Sharon Stone [ˈʃæɹən stoʊn] est une actrice américaine et une productrice de cinéma, née le 10 mars 1958 à Meadville (Pennsylvanie).
Après des débuts dans le mannequinat, elle commence sa carrière de comédienne dans les années 1980. Son premier rôle marquant arrive en 1990 avec Total Recall de Paul Verhoeven, aux côtés d’Arnold Schwarzenegger. Deux ans plus tard, elle interprète Catherine Tramell dans le thriller Basic Instinct (1992) du même réalisateur. Pour son jeu dans Casino (1995) de Martin Scorsese, elle obtient le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique et une nomination aux Oscars. Ses autres succès sont Mort ou vif (1995) ainsi que Broken Flowers (2005). Elle reste une icône, et possède son étoile sur le Hollywood Walk of Fame de Hollywood Boulevard.
Sharon Stone est impliquée dans plusieurs causes humanitaires ; elle est ambassadrice de l'AmfAR, association de lutte contre le sida. En 2013, pour son engagement, elle reçoit du 14e dalaï-lama le Peace Summit Award (en) décerné par les lauréats du prix Nobel de la paix.
Depuis 2015, elle est l'égérie de la marque de lunettes Alain Afflelou.
Sharon Yvonne Stone naît en 1958 à Meadville (Pennsylvanie). Sa famille, d'origine irlandaise, a des revenus modestes. Elle est la deuxième d'une fratrie de quatre : l'aîné Mike, et Kelly puis Patrick. Sa mère, Dorothy Lawson, est mère au foyer et ex-comptable. Son père, Joseph Stone, est ouvrier métallurgiste dans une usine pour outils et matrices.
Dès son enfance, Sharon Stone affiche sa différence, ce qu'elle nomme « ses évidences ». Elle n'aime pas les jeux d'enfants, préfère lire, son passe-temps depuis l'âge de 3 ans. Dans la cour de récréation, elle annonce qu'elle sera la nouvelle Marilyn Monroe ou bien une grande avocate.[réf. souhaitée]
Sharon Stone déclarera qu'elle et sa sœur ont subi dans leur enfance les abus sexuels de leur grand-père maternel.
Sharon Stone dit qu'elle est encouragée très tôt à développer son potentiel, que ses parents avaient des valeurs féministes[réf. incomplète] : « Mon père m'a fait comprendre que ma condition de femme réduirait certains de mes choix ou mes possibilités de succès. Être un féministe, comme l'était mon père, dans une société d'ouvriers, révèle sa grande force ». Son père pousse sa fille à viser haut. Elle est une élève intelligente, sautant des classes. Elle obtient une bourse pour s'inscrire à l'université d'Edinboro. Brillante étudiante universitaire, elle obtient un diplôme en Lettres et Beaux-Arts, et abandonne définitivement le droit.
À 17 ans, elle s'inscrit à des cours d'art dramatique dans le cadre de ses études. Elle remporte ensuite divers concours de beauté, dont celui de Miss Pennsylvanie. Elle vient s'installer à New York. À 19 ans, un agent la remarque et l'engage comme mannequin pour l'agence Eileen Ford[réf. à confirmer]. Stone parcourt le monde : New York, Milan, Tokyo, Los Angeles, Paris, Rio de Janeiro, Moscou. Elle tourne des spots publicitaires, pose pour des magazines[réf. à confirmer] et travaille pour des marques commerciales (dont Diet Coke et Revlon). Elle s'installe en Europe ; au fil des campagnes de publicité, son physique commence à être connu. Lassée de la carrière de mannequin vedette, elle revient à New York en 1980, et décide de faire carrière au cinéma.
Long parcours vers la reconnaissance (années 1980)
Elle continue son métier de mannequin par obligation. Elle se présente au casting de figurants pour le prochain film de Woody Allen, Stardust Memories (1980), et participe au tournage du film. Une actrice ne se présente pas pour sa scène, Allen propose à Stone de la remplacer. Le rôle est bref : une femme vêtue à la « Marilyn Monroe », que le personnage d'Allen croise du regard derrière la vitre d'un train.
L'année suivante, Claude Lelouch la contacte pour qu'elle figure deux minutes dans Les Uns et les Autres. Elle tient un rôle plus important dans une petite série B d'horreur, La Ferme de la terreur de Wes Craven. Elle enchaîne avec des téléfilms divers, est la partenaire de Rock Hudson dans son dernier téléfilm (La Guerre des casinos (The Vegas Trip War), 1984), apparaît dans des séries comme Ricky ou la Belle Vie, Bay City Blues (en), Les Enquêtes de Remington Steele, Mike Hammer, Magnum et Hooker, entre 1982 et 1988.
Elle enchaîne de petits rôles au cinéma pendant une dizaine d'années. Elle joue aux côtés de la toute jeune Drew Barrymore dans Divorce à Hollywood en 1984 ; elle est l'aventurière maladroite et bavarde dans Allan Quatermain et les Mines du roi Salomon (1985) et Allan Quatermain et la Cité de l'or perdu (1986), avec Richard Chamberlain. Elle auditionne pour Liaison fatale, mais Michael Douglas ne lui trouve pas assez de piquant, le rôle ira à Glenn Close. Liaison fatale puis 9 Semaines ½ lui échappent. Elle enchaîne des rôles mineurs : une journaliste dans Police Academy 4 : Aux armes citoyens (1987), une partenaire de charme pour Steven Seagal dans le film d'action Nico (1988). Elle s'essaie à la science-fiction avec Au-delà des étoiles (Beyond the stars) en 1989, se fait évincer par Kim Basinger dans Batman, de Tim Burton, obtient un rôle dans Arènes sanglantes (Sangre y arena), un film de Javier Elorrieta, d'après le roman homonyme de Vicente Blasco-Ibáñez. Drame ibérique qui la contraint à boire dès dix heures du matin pour les besoins du rôle. Après ces échecs, elle revoit ses cachets à la baisse[réf. à confirmer] et songe à abandonner : « J'en avais assez. J'étais prête à décrocher. »
Son père lui conseille de prendre un temps de réflexion. Elle passe un an dans sa famille. A son retour, elle part en quête de rôles plus importants. Lors d'une audition en 1990, Paul Verhoeven la choisit pour son premier véritable second rôle, dans Total Recall : une tueuse, face à Arnold Schwarzenegger. Le film est un succès, et elle paraît en couverture de Playboy. Elle veut s’orienter vers des œuvres plus abouties ou plus complexes. Elle tient un rôle remarqué dans Year of the Gun de John Frankenheimer (1991). Elle tourne ensuite dans Diary of a Hitman (1992), polar dans lequel elle a pour partenaire James Belushi et Forest Whitaker, et qui est un échec.
Révélation et consécration (1990-1995)
Sharon Stone est considérée comme une actrice mineure lorsqu'elle rencontre Paul Verhoeven pour les auditions de Total Recall (1990). Satisfait de sa prestation, il la présente à Arnold Schwarzenegger, initiateur du projet, qui approuve son choix. Verhoeven estimera « avoir eu du flair en castant » Stone. Il se souvient d'une scène en particulier : le personnage de Stone est surpris par son mari en train de rouer de coups une autre femme ; son visage passe alors « de la haine la plus totale à l’angélisme le plus absolu ». Cette séquence conduit le cinéaste à l'imposer dans son projet suivant, Basic Instinct (1992), contre l'avis de Michael Douglas et du producteur Mario Kassar. Contrairement à plusieurs actrices célèbres, de Michelle Pfeiffer à Geena Davis, Sharon Stone n'a pas de réticences envers le caractère sulfureux du personnage de Catherine Tramell ou envers les nombreuses scènes dénudées. Sur le tournage, la relation entre Paul Verhoeven et l'actrice se complique : selon lui, Stone oublie régulièrement son texte, ou ne parvient pas à maintenir un jeu correct ; il doit multiplier les prises, là où Michael Douglas n'en a pas besoin. Pourtant, il estime son travail et considère que l'engager a été « l'une des choses les plus audacieuses que j'aie faites ». L'actrice dira que le rôle de Catherine Tramell a été « le plus difficile que j'aie eu à jouer parce que le plus différent de ma personnalité. J'en ai fait des cauchemars, du somnambulisme - je me suis réveillée deux fois habillée, dans ma voiture, pendant le tournage - et j'ai été dévastée lorsque c'était fini. Il m'a fallu du temps pour me remettre de cette expérience ».
Basic Instinct fait scandale. Les ligues féministes et homosexuelles sont furieuses de son personnage ambivalent, ses scènes d'amour explicites et la séquence où Sharon Stone décroise les jambes sans porter de sous-vêtement, un « marqueur de la pop culture du XXe siècle » selon Libération. L'actrice déclare s'être fait piéger par le réalisateur : il lui aurait promis que rien n'apparaîtrait à l'écran ; celui-ci rétorque qu'il a reçu son accord, et même avec enthousiasme.