Ce Jour-là

Sauvegarde de la création

La « sauvegarde de la création » désigne, dans le langage chrétien, la préservation de l'environnement humain, sur les p

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La « sauvegarde de la création » désigne, dans le langage chrétien, la préservation de l'environnement humain, sur les plans tant environnemental, que social et économique. Elle fait référence à la foi commune des chrétiens en un Dieu créateur, telle qu'ils la confessent dans le Symbole des Apôtres ou le Symbole de Nicée-Constantinople. Elle vise à un développement durable, tout en incluant une dimension spirituelle.

L'encyclique Laudato si' du pape François, sous-titrée « sur la sauvegarde de la maison commune » (2015), est le premier document magistériel entièrement consacré à la sauvegarde de la création. Elle prône une « écologie intégrale » — selon les termes employés par le pape — qui réconcilie l'écologie humaine et l'écologie holistique classique. L'encyclique est adressée « à toutes les personnes de bonne volonté », et « inclut la préoccupation d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral ».

L'encyclique est suivie en 2023 par la publication d'une exhortation apostolique, Laudate Deum, qui la met à jour en fonction des problèmes actuels.

Les chrétiens prennent progressivement conscience des enjeux de la sauvegarde de la création depuis le concile Vatican II. Le pape Paul VI a abordé le thème de l'écologie dès 1970 dans son discours à la FAO. En 1979, Jean-Paul II a proclamé François d'Assise patron céleste des écologistes ; il a écrit une vingtaine de textes sur l'écologie, publiés après sa mort en 2006 sous le titre Les gémissements de la création.

En 1983, lors du rassemblement de Vancouver, le programme « Justice, paix et sauvegarde de la création » a été lancé par le Conseil œcuménique des Églises, en référence à la Bible commune à toutes les confessions chrétiennes. C'est également la même année qu'est créée l'Association A Rocha, sous l'impulsion du pasteur Peter Harris.

Dans le cadre du programme « Justice, paix et sauvegarde de la création », la Conférence des Églises européennes et le Conseil des conférences épiscopales d'Europe (CCEE) ont organisé le premier rassemblement œcuménique européen à Bâle qui s'est tenu du 15 au 21 mai 1989 sur le thème « Paix et justice pour la création entière ». C'est la première fois depuis la Réforme protestante que toutes les Églises coopérèrent officiellement.

En 1989, le patriarche Dimitrios Ier de Constantinople a proposé que le 1er septembre soit une journée consacrée à la préservation de l'environnement chez les orthodoxes.

Les 8 et 9 septembre 1990, un colloque pluridisciplinaire « Sauvegarde et gérance de la création » a été organisé, à Paris, par Pax Christi, au cours duquel sont intervenus des théologiens, des philosophes, des écologues, des médecins, des économistes, des enseignants, des élus, etc. L’essentiel des communications a été rassemblé dans l’ouvrage « Sauvegarde et gérance de la création ».

Le 31 octobre 1999, le Réseau chrétien européen pour l'environnement (ECEN) a adopté une résolution lors de sa réunion à l’Académie évangélique de Loccum, en Allemagne, pour que la période du 1er septembre au deuxième dimanche d'octobre soit considérée dans les Églises chrétiennes comme un «Temps pour la création ».

En 2000, la commission sociale des évêques de France a publié Le Respect de la Création (éd. du Centurion), opuscule d'une cinquantaine de pages dans lequel ils appellent les chrétiens au civisme écologique. La même année, les statuts de la branche française de l'association chrétienne internationale de protection de la nature, A Rocha, sont déposés, et un centre d'étude de l'environnement est installé à côté d'Arles, dans la Vallée des Baux.

Le 10 juin 2002, le pape Jean-Paul II et le patriarche œcuménique Bartholomée de Constantinople ont signé la déclaration de Venise « pour le bien de tous les êtres humains et pour la protection de la création », une des premières déclarations communes entre catholiques et orthodoxes depuis le schisme de 1054. Elle fixe six objectifs éthiques aux hommes et aux femmes de bonne volonté.

En 2007, le troisième rassemblement œcuménique de Sibiu en Roumanie, reprenant les initiatives précédentes en faveur d'un « temps pour la création », a proposé que la période du 1er septembre au 4 octobre soit un temps consacré à la sauvegarde de la création.

Le pape Benoît XVI, outre de nombreuses interventions sur l'écologie, a consacré son message pour la journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2010, au thème « Si tu veux construire la paix, protège la création ».

En juin 2015, cinq mois avant la Conférence de Paris sur le climat, le pape François a publié l'encyclique Laudato si' « sur la sauvegarde de la maison commune », première encyclique d'un pape entièrement consacrée à l'écologie. Elle prône une « écologie intégrale » qui englobe les aspects environnementaux, économiques, sociaux, culturels et de la vie quotidienne, le principe du bien commun et la justice entre générations.

En août 2015, le pape François a institué une journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, reprenant pour cette journée la date du 1er septembre déjà choisie par les orthodoxes.

Le 1er septembre 2021, le pape François, le patriarche Bartholomée et l'archevêque de Canterbury Justin Welby ont rédigé une déclaration commune pour la sauvegarde de la création.

Le christianisme a été accusé d'être responsable de la crise écologique, notamment à la suite d'une conférence donnée par Lynn White et d'un article sur les « racines historiques de notre crise écologique » en 1966. Selon Jean-Marie Pelt, il s'agit d'une interprétation erronée du Livre de la Genèse, qui aurait incité les humains à croître et prospérer, au détriment du milieu. Il n'en reste pas moins vrai que les chrétiens se sont éveillés relativement tard à l'écologie, et parmi eux, ce sont souvent des protestants qui ont été précurseurs. Jean-Marie Pelt rappelle que durant le premier millénaire – et encore aujourd'hui chez les orthodoxes – on dit qu’il y a deux voies pour rencontrer Dieu : l’Écriture Sainte et la beauté de la création. La deuxième voie a été oubliée par le catholicisme depuis la Renaissance, surtout avec Descartes et les philosophes, pour qui les hommes sont devenus « comme maîtres et possesseurs de la nature ». Il faut donc un travail d'explication très important pour indiquer comment interpréter les premiers chapitres du Livre de la Genèse. Il ne faut pas en rester à la position des darwinistes qui tend à l'athéisme, mais dire clairement que la Bible n'a pas la prétention d'être un texte scientifique, et restituer la dimension spirituelle et morale des représentations qu'elle véhicule.

Le théologien catholique Fabien Revol explique que Lynn White critique la façon dont le christianisme occidental a reçu une interprétation cartésienne du premier chapitre du livre de la Genèse, avec ce que cela implique en ce qui concerne la relation de l'homme au monde naturel.

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