Un siège éjectable est un système de sécurité, visant à permettre au pilote et à l'équipage d'un avion de s'échapper de celui-ci lorsqu'il devient incontrôlable ou est sur le point de s'écraser. Il est principalement utilisé dans les avions militaires.
Des milliers de pilotes lui doivent la vie, les seuls sièges Martin-Baker ayant sauvé 7 607 pilotes, au 5 juin 2019, 7 789 le 26 juin 2025.
Le mécanisme de déclenchement de l'éjection se fait à l'aide d'une poignée située entre les jambes ou au-dessus de la tête du pilote, ce dernier emplacement étant de moins en moins utilisé car il est difficile de lever les bras, notamment dans un avion partant en vrille, du fait du facteur de charge important que le pilote doit subir. Certains modèles avaient également des poignées à un emplacement similaire à un accoudoir. L'éjection peut également être déclenchée avec un bouton sur le tableau de bord. L'éjection est uniquement provoquée par éléments pyrotechniques et mécaniques, afin de la rendre quasiment infaillible, car insensible aux problèmes affectant l'avion (généralement, l'avion étant en mauvais état ou sans contrôle de la part du pilote).
Exemple de séquence de fonctionnement
Pour exemple, description de la séquence d'éjection d'un siège Martin Baker MkF16F, équipant toutes les versions du chasseur français Rafale. Ce fonctionnement est presque identique sur le Mk10L (Alpha Jet) et le Mk10M (Mirage F1-CR et CT, retirés du service) :
t0 (t=0 s) : DECLENCHEMENT, traction, par le pilote, de la poignée qui se trouve entre ses jambes ;
Rappel des harnais entourant le pilote. Le dos du pilote est plaqué contre le siège ;
Un dispositif cylindrique ressemblant à un vérin télescopique, qui prend la désignation de « canon », est déployé grâce à une première charge explosive, dont les gaz provoquent le déploiement. Le siège est soulevé et commence à effectuer sa translation pour sortir du cockpit ;
Rappel des jambes du pilote contre le siège, grâce à des sangles fixées dans le fond de la cabine et un système anti-retour ;
Fragilisation de la verrière, grâce à un cordon explosif intégré au verre la constituant ;
Impact du siège contre la verrière, qu'il commence à éventrer, pour ensuite s'extraire du poste de pilotage. Certains modèles de sièges peuvent fonctionner même si la fragilisation de la verrière a échoué (cas rarissime heureusement) ;
de t + 0,25 s à t + 0,5 s : EJECTION, une fois le siège poussé hors de la cabine par le canon d'éjection, mise à feu du moteur-fusée situé sous le siège. Cette combustion est très brève mais suffit à propulser le siège loin de l'avion et à une hauteur suffisante si l'éjection a eu lieu à basse altitude ;
t + 0,5 s : EXTRACTION d'une masselotte par le pistolet extracteur, qui contient aussi une petite charge explosive, dont l'élan va permettre d'extraire un petit parachute extracteur, lui-même devant ensuite extraire un parachute stabilisateur, de plus grandes dimensions ;
t + 1,5 s (cas d'éjection à basse altitude) : SEPARATION, libération du parachute principal, par le mécanisme de déverrouillage retardé, et libération des points de fixation harnais/siège, le pilote est donc libéré du siège et chute seul sous voile avec son paquetage de survie.
Analyse des différents sous-systèmes participant à la séquence d'éjection
Le mécanisme de déverrouillage retardé
Ce mécanisme détermine précisément l'instant d'ouverture du parachute principal du siège. Il fonctionne selon plusieurs modes, qui dépendent de l'altitude et de l'accélération subie au moment précis de l'éjection :
Tant que le pilote est relié à son siège, il est sous assistance respiratoire en oxygène pur, grâce à une bouteille contenant assez de réserves pour une durée de 5 minutes, ce qui est largement suffisant. En raison du très grand froid des hautes altitudes, il est important que le pilote descende très rapidement. La descente du siège est seulement stabilisée par un petit parachute. À 3 500 m, le système barostatique déclenche le déploiement du parachute principal et libère le pilote du siège. Le pilote peut forcer la fin de la séquence s'il le souhaite, grâce à une seconde poignée.