotidien en l'honneur de l'empereur.

Ernest Renan a écrit que cette révolte constitue « un accès de fièvre qu'on ne peut comparer qu'à celui qui saisit la France durant la Révolution et à Paris en 1871 ».

Les insurgés connaîssent d'abord le succès. Sous la conduite des zélotes, ils mettent en fuite à Beth-Horon, non loin de Jérusalem, la Legio XII commandée par le gouverneur de Syrie Cestius Gallus, puis s'emparent de Jérusalem et prennent le contrôle de la Judée et de la Galilée, dans un court moment d'unité nationale.

Aussi, en 67, Néron envoie en Judée l'un de ses meilleurs généraux, Titus Flavius Vespasien, accompagné de son fils Titus, à la tête de trois légions. Durant l'hiver 67-68, Vespasien reprend le contrôle de la Galilée (où Flavius Josèphe est fait prisonnier) et de la Samarie. Il envisage de mettre le siège devant Jérusalem.

La crise de succession de l'Empire romain (juin 68-décembre 69)

C'est alors qu'intervient la chute de Néron (9 juin 68), renversé par Galba, gouverneur de Tarraconaise reconnu comme empereur par le Sénat. Galba est contesté par un ancien allié, Othon (gouverneur de Lusitanie), tandis que Vitellius, à la tête des légions du Rhin, se pose aussi en prétendant. Galba est éliminé en janvier 69, Othon en avril. Les légions d'Orient entrent alors en scène, portant leur choix sur Vespasien, qui est proclamé empereur à Alexandrie le 1er juillet 69.

Il interrompt donc la guerre contre les Juifs pour mener à bien sa prise de pouvoir à partir d'Alexandrie. Les combats connaissent une accalmie, dont les insurgés ne profitent pas pour se réorganiser. Alliés aux légions du Danube, les partisans de Vespasien battent ceux de Vitellius en décembre 69. Vespasien est reconnu comme empereur.

Reprise de la guerre judéo-romaine (début 70)

L'accession à l'Empire assurée, Vespasien part pour Rome, laissant le commandement à Titus.

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