Les Seychelles, en forme longue la république des Seychelles (en créole seychellois : Sesel et Repiblik Sesel ; en anglais : Seychelles et Republic of Seychelles) est un archipel de 115 îles (dont une artificielle), situé en Afrique de l'Est, dans l'Ouest de l'océan Indien. Toutes ces îles sont regroupées en un État dont la capitale est la ville de Victoria, implantée sur l'île principale de Mahé.
Les premiers visiteurs de l'archipel furent probablement des marchands arabes. Mais les premiers comptes rendus écrits furent rédigés en 1501 par l'explorateur portugais Vasco de Gama. Ce dernier donna à l'archipel le nom d'Amirantes (qui désigne au XXIe siècle la partie comprenant les îles granitiques des Seychelles). La même année, les Seychelles étaient dessinées pour la première fois sur une carte par l'italien Alberto Cantino.
La première description des rivages seychellois, avant tout établissement humain, fut écrite sur place du 19 au 30 janvier 1609 par le "commercial" de la compagnie des Indes John Jourdain (en), du bateau britannique Ascension. Ce dernier, après avoir franchi le cap de Bonne-Espérance, avait remonté la côte orientale de l'Afrique avant de mettre le cap au N-N-E, ce qui l'amena à la pointe nord de l'archipel granitique. Il y décrit sommairement les îles actuelles de Mahé, North, Silhouette, Praslin et ses îles voisines. Il relève un total de plus de trente îles, grandes et petites et proches les unes des autres. Enfin, le troisième jour, son bateau mouilla l'ancre à l'abri de l'île Sainte Anne (face au futur port de Victoria). L'équipage y trouva sur les hauteurs verdoyantes de l'eau en abondance (l'île est aujourd'hui déboisée et aride).
Situées entre l'Afrique et l'Asie, les Seychelles furent fréquentées par des pirates avant l'arrivée des Français. En novembre 1743, le gouverneur de l'Isle de France (l'île Maurice actuelle), Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais, envoya les capitaines Lazare Picault et Jean Grossen prendre possession de l'archipel au nom de la France. Ils nommèrent l'île principale « Mahé » en l'honneur du gouverneur de l'Isle de France.
Le 1er novembre 1756, Nicolas O'Murphy, commandant de l'expédition des découvertes et capitaine de la frégate le Cerf, prit possession des îles au nom du roi de France, sur ordre de René Magon de La Villebague, gouverneur et commandant général des îles de France et de Bourbon. Les principales îles de l'archipel furent baptisées « Séchelles » en l'honneur de Jean Moreau de Séchelles, alors contrôleur général des finances de Louis XV.
Sous l'autorité des intendants des îles de France et de Bourbon, les commandants et agents civils des îles furent successivement Jean François Brayer du Barré en 1770, Jean-Charles de Launay de La Perrière, commandant de 1772 à 1775, Joseph François Eugène Benjamin Anselme de 1775 à 1777, Jean-Baptiste Le Roux de Kermeseven de 1777 à 1781, Charles Routier de Romainville (1739-1808) de 1781 à 1783, Louis François Claude Berthelot de la Coste (1750-1822) de 1783 à 1786, puis, Gillot, de Caradec, Louis Jean Baptiste Philogène de Malavois (vers 1757-1825) de 1792 à 1793, Charles Joseph Esnouf, commandant en 1793, et Jean-Baptiste Quéau de Quinssy, gouverneur de 1793 à 1811. Les vingt premiers Français venant de l'île Bourbon s'installèrent à l’île Mahé et à l’île Sainte-Anne en 1770, envoyés par Brayer du Barré. Cette première implantation n'est pas un succès et Brayer du Barré doit se justifier auprès du roi en 1772.
En 1781, le Français Mathurin Barbaron, corsaire du Roi, né le 20 juillet 1737 à Lorient, fils de Jean Barbaron, chirurgien de marine (né à Fajolles, en Gascogne) et de Louise Lorans (2e épouse), aborde l'île de Mahé par l'anse qui porte désormais son nom. Les jardins du grand domaine Barbaron y font aussi référence.
Le 16 mai 1794, le commandant de vaisseau britannique Henry Newcome, commandant d'une escadre, jette l'ancre dans la rade de Mahé pour ravitailler les vaisseaux l’Orpheus qu'il monte, le Centurion du capitaine Osborne et le Resistance du capitaine Packenham. Cependant, le commandant Quéau de Quinssy refuse de ravitailler les bâtiments britanniques, qui sont en guerre contre la République française. Newcome envoie alors une sommation de se rendre. Quéau de Quinssy n'a pas les moyens de résister et doit lui céder les îles Seychelles. Il signe une capitulation honorable qu'il rédige avec les principaux habitants des îles. C'est la première capitulation des îles. Il y en a eu d'autres, peut-être 16, en fonction du passage des vaisseaux britanniques et français. Elles se succédent jusqu'au débarquement du Nisus de Bartholomew Sullivan, officier des troupes royales de la marine britannique, agent civil et commandant des îles Seychelles pour le gouvernement britannique.
Les îles, perdues par la France en 1811 pendant les guerres napoléoniennes, passèrent officiellement sous le contrôle du Royaume-Uni en 1814.
Lors de la Première Guerre mondiale, à partir de 1916, l'armée des Seychelles s'engage aux côtés de celle des Britanniques par l'envoi d'un corps expéditionnaire de 796 hommes. 358 d'entre eux ne reverront pas leur pays (cimetière militaire du Mont-Fleuri à Victoria). Ce corps expéditionnaire représente le plus gros effort de toutes les colonies britanniques, en proportion des hommes valides engagés sous le drapeau britannique (près de 6 %).
Le 29 juin 1976, les Seychelles sont devenues un État indépendant du Royaume-Uni et faisant du pays une république au sein du Commonwealth. James Mancham est alors nommé président de l'archipel.
Moins d'un an plus tard, le 5 juin 1977, France-Albert René, alors Premier ministre, prend le pouvoir par un coup d'État lors d'un déplacement du président à Londres. Il dirigera le pays de 1977 à 2004 en instaurant un parti unique, socialiste à tendance marxiste. Les Seychelles se définissent alors comme révolutionnaires et tiers-mondistes. Les pressions de la France, notamment après le discours de La Baule le 20 juin 1990, dans le cadre de la 16e conférence des chefs d’État d’Afrique et de France, incitent France-Albert René à engager des réformes politiques et économiques. En juin 1993, une nouvelle Constitution instaure le multipartisme et organise les premières élections libres. James Mancham y obtient 32,80% des voix contre 57,48% pour France-Albert René. France-Albert René quitte la présidence en 2004, à 69 ans, cédant sa place à James Michel qui est réélu le 30 juillet 2006.
L'élection présidentielle de mai 2011 voit la réélection du président Michel, qui remporte 55,4 % des suffrages exprimés contre 41,4 % à Wavel Ramkalawan. Il se présente une troisième et dernière fois à l'élection présidentielle de 2015, remportant le scrutin avec 50,15 % des suffrages exprimés contre 49,85 % à son adversaire, Wavel Ramkalawan.
À la suite de la défaite de son parti Lepep (issu de l'ancien parti unique) aux élections législatives de septembre 2016, James Michel annonce sa démission du poste de président de la République en septembre 2016. Le 16 octobre suivant, il est remplacé par son vice-président, Danny Faure. Une période de cohabitation commence entre ce nouveau président et un Parlement contrôlé par l'opposition à l'ex-parti unique (qui était au pouvoir depuis 1977).
En 2020, des élections législatives et une élection présidentielle sont organisées. Les élections législatives sont remportées par le Linyon Demokratik Seselwa, qui accroît sa majorité absolue à l'assemblée et le candidat de ce parti, Wavel Ramkalawan (1961-), obtient la victoire à la présidentielle, dès le premier tour, conduisant à la première alternance à la présidence des Seychelles depuis l'indépendance du pays en 1976.
À l’issue des élections de 2025, Patrick Herminie et le parti Seychelles unies — nouveau nom du Parti Lepep — remportent la présidentielle avec 53 % des voix et obtiennent également la majorité des sièges à l'Assemblée nationale.
L'archipel des Seychelles se situe au nord-est de l'île de Madagascar, celle-ci étant séparée de la capitale Victoria, sur l'île de Mahé, par une distance de 1 059 km.