Le sexisme est une attitude discriminatoire fondée sur le sexe, ou, par extension, sur le genre d'une personne. Le sexisme est lié aux préjugés et au concept de stéréotype et de rôle de genre, pouvant comprendre la croyance qu'un sexe ou qu'un genre serait intrinsèquement supérieur à l'autre. Dans sa forme extrême, il peut encourager le harcèlement sexuel, le viol ou toute autre forme de violence sexuelle. Le sexisme évoque également la discrimination menant à des inégalités de genre. Les cibles du sexisme étant principalement les femmes, cette notion renvoie ainsi plus souvent à la misogynie, à l'antiféminisme et à la discrimination envers les femmes.
La thématique du sexisme est abordée par différentes disciplines, comme l'analyse des médias, la sociologie, la science politique, la psychologie ou la philosophie.
Selon le bibliothécaire Fred R. Shapiro (en), le terme « sexisme » a très probablement été inventé le 18 novembre 1965 par Pauline M. Leet durant un « Student-Faculty Forum » au Franklin and Marshall College (en). De manière plus spécifique, le terme sexisme apparaît durant la contribution de Pauline M. Leet intitulée « Women and the Undergraduate ». Elle définit celui-ci par comparaison au racisme, établissant que : « When you argue […] that since fewer women write good poetry this justifies their total exclusion, you are taking a position analogous to that of the racist—I might call you in this case a 'sexist' … Both the racist and the sexist are acting as if all that has happened had never happened, and both of them are making decisions and coming to conclusions about someone's value by referring to factors which are in both cases irrelevant. » Ce discours a été traduit en français sous le titre Sexisme, le mot pour le dire !.
Selon la même source, la première fois que le terme « sexisme » apparait à l'écrit se situe au sein du discours de Caroline Bird (en) « On Being Born Female », publié le 15 novembre 1968 dans Vital Speeches of the Day. Dans ce discours, elle affirme qu’« il y a à l’étranger une reconnaissance du fait que [les États-Unis] sont un pays à bien des égards sexiste. Le sexisme, c’est juger les gens sur leur sexe même quand le sexe n’a pas d’importance. Sexisme est pensé pour rimer avec racisme ».
Le mot apparaît ensuite pour la première fois dans un dictionnaire américain en 1972 (The American Heritage Dictionary of the English Language (en)).
Le sexisme peut être défini comme l’adhésion à des croyances discriminatoires ou préjudiciables fondées sur le sexe ou le genre. Il peut également être considéré comme recouvrant des attitudes, des croyances et des comportements qui soutiennent l’inégalité entre le statut des femmes et celui des hommes. Ces croyances peuvent être structurées sous la forme d'une idéologie légitimant les rôles traditionnellement assignés en fonction du genre. Cette idéologie sert d'assise au patriarcat.
La sociologie a examiné le sexisme comme une manifestation à la fois au niveau individuel et institutionnel. Des comparaisons ont été établies avec d'autres systèmes idéologiques de discriminations agissant aux mêmes niveaux, tels que le racisme[réf. incomplète]. Selon Schaefer, le sexisme est perpétué par l'entièreté des organisations sociales les plus fréquentes. Les sociologues Charlotte Perkins Gilman, Ida B. Wells et Harriet Martineau ont décrit les systèmes aboutissant à une inégalité de genres, mais sans utiliser le terme « sexism » encore inexistant au tournant du XIXe siècle. Des sociologues, tels que Talcott Parsons, ayant adopté le paradigme fonctionnaliste, expliquent les inégalités de genre comme la conséquence naturelle du dimorphisme du modèle de genre.
Les psychologues Mary Crawford et Rhoda Unger définissent le sexisme comme un ensemble de préjugés tenus par des individus et englobant les attitudes et jugements négatifs à propos des femmes comme groupe. Peter Glick et Susan Fiske ont appelé sexisme ambivalent le fait que les stéréotypes concernant les femmes peuvent être à la fois positifs et négatifs, et que ces stéréotypes orientent les comportements individuels.
L'autrice féministe bell hooks définit le sexisme comme un système discriminatoire ayant pour résultat de désavantager les femmes. La philosophe et féministe radicale Marilyn Frye définit le sexisme comme « a attitudinal-conceptual-cognitive-orientational complex » de suprématie masculine, de chauvinisme masculin et de misogynie.
Il y a un consensus universitaire sur le fait que le sexisme touche principalement les femmes.
On peut trouver l'explication de ce particularisme[Lequel ?] auprès du sociologue australien Michael Flood (en) qui affirme que la misandrie ne pourrait pas être équivalente à la misogynie, en raison de l'absence notamment du cadre historique, législatif ou institutionnel de ce dernier. C'est également ce que souligne David Gilmore : l'absence de réification justifierait l'absence de terme unique définissant le concept de sexisme misandre. Selon lui, le terme de « misandrie » serait un équivalent de « misogynie » pour définir la haine des hommes, mais il serait utilisé trop peu couramment pour en être le parfait lemme.[pertinence contestée]
Les arguments en faveur de cette acception sont toutefois remis en cause, entre autres par Anthony Synnott, professeur de sociologie qui se consacre à l'étude de la masculinité au XXIe siècle. Effectivement il définit le terme de misandrie en fonction de plusieurs notions, notamment l'histoire et la loi. Pointant la trop grande invisibilité de cette notion, alors que les comportements associés sont culturellement acceptés, voire normalisés, il estime que la misogynie engendre la misandrie. Il qualifie d'ailleurs les travaux de Nathanson et Young sur ce sujet de « majeurs ». Leurs écrits (une trilogie sur le thème de la misandrie écrite par deux professeurs de sciences des religions de l'université McGill) expriment effectivement l'idée que la misandrie serait le produit direct de la volonté de privilégier le point de vue féminin. Cela engendrerait une baisse des interactions entre hommes et femmes dans le domaine social, ce qui deviendrait la norme[source détournée]. Certains s'appuient sur ces écrits pour affirmer qu'à la fin du XXe siècle, la société s'est transformée, et est devenue misandre, notamment dans le domaine de la publicité et du cinéma/télévision. En conséquence, la vision des femmes en tant que victimes de violences sexuelles (notamment au cinéma) serait plus misandre que misogyne. Ces écrits ont également influencé une relecture du rôle joué par les hommes dans la fiction.
La misogynie est l'hostilité à l'égard des femmes, tandis que la misandrie est l'hostilité à l'égard des hommes.
Le terme « machisme », quant à lui, réfère à l’idéologie prônant la domination des hommes sur les femmes. Bien qu'il n'ait pas de nom spécifique, le pendant féminin du machisme consacre la suprématie des femmes sur les hommes et vise à créer une société qui reflète cette supériorité.
Un biais de genre (terme utilisant par métaphore le mot biais, notion empruntée aux études statistiques pour désigner une anomalie systématique) « permet de pointer la récurrence d'un phénomène conduisant à une inégalité ou à une différenciation liée au genre ». Il est souvent envisagé de façon quantitative, mais est susceptible de traduire des discriminations institutionnelles.
Le concept de sexisme a été élaboré à la fin des années 1960 par la deuxième vague féministe. Il s'agissait de rendre compte de la spécificité du rapport de domination exercé sur les femmes. C'est à cette période qu'est reformulé le concept de patriarcat, élaboré celui de sexisme et que l'accent est mis sur la sphère privée comme lieu privilégié de la domination masculine : le « privé est politique ».
Approche de la psychologie évolutionniste
Selon l'Encyclopædia Universalis, la psychologie évolutionniste est une orientation et un courant de pensée mettant l’accent, dans l’explication de l’esprit et du comportement humain, sur les adaptations mises en place à l’époque préhistorique par la sélection naturelle, et qui constitueraient aujourd’hui le socle génétiquement inscrit de la nature humaine.