Ce Jour-là

Seconde guerre civile irakienne

Conflit opposant le gouvernement irakien à diverses factions islamistes

Anúncio

La seconde guerre civile irakienne, ou seconde guerre confessionnelle irakienne, est une phase de la guerre d'Irak qui a commencé le 30 décembre 2013 et s'est officiellement achevée le 9 décembre 2017. Elle fait suite à la première guerre confessionnelle irakienne, qui s'est déroulée de 2006 à 2009.

Après le retrait de l'armée américaine en décembre 2011, l'Irak connaît un nouveau regain de tensions confessionnelles. En 2013, des manifestations éclatent dans les provinces sunnites pour dénoncer la politique sectaire du Premier ministre irakien chiite Nouri al-Maliki. Fin décembre 2013, les djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) et quelques groupes insurgés sunnites s'emparent de la ville de Falloujah et d'une partie de l'ouest de l'Irak en profitant de la désorganisation de l'armée. Entre juin et août 2014, l'EIIL étend son territoire sur une grande partie de l'Irak lors d'une offensive foudroyante qui débute par la prise de Mossoul. Le 29 juin 2014, l'État islamique en Irak et au Levant se rebaptise « État islamique » (EI) et proclame un califat. Ses victoires et ses exactions provoquent en août 2014 la formation d'une nouvelle coalition internationale menée par les États-Unis qui fournit un appui aérien, des armes et de l'entraînement aux forces armées irakiennes et aux peshmergas du gouvernement régional du Kurdistan (GRK). Des dizaines de milices chiites se rassemblent également au sein des Hachd al-Chaabi.

Les combats sont indécis entre l'été 2014 et le printemps 2015, mais, à partir de la fin de l'année 2015, les forces irakiennes soutenues par la coalition commencent à reprendre les principales villes conquises par l'État islamique : Tikrit en mars 2015, Baïji en octobre 2015, Sinjar en novembre 2015, Ramadi en février 2016, Falloujah en juin 2016 et Mossoul en juillet 2017. Les dernières poches de l'EI à Tall Afar, Hawija et al-Qaïm tombent entre août et novembre 2017. Le 17 novembre 2017, l'État islamique perd Rawa, sa dernière ville en Irak. Le 9 décembre 2017, après une ultime offensive dans les régions désertiques de l'Ouest, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi annonce la « fin de la guerre » contre l'État islamique. Comme en 2009, au terme de la première guerre civile irakienne, l'État islamique est chassé des centres urbains, mais il ne disparaît pas et retourne aux actions de guérilla et au terrorisme.

Poursuite des attaques après le retrait des Américains (2011-2013)

Après le retraits des forces américaines, les violences entre sunnites et chiites se poursuivent ; à Bagdad d'abord où 10 attentats font au moins 63 morts et 185 blessés le 22 décembre 2011 ; 61 personnes sont tuées dans 6 attentats le 5 janvier 2012 ; et on compte 200 morts dans 14 attentats le 29 juillet 2012. Les attentats se poursuivent aussi dans tout le pays : le 23 juillet 2012, 27 attaques causent la mort de 107 personnes dans l'ensemble de l'Irak. Le 9 septembre 2012, une vague d'attentats fait au moins 108 tués et 370 blessés. Le 19 mars 2013 une série d'attaques coordonnées contre des civils chiites fait 98 morts et 240 blessés à Bagdad et dans les autres villes du nord du pays. Le 17 mai 2013, plusieurs attentats à la bombe visant des sunnites font au moins 76 morts à travers le pays. Le 27 mai 2013 une série d'attaques coordonnées contre des quartiers chiites font 71 morts et plus de 220 blessés dans plusieurs villes.

Le 18 décembre 2011, l'armée américaine achève l'opération New Dawn et retire ses dernières troupes du pays. Mais avec le début de la guerre civile syrienne, les tensions s'accroissent en Irak, du fait que Bagdad offre un soutien indirect au régime syrien, notamment en ouvrant son espace aérien aux avions iraniens transportant du matériel à destination de l'armée syrienne.

En 2012, une « armée irakienne libre » est fondée sur le modèle de l'Armée syrienne libre combattant le régime de Bachar el-Assad en Syrie.

Les groupes insurgés sunnites, principalement de l'État islamique d'Irak, concentrent alors leurs attaques contre le gouvernement central et la population chiite.

Le 4 mars 2013, un convoi de l'armée syrienne défendu par des soldats irakiens tombe dans une embuscade tendue par des djihadistes de l'État islamique d'Irak à Akashat. Le 20 mai 2013, les forces irakiennes déclenchent l'opération al-Shabah afin de sécuriser les frontières syrienne et jordanienne.

Le 21 avril 2013 la ville de Souleimane Bek, dans la province de Salah ad-Din est prise par une troupe de 175 insurgés — 150 baasistes de l'Armée des hommes de la Naqshbandiyya et 25 djihadistes de l'État islamique d'Irak selon les services de renseignements irakiens. L'armée irakienne se déploie le lendemain dans les environs et adresse un ultimatum aux insurgés en leur laissant 48 heures pour quitter la ville. Ces derniers obtempèrent et se retirent de la ville au matin du 24 avril, après avoir conclu un accord sous la médiation de chefs tribaux et de responsables du gouvernement.

L'ONU estime que plus de 1 000 irakiens ont péri dans les violences en mai 2013, mois alors le plus sanglant du conflit depuis 2008.

Troubles dans les provinces sunnites (2011-2013)

Malgré le départ de l'armée américaine d'Irak en décembre 2011, les violences continuent. Dès le lendemain du retrait total des forces américaines, Tareq al-Hachemi, chef du Parti islamique irakien, fait l'objet d'un mandat d'arrêt qui relance la crise confessionnelle. La politique sectaire du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki jette ainsi de nombreux sunnites dans l'opposition, les attaques de l'État islamique d'Irak continuent de faire des milliers de morts, et les ambitions indépendantistes des Kurdes, qui ont formé un Gouvernement régional du Kurdistan autonome en 2005, se heurtent de plus en plus au gouvernement central irakien.

De nouveaux troubles éclatent en décembre 2012, après l'arrestation de 120 gardes du corps de Rafa Al-Issaoui, ministre sunnite des Finances. Ce dernier trouve refuge à Falloujah. Des milliers de sunnites manifestent alors et se rassemblent sur un axe du carrefour routier reliant Falloujah à Bagdad. Un camp est établi, surnommé « place de la Dignité » par les manifestants qui réclament la libération des plusieurs milliers de prisonniers sunnites, l'égalité des droits et l'emploi. Le mouvement reçoit le soutien de chefs de tribus et de religieux chiites, et notamment de Moqtada al-Sadr. Cependant lorsque le premier ministre Nouri al-Maliki tente d'engager des réformes, celles-ci sont bloquées par d'autres députés chiites.

Les protestataires rassemblés dans le camp viennent cependant de différents mouvements politiques, les témoins observent la présence de drapeaux irakiens de l'époque de Saddam Hussein, d'autres d'après l'invasion[pas clair], le drapeau syrien de l'Armée syrienne libre, mais aussi le drapeau noir des salafistes sont également relevés.

Malgré des heurts avec la police, les manifestations sont globalement pacifiques. Mais le 23 avril 2013, les forces de l'ordre lancent un assaut contre un campement de manifestants non loin de Hawija, près de Kirkouk, qui fait plus de 240 morts.

La violence resurgit en décembre. Le 21 décembre 2013 quatre policiers sont tués par des insurgés à Falloujah. Le 28, le député sunnite Ahmed al-Alwani est arrêté à Ramadi. Son frère et six ou cinq de ses gardes du corps sont tués au cours de l'arrestation.

Insurrection de la province d'al-Anbar (décembre 2013)

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Seconde guerre civile irakienne | World in Stories