Sebastião José de Carvalho e Melo (13 mai 1699 - 8 mai 1782), comte d'Oeiras et marquis de Pombal (plus connu sous ce titre), est un homme politique portugais du XVIIIe siècle qui dirige le Portugal durant plus de vingt ans. Son action pour reconstruire Lisbonne à la suite du tremblement de terre de 1755 est remarquable. Il expulse les Jésuites du Portugal et s'attaque à la haute noblesse lors du Procès des Távora en 1759. En 1777, à la mort du roi Joseph Ier, il est écarté du pouvoir par la reine Marie 1re. En 1779, un procès lui est intenté mais il meurt avant son jugement.
Sebastião José de Carvalho e Melo naît à Lisbonne le 13 mai 1699. Il est le fils Manuel de Carvalho e Ataíde, capitaine, et de Teresa Luísa de Mendonça de Melo.
Il est issu d'une famille de la petite noblesse provinciale originaire de la petit ville de Soure près de Coimbra, et dont la filiation remonte à Sebastião de Carvalho, né en 1465, appelé « Mestre », une qualification qui peut suggérer qu'il a été médecin ou chirurgien. Même si son père est un gentilhomme modeste avec un entourage n'appartenant pas aux grandes maisons du royaume, ses membres font profession des armes et les alliances de la famille attestent de sa considération.
Sebastião José étudie le Droit ainsi que l'Histoire à l'Université de Coimbra et a été admis en 1734 dans une société royale d'histoire. Il parle couramment le portugais et le français.
À 23 ans, il épouse une veuve de dix ans son aînée, Teresa de Noronha e Bourbon Mendonça e Almada (1687-1739), fille de Bernard de Noronha, cadet des comtes d'Arcos et ce malgré l'opposition de la famille de celle-ci, qui considère son honneur blessé par cette mésalliance.
Son épouse meurt en janvier 1739 et il tombe amoureux de la jeune comtesse de Daun, fille d'Heinrich Reichard Lorenz, comte de Daun et prince de Thiano, et de Maria Violante Josepha von Boymont, comtesse de Payrsberg. Sa demande en mariage est d'abord très mal accueillie par la famille de la comtesse qui ne croit pas à cette alliance. En 1745, le mariage ne se fait qu'après la confirmation de la noblesse de sa famille par la reine de Portugal. De ce mariage, il a deux fils et trois filles.
Entré au service militaire à Lisbonne comme simple soldat, selon l'usage dans la noblesse portugaise, il obtient le grade de caporal puis quitte l'armée et la capitale pour se retirer à Soure. Le peu d'opportunités qu'il peut y trouver et le mauvais état de ses finances lui font demander à son oncle, le prélat Paul de Carvalho, un emploi à Lisbonne. Ce dernier le recommande au cardinal João da Motta e Silva, alors Premier ministre.
Envoyé diplomatique à Londres et mission à Vienne (1738-1745)
En 1738, le cardinal João da Motta e Silva le transfert à Londres en qualité d'envoyé extraordinaire.
En 1739 éclate la guerre de l'oreille de Jenkins entre Anglais et Espagnols, aussitôt suivie, en 1742, de la guerre de Succession d'Autriche. Durant les deux conflits, le Portugal reste neutre contrairement à la Grande-Bretagne. Celle-ci refuse de venir en aide au Portugal lorsque le nouvel ambassadeur, dans sa toute première intervention, demande aux anglais de soutenir les forces portugaises en Inde qui viennent de perdre Salsette.
En 1740, il est nommé membre de la Royal Society et il utilise ses contacts pour « enquêter sur les causes, les techniques, les mécanismes de la puissance commerciale et navale britannique ».
En 1745, il est envoyé en mission à Vienne, dans une Autriche plongée en pleine guerre de succession : le futur du Saint-Empire est en jeu. Des tensions politiques opposent Marie-Thérèse d'Autriche au pape Benoît XIV. L'ambassadeur portugais à Rome, Manuel Pereira de Sampaio, suggère au pape la médiation de la couronne portugaise : la reine portugaise, Marie-Anne d'Autriche, est la sœur du défunt Charles VI (empereur du Saint-Empire). Les autrichiens n'ayant aucun ambassadeur portugais, on demande alors à Sébastien José de Carvalho d'assurer cette mission tout en gardant son poste à Londres.
À la mort de ses deux protecteurs, son oncle et le cardinal da Motta, il est peu apprécié du roi Jean V de Portugal qui le rappel à Lisbonne où on le laisse sans emploi.
Le roi Jean V meurt en 1750 et son fils monte sur le trône sous le nom de Joseph Ier (José).
Ce dernier, à la différence de son père, apprécie le marquis et le nomme au gouvernement.
Tremblement de terre de Lisbonne
Le 1er novembre 1755, alors qu'il a acquis le titre de Premier ministre du royaume, un tremblement de terre de magnitude de 8,75 sur l'échelle de Richter ravage Lisbonne, provoquant incendies, raz-de-marée et scènes de paniques. On compte environ 60 000 morts et 85 % des habitations sont détruites, dont le palais royal, avec la bibliothèque et ses archives.
Carvalho prend immédiatement les choses en main alors que la famille royale fuit Lisbonne et part à Ajuda. Tout est fait pour ramener l'ordre, assainir la ville, conserver les habitants sur place et museler les mauvais prophètes.