Les Saxons sont un peuple germanique, rattaché sur le plan ethnolinguistique au rameau occidental. Ils sont mentionnés pour la première fois par le grec Ptolémée sur la carte Germania Magna au IIe siècle de l'ère chrétienne. Il situe alors leurs terres au sud-ouest du Jutland, ce qui correspond à peu près à l'actuel Holstein, d'où ils semblent s'être étendus au sud et à l'ouest.
Outre le Jutland (la « Chersonèse cimbrique » des auteurs antiques), la carte Germania Magna montre trois « îles saxonnes », identifiées aux îles de la Frise : Amrum, Föhr et Sylt. Ptolémée parle encore des Saxons en les situant sur « la nuque de la péninsule des Cimbres» qui pourrait correspondre à la partie occidentale du Holstein.
Plus tard, entre le Ve siècle et le Xe siècle, ils occupent une vaste portion de la Germanie entre l'Elbe et le Rhin allant jusqu'au centre des Pays-Bas. C'est-à-dire pour l'essentiel, la région que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Basse-Saxe (Niedersachsen), intégrée dans un complexe appelé « Saxe primitive » au haut Moyen Âge.
D'après Genrich et Rech, l'ethnonyme Saxons a pu s'appliquer à l'origine à une association cultuelle de guerriers chez les Chauques, c'est-à-dire « les compagnons de l'épée (du dieu) Sahsnôt », qui aurait été ainsi dénommée d'après leur arme principale, le (scrama)saxe. En effet, l'élément Sax- est peut-être le même que celui que l'on trouve dans scramasaxe, arme que l'on attribue paradoxalement plutôt aux Francs, car les plus anciennes trouvailles du modèle court, datant du Ve siècle, ont été faites chez les Francs. Quoi qu'il en soit, les termes allemands Sachs (ou Sax) et vieil anglais seax désignent bien une arme de ce type (poignard ou épée courte). Quant à l'ethnonyme même de Saxon, l'ancien français ne l'utilisait pas. C'est un mot savant basé sur une latinisation du terme germanique. Ainsi usait-il d'un vocable roman de la même origine latine : Saisne et que l'on trouve sans doute dans le nom de famille normand Lecesne qui a diverses graphies.
Dès la fin du IIIe siècle, les Saxons, tout comme les Frisons et les Francs se signalent par des actes de piraterie sur le Rhin inférieur. Les auteurs classiques disent des Saxons, qu'ils sont des pirates qui infestaient la mer du Nord et la Manche et que pour protéger le littoral contre leurs incursions et leurs raids, les Romains ont dû mettre en place le litus Saxonicum « côte saxonne » des deux côtés de la Manche jusqu'à l'Atlantique et qui comprend le système de commandement du tractus Armoricanus et Nervicanus, la Classis Britannica (la flotte « britannique ») et la classis Armoricana[réf. nécessaire] (la flotte « armoricaine »).
Les villages saxons correspondent plutôt à des hameaux, les plus grands ne dépassant pas quelques centaines d'habitants. Les maisons sont des huttes fabriquées en bois avec un toit de chaume, d'une seule pièce où tout le monde se retrouve pour cuisiner, manger et dormir. Les maisons sont construites face au soleil pour avoir le plus de chaleur et de lumière possible. Ce type d'habitat correspond à une économie de subsistance précaire, expliquant aussi la « piraterie » signalée par les auteurs antiques.
En 569, les Lombards accompagnés d'éléments saxons s'avancent en Italie sous la conduite d'Alboïn et s'y installent. En 572, des Saxons se lancent dans une série de raids jusqu'en Provence, sur Stablo (aujourd'hui Estoublon). Cependant, du fait de leurs divisions internes, ils peuvent être vaincus par un général gallo-franc du nom d'Eunius Mummolus. Après leur défaite, ils réussissent à négocier un traité qui leur donne le droit de se fixer en Austrasie avec femmes et enfants. Ils rassemblent leurs familles et repartent pour la Gaule, séparés en deux groupes distincts dès 573. L'un se fraie un chemin par Nice et l'autre par Embrun et ils assurent leur jonction à Avignon, ville qu'ils pillent, ainsi que sa région. De nouveau Mummolus se porte au-devant d'eux et leur bloque la route pour traverser le Rhône. Il les force à payer tribut pour les dommages qu'ils ont causés, s'ils veulent être autorisés à pénétrer en Austrasie. Cependant, ces événements ne sont rapportés que par des sources antiques et ne sont pas confirmés par des découvertes archéologiques. Au contraire, l'archéologie et la toponymie ont mis en évidence de nombreuses traces de leur présence en Gaule du nord et de l'ouest jusqu'en Charente.
Un roi Saxon du nom d'Eadwacer aurait conquis Angers en 463, avant d'en être chassé par Childéric Ier et les Francs saliens, alliés de l'Empire.
Cependant, certains se sont déjà installés sur le « littoral saxon », comme le montrent bien les plus anciennes tombes de la nécropole de Vron (Somme), qu'on peut dater du IVe siècle. En outre, la notitia dignitatum mentionne le tribunus cohortis primae novae Armoricanae, Grannona in litore Saxonico. La localisation de ce « Grannona » est incertaine et fait toujours débat parmi les spécialistes. Un certain nombre d'entre eux voient dans Granville (Manche), un candidat possible, surtout dans la mesure où certaines cartes emploient le terme Grannonu pour la désigner. D'autres ont proposé Graignes (Manche, Grania 1109) ou encore Guernesey (Greneroi XIe siècle), car on y retrouve ce même élément Gran-. La notitia dignitatum n'explique cependant pas, l'origine des soldats « romains » qui s'y trouvaient stationnés. Une localisation à Graignes présente l'avantage d'une relative proximité avec Bayeux, où Grégoire de Tours évoque par ailleurs les Saxones Bajocassini (les Saxons du Bessin). C'est pourquoi, Port-en-Bessin, situé à côté de Huppain, correspond peut-être encore mieux à Grannona.
Ces Saxons sont probablement des Lètes au service de Rome à l'origine, originaires de Basse-Saxe et du Schleswig-Holstein. Ils deviennent des sujets de Clovis à la fin du Ve siècle. Entre les Ve et VIIe siècles, ces communautés entrent en contact avec les Anglo-Saxons de Bretagne insulaire et des échanges culturels et démographiques interviennent. Ils entretiennent une armée permanente, utilisée par le pouvoir mérovingien en cas de besoin. Pourtant, ils se montrent inefficaces contre les Bretons de Waroch en 579. Frédégonde les utilise contre Gontran, conjointement à ces mêmes Bretons dix ans plus tard. En 626 encore, Dagobert Ier les envoie combattre les Vascons (ancêtres des Basques), et c'est à cette occasion qu'un des leurs, Aighinan, aurait été fait Dux Vasconiae « Duc de Vasconie ».
En 843 et 846 sous le roi Charles le Chauve, des documents officiels mentionnent encore l'existence d'un pagellus appelé Otlinga Saxonia dans la région du Bessin, plus précisément dans la basse vallée de la Dives vers Airan et encore attesté plusieurs fois jusqu'en 884. L'origine du terme Otlinga n'est pas déterminé avec certitude. La toponymie du Bessin et de la Campagne de Caen nous offrent des exemples probables de noms de lieux d'étymologie saxonne, par exemple : Vicques (Wikes 1198 ; Wiques 1233) du vieux saxon wīk « village » (éventuellement « hameau, habitation, château », voire « ferme laitière »), comparable au vieil anglais wīċ (cf. toponymes en -wich) et au toponyme anglais Wix (Essex, Wikes 1191 ; Wiches 1198). En outre, on dénombre toute une série de toponymes en -(v)ieu(x) concentré dans la région tels que Sommervieu, Manvieux, Audrieu et Vaussieux (peut-être aussi Hervieu à Audrieu cf. Harwich, Angleterre) dont l'élément final -(v)ieu(x) représente l'anglo-saxon wic « habitation », voire plus directement le vieux saxon wīk (cf. toponyme en -wich de Grande-Bretagne). Dans cette perspective, Audrieu (Audruy 1304) serait alors à comparer à Audruicq (Pas-de-Calais, Alderwic 1164) glosé en latin veterum vico « vieux bourg, ancien village » (XIIe siècle, Chronique de Lambert d'Ardres), avec le vieux saxon ald ou l'anglo-saxon [e]ald « vieux ». Par ailleurs, un hameau de Barbeville dans le Bessin se nomme Sissonne, tout comme son homonyme Sissonne (Picardie, Aisne, Sessonia 1107) que tous les toponymistes considèrent comme dérivé de *Saxonia.